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ARGO-Not?

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En 1979, un soulèvement populaire et d’inspiration islamiste chasse le Shah d’Iran et installe Komeyni au pouvoir. Le Shah trouve refuge aux Etats-Unis, pays qui l’a mis en place au pouvoir. Le peuple iranien réclame son extradition pour qu’il soit jugé en Iran pour les tortures et les assassinats commis par sa police secrète. L’ambassade des Etats-Unis à Téhéran est prise d’assault et ses employés pris en otages. Seuls six d’entre eux arrivent à s’enfuir et se réfugient chez l’ambassadeur du Canada. Ce film est le récit de leur exfiltration d’Iran par l’agent de la C.I.A Tony Mendez (Ben Affleck), qui va les faire passer pour une équipe de tournage d’un film de SF, Argo, en repérage en Iran. Ceci est une histoire vraie, rendue publique en 1997 par l’administration Clinton.

Argo est le troisième film réalisé par Ben Affleck, après les sympathiques mais inaboutis Gone, Baby, Gone (2007) et The Town (2010). Avec une histoire comme celle d’Argo, il était attendu au tournant. Et le résultat est assez curieux. Le film n’est pas mauvais, loin de là, mais il ne brille pas non plus par une qualité folle. Entendons-nous bien. Le film est bien réalisé. Ben Affleck a fait d’énormes progrés côté réalisation et a abandonné certains tics télévisuels présents sur ces deux précédents longs. De plus, sa mise en scène est lisible, ce qui est un bon point car sur ce genre de sujet basé sur des faits réels, la plupart des réalisateurs abusent de la caméra portée et du montage ultra-serré pour faire plus « réaliste ». Rendons justice à Affleck sur ce point.

Affleck arrive à donner du suspens à son film, d’une façon assez talentueuse. Des scènes comme la prise de l’ambassade, la visite au bazar ou la fuite finale sont remplis d’une tension palpable et qui ne lache pas le spectateur, même si celui-ci connait la fin (un peu comme dans le Walkyrie de Bryan Singer). Il aére son récit avec des touches d’humour salvatrices et trés réussies comme le parcours hollywoodien de Mendez pour monter son faux-film. Saluons les prestations drôles et malicieuse de Allan Arkin et John Goodman, à cette occasion.

Le regard de Ben Affleck sur ses personnages est bienveillant et plein d’humanité. Sa direction d’acteurs est irréprochable et il parvient, avec un certain brio, à rendre au plus près le quotidien des six « invités » en nous montrant leurs doutes et leurs peurs. Leurs interprètes sont formidables.  Et Affleck se révéle juste et compatissant en montrant, à la fin du film, la servante iranienne qui s’en sort. Cela peut paraître cliché mais dans la plupart des films hollywoodiens, ce genre de personnages est trop souvent sacrifié.

Mais c’est là que le bât blesse, dans la volonté de Ben Affleck de trop bien faire. Le film est assez lisse et pas trop polémique pour un sou (l’implication de la CIA dans la dictature du Shah est juste évoquée dans des dialogues redondants). Affleck, à trop vouloir faire un film qui ne prend pas parti et rassembleur, oublie de faire un grand film engagé. C’est dommage, car on sent à deux ou trois reprises qu’il a failli le faire. On est donc loin des Hommes Du Président ou des grands films engagés des années 70. Son film manque de personnalité et de la vision d’un grand cinéaste. Pour autant, le film est loin d’être désagréable et se laisse suivre sans ennui. Et la dernière image, celle d’un père qui retrouve son fils, est assez poignante.  Leurs retrouvailles au milieu de jouets Star Wars est assez pertinente et renvoie au faux-film Argo. Note: 12/20

Argo de et avec Ben Affleck, en salles depuis le 07 novembre.

 

 

12 novembre, 2012 à 17 h 39 min


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