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TOI SEUL-Le complot de la plage

Il existe une catégorie de romans spécialement écrits pour les scéances de bronzage à la plage. Ces romans sont généralement écrit dans une langue trés simple et raconte une histoire pas trop « prise de tête ». En lisant le premier roman de David Rosenfelt, Toi Seul, j’ai eu cette sensation, sauf que j’étais pas en train de bronzer à la plage.

L’histoire est celle de Tim Wallace, dont l’épouse disparait en mer dans l’explosion de leur bateau. La police le soupçonne, à tort, mais doit classer l’affaire, faute de preuves. Quelques mois plus tard, lors d’une soirée du Nouvel-An, un inconnu aborde Tim. Il est saoûl (l’inconnu, pas Tim). Il lui déclare avoir tuer une femme, lui indique où il a enterré le cadavre et disparait. Le lendemain, en se réveillant, Tim se demande si on lui a fait une mauvaise blague. Il décide d’enquêter.

Que ceux qui s’attendent à un suspens domestique diabolique ou à une histoire de serial-killer machiavélique passent leur chemin! L’auteur se débarrasse rapidement de tout suspens, en nous présentant la chose comme un complot contre le pauvre Tim, un complot politique car Tim travaille à la sécurité de Bâtiments fédéraux. Voilà, encore du déjà-vu! Le postulat de départ, intéressant, ne tient pas trente pages! Dès lors, l’histoire enquille les clichés et les situations convenues (tueur à gage mystérieux et psychopathe, homme politique corrompu, homme d’affaire sans scrupule, etc) et s’enlise dans la routine d’un thriller bas de gamme, tout en lorgnant du côté d’Harlan Coben.

Les rebondissements sont prévisibles à souhait et le frisson, chez le lecteur, inexistant. Le pire, c’est ce style simpliste et plat qui annule toute tension dramatique. Les personnages sont des clichés ambulants (le flic pugnace, le meilleur ami dévoué, la cruche de service). Rosenfelt essaie de leur donner de l’épaisseur mais échoue lamentablement.

Le pire est atteint lors d’un climax final bâclé et d’un épilogue consternant de 2 pages, évacué à la « va comme je te pousse ». Et puis, il ya cette tournure stylisque du début et de la fin écrite à la première personne quand bien même, tout le roman est écrit à la troisième. Sensée refléter le témoignage d’un témoin-mystère du drame (mais on saura qui c’est à la fin), cette figure de style est hautement improbable car comment ce témoin peut-il décrire les pensées du tueur à gage? Ou nous décrire le big boss du complot sur son yacht?

Mal écrit, peu passionnnant, ne réclamant pas un trés gros effort intellectuel, Toi Seul se lit distraitement. Un vrai roman de page! Note:05/20

Toi Seul de David Rosenfelt, Le Cherche Midi , 2011 

12 mars, 2012 à 9 h 56 min


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