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PROMETHEUS-Espace vide

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Lawrence d'Arabie (Peter O'Toole)...à moins que ce ne soit l'androïde David (Michael Fassbender) de Prometheus!

 

On peut dire que le film Prometheus était attendu comme le Messie par les fans de S.F. En effet, il s’agit du retour à la science-fiction de Ridley Scott, 30 ans après son chef-d’oeuvre Blade Runner. De plus, le film est annoncé, un temps, comme une préquelle à Alien, autre grand classique de la filmographie du réalisateur britannique. Mais en cours d’écriture, Scott et ses deux scénaristes dévient de leur projet initial et s’orientent vers autre chose qu’une simple préquelle à Alien. Mais Scott annonce qu’il y aura bien un lien avec l’univers de Alien mais que ça ne constitue pas l’axe principal du projet. Les geeks du monde entier commencent à trépigner d’impatience. Puis arrive la première bande-annonce qui enflamme la toile et le coeur des cinéphiles. Malheureusement, à la vision du film, force est de constater que nos grandes espérances sont déçues dans les grandes largeurs, sans que le film soit une purge totale pour autant.

Après un prologue magnifique et d’une beauté confondante, l’histoire nous raconte comment une expédition scientifique est mise au point et envoyée dans l’espace vers une planète inconnue, en l’an de grâce 2093. Cette mission est constituée suite à une découverte archéologique. En effet, sur des peintures murales préhistoriques, est peint une sorte de géant qui montre une certaine galaxie dans l’univers, en tendant le bras. Bien sûr, une fois sur place, la mission va tourner au cauchemar…

Alors, commençons par les compliments. Tout d’abord Sir Ridley n’a pas perdu la main et son retour à la SF s’avère grandiose, du point de vue visuel. C’est simple, sur le plan de l’image, c’est son plus beau film depuis Legend (1985).  Il y a des plans qui impriment la rétine du spectateur et subjuguent. Je pense notamment aux « films » sur la nature qui défilent sur les murs de la cabine de Vickers (Charlize Theron) comme un écho du paradis terrestre perdu pour les membres de l’équipage du Prometheus, le prologue, les scènes où David (Michael Fassbender) est seul dans le vaisseau ou les plans, imposants, à l’intérieur du « dôme ». Scott sait toujours maintenir la tension et le suspens et son film se laisse suivre sans trop d’ennui car le rythme n’est jamais trop lent. Les scènes horrifiques sont spectaculaires et assez effrayantes (voire un peu gore mais pas trop) et Scott nous gratifie d’une séquence d’ »accouchement » absolument tétanisante, mais pas aussi culte que celle d’Alien. Il est appuyé par des décors et une photographie somptueuses. Enfin, les effets spéciaux sont trés réussis. Visuellement, le film est une petite claque. Oui mais voilà, ça ne fait pas tout et quand on se penche sur le scénario, les ennuis commencent.

Car que raconte le film?…Pas grand chose, en fait! Le scénario est vide. Tout cela sonne creux. Il ne se passe quasiment rien d’intéressant sur le plan narratif pendant les 3/4 du film (qui dure 2 heures au passage!). Tout cela sent le mauvais décalque de la structure du premier Alien: une équipe d’astronautes débarquent sur une planète inconnue et découvrent une forme de vie hostile. Ils se proménent dans des galeries interminables, découvrent des trucs cheloux, et parlent pour rien dire. Et à part ça? Rien! Ou si peu. Le spectateur attend qu’il se passe quelque chose mais il faut attendre 1h30 pour que le film décolle. C’est un film complètement désincarné et d’une platitude totale. Il y a quelques bonnes idées de script: les créateurs-destructeurs (les Ingénieurs dans le film), la quête du père qui se double d’un complexe quasi-oedipien, les relations ambigües entre David et Vickers, et le doute distillé sur cette dernière: est-elle un androïde qui s’ignore (on rejoint Blade Runner)? Mais ce n’est pas développé et tout ça reste à l’état d’ébauche.

Les personnages n’ont aucune présence et souffent d’un manque de caractérisation handicapant. Comment s’intéresser à leur sort si on ne s’attache pas à eux? Là où les 8 rôles d’Alien (1979) existaient tous à l’écran, on a içi des personnages secondaires qui ne servent à rien (la femme-médecin, les 2 co-pilotes qu’on retrouve à la fin car le commandant a besoin d’eux!). La palme revenant au personnage de Guy Pearce qui surgit comme un cheveu sur la soupe dans la dernière bobine et qui n’apporte pas grand-chose! Noomi Rapace, d’ordinaire excellente, se promène avec 2 expressions sur le visage pendant tout le film. On a même droit à un flash-back bien pourri sur son enfance (pauvre Patrick Wilson qui fait de la figuration!). Heureusement qu’il y a le personnage de David (le grand, le génial, le superbe Michael Fassbender) qui s’avère être le personnage le mieux écrit.

 Mais le script veut péter plus haut que son cul. Le premier Alien était un faux-film de S.F et un vrai film d’horreur, sans prétention métaphysique. Là, le syndrome 2001 a encore frappé et on a droit à une pseudo réflexion philosophique et religieuse sur les origines de la vie bien simplette et ridicule. Et puis quelles incohérences dans le script! Par exemple, suite à une opération chirurgicale où il a assommé 2 autres personnages, un membre de l’équipage poursuit l’histoire sans que personne l’interroge et il recroise même les 2 autres qui ne réagissent pas! Du grand n’importe quoi pour une production de ce standing! (N.B: j’essaie de ne pas spoilier!).

Et le lien avec la saga Alien? Complètement artificiel! Plaqué là, à la fin, comme ça, pour satisfaire les fans! Franchement, ça n’apporte rien à la mythologie Alien. C’est même du foutage de gueule éhonté. Alors, on essaie de nous expliquer la genèse biologique des Aliens mais dans le même temps, cette volonté de tout expliquer est contredite par cette fin ouverte et surtout des interrogations qui demeurent dans l’esprit du spectateur. Des questions qui resteront sans réponses, à moins d’une suite. Carton rouge, messieurs les scénaristes! On se rend surtout compte qu’ils n’en avaient rien à foutre d’Alien. Ils auraient du s’en affranchir plus, comme c’était prévu. Mais à mon avis, le studio (la Fox) a fait pression pour qu’on intègre des éléments d’Alien afin de ne pas frustrer les fans. Raté, la frustration est quand même là!

Ridley Scott est toujours un grand réalisateur mais il devrait mieux choisir ses scénarios à l’avenir. Parce que tout ça pour ça… Note: 09/20

Prometheus de Ridley Scott, avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Guy Pearce, Idriss Elba et Charlize Theron, en salles depuis le 30 mai.

N.B: Ahurissant de voir, aprés coup, le nombre de plans de la fin présents dans la bande -annonce. Punaise, en fait, ça sentait mauvais depuis le début!

1 juin, 2012 à 9 h 01 min


Un commentaire pour “PROMETHEUS-Espace vide”


  1. Zig Zag écrit:

    Un film graphiquement assez beau, mais où le vide sidéral intergalactique règne sans partage.. Un film pour rien, juste pour dépenser de l’argent, et quand je repense à la critique de Ridley Scott sur le dernier film d’animation Arlock, je comprends enfin que le bonhomme est bien largué en 2014.
    J’ai peur pour Blade Runner 2…

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