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SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L’ORIENT-EXPRESS (1976)-Une étude en psy

SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L'ORIENT-EXPRESS (1976)-Une étude en psy dans Un oeil dans le rétro sherlock-holmes-attaque-ii06-g1-300x225

Sigmund Freud (Allan Arkin) hypnotise Holmes (Nicol Williamson), sous le regard de Watson (Robert Duvall)

 

1891. Le docteur Watson (Robert Duvall) est inquiet. Son ami Sherlock Holmes (Nicol Williamson) est en proie à une grande détresse. Complétement obsédé par un mystérieux professeur de mathématiques, James Moriarty (Laurence Olivier), ce dernier ne mange plus, ne dort plus et abuse de la cocaïne. Aidé du frère de Sherlock, Mycroft (Charles Gray), et….de Moriarty, Watson amène Holmes à Vienne, où un médecin pourrait l’aider à vaincre son addiction: Sigmund Freud (Allan Arkin). Mais une fois sur place, une affaire d’enlèvement va se présenter à eux. Holmes sera-t-il capable d’affronter et de vaincre ses démons pour mener à bien cette enquête?

Ce film est l’adaptation du roman The Seven Per Cent Solution (La Solution à 7%, titre original du film aussi, bravo les distributeurs français!) publié par le scénariste Nicholas Meyer, l’année précédente. Meyer en signe lui-même l’adaptation en scénario mais c’est Herbert Ross (oui, oui, le mec qui réalisera Footloose dans les années 80!) qui se charge de la réalisation (et aussi de la production). A sa parution, le roman eut un immense succés auprès des holmésiens bien qu’une polémique éclata dans ce milieu à cause des révélations sur le passé de Holmes. Elles ne furent pas du goût de certains holmésiens!

Nicholas Meyer publiera deux autres pastiches de Sherlock Holmes avec L’Horreur du West End (1976) et Sherlock Holmes Et Le Fantôme De L’Opéra (1993). Ce scénariste (Star Trek 4: Retour Sur Terre et Liaison Fatale entre autres) est un holmésien lui-même. Son amour du détective londonien transpire dans d’autres de ses oeuvres. Ainsi on assiste à un duel cérébral du type Holmes/Moriarty dans son film C’Etait Demain (1979) à travers l’affrontement Herbert Georges Wells/John Lesley Stevenson. Ajoutons que ce remarquable film de sf débute son action dans le Londres victorien de 1888 et qu’il comporte beaucoup d’allusions au Canon holmésien de l’écrivain Arthur Conan Doyle. Mieux encore, dans Star Trek 6: Terre Inconnue (1991), Meyer (qui co-écrit et réalise le film) arrive à caser son « obsession »! Spock (identifié comme un descendant de Holmes!) mène une enquête criminelle à bord de l’Enterprise et cite même une phrase fétiche du détective londonien! Et il n’est pas interdit de voir dans les relations Spock/Kirk, un rapport Holmes/Watson.

The Seven Per Cent Solution va s’attacher à brosser le portrait (trés intime) des névroses de Sherlock Holmes. Avec cette histoire, Nicholas Meyer va nous révéler pourquoi Holmes a plongé dans la cocaïne, la véritable nature de ses relations avec le professeur Moriarty, la raison qui lui fait détester les femmes, etc. Le personnage de Sigmund Freud (campé par un excellent Allan Arkin) va lui servir de révélateur (comme à nous, spectateurs). Freud va devoir, d’abord, sevrer Holmes de la drogue. Il le fera par l’hypnose. Une technique qui fera remonter chez Holmes des angoisses profondes. Des angoisses qui se traduiront en cauchemars. A la fin du récit, on comprend facilement que l’étude de Holmes va permettre à Freud de….mettre au point sa fameuse interprétation des rêves.

Sherlock Holmes est clairement présenté comme un quasi-aliéné paranoïaque dans ce film (ce que tant à démontrer la flamboyante et hallucinée prestation de Nicol Williamson). La première chose que l’on voit de Holmes, est un gros plan sur son oeil. Un oeil de malade mental où transpire la folie. Folie accentuée par le débit saccadé de la voix du détective (du moins, en v.o). Mais qu’on se rassure, Holmes est toujours le brillant logicien que l’on connait. Lors de sa première rencontre avec Freud, il déduit toute la vie du praticien viennois grâce à ses dons d’observations. Freud admire sa méthode mais condamne, par la suite, ce que le détective inflige à son intelligence et à ses proches, en se droguant. Le spectateur est mis à la même place que le docteur Freud: celui d’observateur d’un cas clinique. Et quel cas!

Néanmoins, Holmes, Watson (Robert Duvall, l’un des meilleurs Watson que l’on connaisse) et Freud devront porter secours à une cantatrice célèbre, Lola Deveraux (Vanessa Redgrave). Holmes, en plein doute sur ses capacités, ménera l’affaire à bon port. Le personnage de Lola, une ancienne toxicomane, amène de l’émotion. Holmes, reconnaissant en elle quelqu’un qui a connu l’enfer de la drogue, éprouve de la compassion face à son sort. Meyer équilibre merveilleusement son récit. Quant à Herbert Ross, sa réalisation classique et élégante assure le reste. Il se fend même d’une poursuite en train et d’un duel final à l’épée efficaces et entraînants. A signaler aussi, l’évocation de l’antisémitisme naissant dans l’empire austro-hongrois de la fin du 19ème siècle, via l’antagonisme entre Freud et le baron Otto. Mais c’est Freud qui remportera la partie contre lui, symbolisant le triomphe de la psychiatrie sur les vieux préjugés d’un ancien monde.

The Seven Per Cent Solution, malgré quelques menus défauts (de petites éllipses narratives, par exemple) reste l’un des meilleurs films consacrés à Sherlock Holmes. Et qui éclaire le Grand Hiatus d’un autre oeil…

Sherlock Holmes Attaque L’Orient-Express (The Seven Per Cent Solution) de Herbert Ross, avec Nicol Williamson, Robert Duvall et Allan Arkin, en DVD Zone 2 chez Universal.

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Watson, Holmes et leur fidèle limier, Toby.

6 janvier, 2013 à 17 h 07 min


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