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CLOUD ATLAS + LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ- Un couronnement et un enterrement

CLOUD ATLAS + LE MONDE FANTASTIQUE D'OZ- Un couronnement et un enterrement dans Cinéma cloud_atlas_ver2_xxlg-300x300

CLOUD ATLAS est un film dont il est quasiment impossible de résumer l’histoire. Celle-ci se déroule sur plusieurs siècles et nous présentent six personnages (joués par six comédiens géniaux) qui vivent plusieurs vies. Ce film est, sans conteste, l’une des propositions les plus stimulantes du cinéma « fantastique » de notre époque. Un film à côté duquel The Fountain de Darren Arronofsky, paraît ridicule et empesé, sur un sujet similaire. Voilà un film qui ne ressemble à rien de connu, innovant et profondemment émouvant. Du grand cinéma tout simplement! Cloud Atlas brasse plusieurs genre: film historique, drame, comédie, SF (joli clin d’oeil à Soleil Vert), film post-apocalyptique. Et il le fait sans jamais être lourd, avec grâce et fluidité (bravo au monteur!). Les personnages et les histoires s’entremêlent et se répondent sur plusieures époques, sans qu’on soit largué. et avec une évidence qui force le respect. Andy et Lana Waschowski (la trilogie Matrix, Speed Racer) et Tom Tikwer (Le Parfum, L’Enquête) ont accompli un travail d’une grande cohérence. Leur réalisation (ils se sont partagés les différentes époques de l’histoire) est majestueuse, efficace et remarquable. On rit (ah! l’évasion de l’asile!), on frissonne, on pleure, on s’émeut, on s’émerveille. Bref, c’est un plaisir de tous les instants! D’autant que c’est aussi un film qui rend hommage au pouvoir des images du 7ème Art (voir le film dans le film) et qui s’assume comme tel. Mais c’est surtout un film sur le karma. Certains personnages rachètent leurs erreurs passées (Tom Hanks), d’autres les répètent (le génial Hugo Weaving) et font toujours le mal tandis que d’autres répandent le bien autour d’eux (Halle Berry et Jim Sturgess). C’est un film sur la condition humaine. On en sort avec l’envie folle d’aimer et de profiter de la vie. C’est cela que nous dit Cloud Atlas: vivons libre, luttons contre l’opression et allons vers les autres pour les accepter et les aimer. Un film qui, sous des dehors complexes, s’avère extraordinairement simple (mais pas simpliste). Certains critiques, incapables de reconnaître désormais le vrai cinéma, parlent d’un film « philosophico-merdeux » (dixit un journaliste qui a défendu Stars 80!) ou incompréhensible (ben achète-toi un cerveau alors!). Cloud Atlas est une merveille, un film qu’il faut voir absolument et qui nous propose un cinéma audacieux, libre et d’une beauté à couper le souffle! Chef d’oeuvre! Note: 20/20

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LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ  se veut un film « merveilleux ». Alors, oui, les effets spéciaux sont réussis et bluffants, oui, il y a de trés beaux décors (même si le film fait un peu carte postale en CGI) et costumes. Mais cela ne suffit pas. Loin de là! Passé un trés beau prologue en noir et blanc, le film se transforme rapidement en une farce cynique assez gerbante. C’est une production Disney, et ça se voit! Mièvre, consensuel, moralisateur, faisant l’apologie du mensonge comme tremplin vers la réussite, ce film est une pub pour le capitalisme sauvage. Bref, c’est bien du Disney et c’est assez horrible. Mais le pire dans cette affaire, c’est que le réalisateur de cette supercherie n’est autre que Sam Raimi. Oui, celui des Evil Dead, des Spiderman, de Jusqu’en Enfer, de Darkman, d’Un Plan Simple, de Mort Sur Le Grill! Un Sam Raimi qui se prostitue pour de l’argent et qui semble en être assez fier! Il y a un double sens de lecture à ce film. La trajectoire de Oz, c’est celle de Raimi qui arrive chez Disney. Un menteur qui n’est pas un magicien Disney mais qui va jouer à l’être pendant 2 heures de film. Raimi commente son choix de carrière. Et revendique être un truqueur (un mec qui vient du film d’horreur) qui veut devenir magicien (un yes man de Disney). Aussi, pour montrer patte blanche, Raimi va exiler les vilaines sorcières à la fin du film. Ce qui veut dire, « j’ai arrêté le macabre, je fais du joli tout rose maintenant! ». Oui, Oz déclare qu’elles reviendront, ces vilaines sorcières. Mais faut-il croire un menteur et un cinéaste qui se trahit lui-même et qui crache à la gueule de ses fans de toujours? L’avenir le dira. Ce double discours de Raimi (qui se moque, via  le personnage de Oz, d’un numéro chanté par des nabots horribles) aurait pu être intéressant si le film avait été palpitant. Or, il est mou! Il ne se passe rien. Tout est prévisible, formaté et manquant de l’énergie habituelle du cinéaste. Subsistent les scènes de métamorphose des vilaines sorcières (les magnifiques Mila Kunis et Rachel Weisz) où on reconnait le style Raimi, quelques jolis décors (comme la Cité de Porcelaine) et un personnage trés touchant: la petite poupée de porcelaine. Sinon? Rien! Ah si, un singe parlant et volant qui ne sert à rien et une gentille sorcière (l’insupportable Michelle Williams) bien fade et qu’on a envie de baffer! R.I.P Sam Raimi. Note: 07/20

Cloud Atlas et Oz, The Great and Powerful; en salles depuis le 13 mars.

20 mars, 2013 à 17 h 31 min


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