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JACK, LE CHASSEUR DE GEANTS-Le conte est bon

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La semaine dernière, je pestais contre Le Monde Fantastique D’Oz, une pitoyable tentative de « merveilleux » signée Sam Raimi, et qui s’avérait être un divertissement cynique et mercantile. Un film à côté duquel Alice Au Pays Des Merveilles (2010) de Tim Burton passerait pour un chef d’oeuvre, tant Burton s’est montré plus malin que Raimi dans son approche du travail avec Disney. Mais ceci est un autre débat! Oz m’a donc laissé un sale goût amer dans la bouche. Une semaine après, la fantasy redéboule sur nos écrans avec une nouvelle version de Jack Et Le Haricot Magique, après le film culte de 1962 et les trucages de Ray Harryhausen. A la barre, le réalisateur Bryan Singer (Usual Suspects, Un Elève Doué, X-Men 1 et 2, Superman Returns) qui signe içi son grand retour à la mise en scène, cinq ans après le magnifique Valkyrie.  La perspective de voir un mec aussi doué et éclectique se frotter à la fantasy, avait de quoi intriguer. Mais après la douche froide Oz, c’est avec une certaine appréhension que votre serviteur pénétra dans la salle de projection, par un jeudi après-midi pluvieux. Alors? me demandez-vous, c’était comment? Et bien, c’était trés bien, mes enfants!

Déjà, içi, point de second degré gerbant, point de calcul commercial et point de morale écoeurante à la Disney (le film est produit par New Line)! Le film de Singer est nanti d’un premier degré rafraîchissant et affiche une foi inébranlable en son histoire. Il faut féliciter Bryan Singer pour sa réalisation ample, épique, légère et entraînante. Ce film est un hommage au grand cinéma classique de l’Age d’Or hollywoodien et s’assume comme tel. Pas de mise en scène clippesque donc, pas d’effets modernes pour donner du style gratuitement mais un classicisme de bon aloi, qui emporte tout sur son passage.

Jack, Le Chasseur De Geants est un film incroyablement rythmé. Pas une seule baisse de rythme! Ce qui ne veut pas dire que le film est frénétique à l’excès. Il y a des pauses dans le récit. Simplement, on ne s’ennuie jamais! Une fois le film fini, on a envie de rester dans cet univers. Un univers de conte de fées mais ancré dans une sorte de réalité « historique ». Le film semble se passer (ce qu’entérinera l’épilogue) au temps des premiers souverains anglais. On est donc dans l’évocation du Moyen-Age de la perfide Albion. Il suffit de regarder les décors et les costumes, pour s’en rendre compte. Bryan Singer est un énorme fan du Excalibur (1981) de John Boorman, le plus grand film réalisé sur les légendes arthuriennes. Il a même essayé, il y a quelques années, d’en monter un remake, sans succés. Tout son amour pour ce film éclate dans Jack. Il en retrouve l’esprit. Mais en étant moins barbare, spectacle familial oblige!

Il y a de tout dans ce film. De l’aventure bien sûr, avec des scènes galvanisantes et grisantes (la poursuite et l’assault final). De la romance avec l’histoire d’amour entre Jack ( l’énergique Nicholas Hoult) et la princesse Isabella (Eleanor Tomlinson, LA révélation du film), dans une sorte d’évocation de l’amour courtois pudique et touchant, propre à cette époque. De l’humour aussi avec des scènes trés drôles (celle de la cuisine est vraiment excellente!). Et il y a le Capitaine des Gardes, Helmut, joué par un Ewan McGregor innattendu, formidable dans le rôle d’un héros courageux, sans peur et sans reproches! Son combat contre le bad guy humain du film (le sardonique Stanley Tucci) est un des temps forts du métrage, à l’issue plus qu’innatendue. Enfin, signalons le sous-texte homosexuel subtil du film. Le personnage de McGregor étant ouvertement plus porté sur les hommes (voir sa tristesse à la mort d’un de ses compagnons) et sensible au charme de Jack (les regards qu’il porte à ce dernier embrassant Isabelle, sont assez éloquents!).

Quant à l’aspect proprement « fantasy » du film, il est plus que réussi. Les géants sont tout simplement bluffants. Le rendu des sfx est hallucinant. Pas une seule fausse note du point de vue technique. La performance capture permet aux acteurs de rendre ces créatures trés expressives, dont un étonnant Bill Nighy dans le rôle du géant bicéphale. Les géants du film font peur et sont assez cruels (ils mangent des humains vivants). Pour le reste, saluons l’excellente tenue visuelle des fameuses plantes magiques qui permettent d’atteindre le royaume céleste des géants. Ce qui nous vaut un trés joli plan iconique sur fond de pleine lune. Jack, Le Chasseur De Géants est un conte. Le début du film, tout en liant le destin de deux personnages, nous le rappelle et nous montre que les contes se transmettent dans toutes les couches sociales de la population. Ils sont notre passé commun et nous devons à notre tour les transmettre pour qu’ils continuent à vivre. Une morale logique pour un film qui célèbre un certain type de cinéma à l’ancienne; un genre qui ne doit pas disparaître. Alors certes, on pourra regretter que la fin arrive trop vite et que l’épilogue, bien que malicieux et fort drôle, pose un gros problème (réfléchissez-y bien!). Mais, voilà un film diablement entraînant qui propose une aventure que vous vous devez de vivre! Note: 15/20

Jack, The Giant Slayer, de Bryan Singer, avec Nicholas Hoult, Eleanor Tomlinson, Stanley Tucci, Ian McShane, Bill Nighy et Ewan McGregor, en salles depuis le 27 mars.

 

29 mars, 2013 à 17 h 17 min


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