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A LA MERVEILLE-Amour morte

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Ben Affleck et Rachel McAdams

 

En 2011, Terence Malick livrait avec The Tree Of Life (Palme d’Or à Cannes) le film le plus singulier et le plus audacieux de ces 15 dernières années. Un cinéma total, libre, atmosphérique qui vous transportait ailleurs durant la projection. On en ressortait tout petit et émerveillé. C’était aussi un film incroyablement radical sur le plan formel et une proposition de cinéma loin du formatage qui envahit trop souvent les salles. Malick continuait son travail entamé sur La Ligne Rouge (1998) et Le Nouveau Monde (2005), en allant encore plus loin. Si loin que certains de ses admirateurs n’ont pas suivi. Le film a beaucoup divisé. Malick  était attendu au tournant avec son nouveau film. Les premières images donnaient furieusement envie. Et on en attendait beaucoup. Peut-être trop. Car le constat est douloureux: A La Merveille est le premier vrai faux pas de son auteur, un ratage sur quasiment toute la ligne.

Pourtant le début du film est majestueux.  La romance de Ben Affleck et Olga Kurylenko est filmée d’une façon incroyable. Jamais une histoire d’amour n’avait été aussi bien rendue. Silence, gestes captés par un Malick en apesanteur. On est à côté d’eux. Les séquences au Mont Saint-Michel sont magnifiques. Notamment cette image des deux amoureux marchant sur les sables mouvants. Un moment de grâce, symbole évident de la fragilité d’un amour naissant. Ensuite, nos deux tourteraux filent aux Etas-Unis (avec la fille de la femme) et le film s’enlise lui-même et n’atteindra plus jamais (ou à de trop rares occasions) la grâce de ce début.

La grosse faiblesse de ce film c’est qu’il ne raconte rien et ne va nulle part. Le scénario est quasi-inexistant, il n’y a pas de vrai parcours émotionnel et initiatique pour compléter les élans métaphysiques et philosophiques de Malick, comme dans ses précédents films. La femme s’ennuie, quitte son homme puis revient, l’épouse, le trompe et voilà. Tout cela dilaté sur une 1h52. Sans qu’on la comprenne vraiment malgré une voix off persistante (un gimmick de Malick) qui ne nous éclaire pas sur ses motivations alors qu’elle est omniprésente. Ce qu’elle exprime est trop abstrait. Certes, c’était déjà le cas dans les autres films du réalisateur mais là, c’est vraiment trop obscur et en complet décalage avec ce qui se passe à l’écran. Terrible de voir ce personnage principal rester loin de nous. Et que dire du personnage de Ben Affleck? Il traverse le film comme un fantôme. Il est de tous les plans mais on ne sait pas qui il est. Sa voix off à lui, on ne l’entend qu’une fois dans le film. On ne sait pas ce qu’il veut. Il est là mais il n’est pas là. Un film d’amour où le couple principal est totalement désincarné et artificiel? Impensable! Et pourtant, le résultat est là.

Le film se traîne, le spectateur baille et se demande où Malick veut en venir. Il y a bien une pseudo réflexion sur la perte de la foi et la perte du sentiment amoureux mais c’est trop succint pour convaincre vraiment. A l’écran, on voit juste un type qui essaie d’oublier son amour dans les bras d’une autre. Puis il quitte cette nouvelle femme pour retourner avec l’ancienne. Cette dernière s’ennuie dans son quotidien, elle finira par tromper le type avec un mec qui a un tatouage de tête de mort sur le torse (l’une des séquences les plus ridicules jamais vue dans un film) et puis ils sont de nouveau ensemble mais peut-être pas et voilà, c’est fini, tu peux sortir de la salle. Il y a deux personnages secondaires importants mais qui ne servent à rien. Le premier est la femme qui console Ben Affleck de son amour perdu. Elle est incarnée par la sublime Rachel McAdams. Mais voilà, ce n’est qu’un symbole. On la voit le temps de 2 ou 3 scénes et pouf! elle disparait. A peine le temps de s’attacher à elle que c’est déjà fini! Et il y a le prêtre incarné par Javier Bardem. Mais qu’est-ce qu’il vient foutre dans cette histoire?!!  Au delà du questionnement sur la foi, sur le plan narratif, il ne sert à rien. Comme sorti d’un autre film. A un moment, il a une discussion avec Affleck mais on n’entend pas ce qu’ils se disent, vu que Bardem soliloque sur Dieu en off, par-dessus. Sans oublier le personnage de l’amie hispanique de Olga Kurylenko. Déjà, elles semblent super amies mais elle n’est là que deux minutes sur tout le film (où se sont-elles rencontrées? pourquoi sont-elles amies? on sait pas!). Ensuite, le personnage est insupportable au possible. Heureusement, il disparait aussi vite qu’il apparait!

Sur le plan visuel, c’est beau, trés beau parfois (la scène avec les bisons). Mais ça ne suffit pas! Malick répète à l’écoeurement les mêmes plans et les mêmes mouvements de caméra pendant tout le film. Comme si il était en pilotage automatique. Rien de neuf. Pire, on a l’impression qu’il se caricature lui-même. Le bilan est cruel. C’est un film froid, complètement désincarné, qui échoue à retranscrire la complexité de la passion amoureuse à l’écran. Un comble pour un film d’amour. Malick est, d’ordinaire, un cinéaste léger et aérien. Là, il vient de sombrer dans les travers du film d’auteur chiant, lourd et c’est cela qui fait le plus mal….Note: 08/20 (parce que le début est vraiment incroyable)

To The Wonder, de Ternce Malick, avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Rachel McAdams et Javier Bardem, en salles depuis le 6 mars.

8 mars, 2013 à 17 h 00 min


2 Commentaires pour “A LA MERVEILLE-Amour morte”


  1. booguie écrit:

    hello
    bon W-E.

    Dernière publication sur Liberté d'expression. : Mon avenir avec lui...

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    • leschroniquesduloupblanc écrit:

      Euh…bon week-end Mais là, t’es censé réagir à mon article! ça me fait rire mais la prochaine fois, je modère!^^

      Répondre


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