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OBLIVION-Objectif Terre

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2077. La Terre n’est plus qu’une planète en ruines, aux 3/4 radioactive. Elle l’est devenue en 2017 quand elle fut envahie par des extra-terrestres, les Chacals. Les Terriens ont gagné la guerre mais ont eu recours à l’arme nucléaire, rendant leur planète quasi-inhabitable. La population a migré sur Titan, l’un des satellites de Saturne. Il n’y a plus personne sur Terre, exceptés des survivants de l’armée des Chacals. Pourtant les Terriens ont besoin de l’eau pour pouvoir vivre sur Titan. Ils ont donc construit d’immenses pompes volantes pour traiter et acheminer l’eau vers Titan. Mais il faut protéger ces constructions contre les Chacals. D’où la construction des drônes, des robots aériens de combat. Et d’où la présence de Jack Harper (Tom Cruise) et de sa coéquipière Kara (Andrea Riseborough), chargés de surveiller tout cela et de réparer les drônes déffectueux, en attendant de rentrer sur Titan. Leur mémoire a été effacée, le temps de leur mission, afin que les Chacals, s’ils les capturaient, ne fouillent pas dedans. Pourtant Jack rêve d’une mystérieuse femme, toutes les nuits. Il rêve aussi de la Terre….soixante ans auparavant, avant la guerre. Comment est-ce possible? Et puis un jour, un mystérieux objet volant s’écrase sur Terre….

Oblivion est un curieux film de S.F. Ce n’est pas un grand film. Il a des défauts. Pourtant, il se révèle original, distrayant et….émouvant. Commençons par distribuer les bons points. Le point de départ de l’histoire est trés excitant et amène, à l’écran, la création d’un univers crédible. Visuellement, le film en impose. Les vues de la Terre désolée, les ruines, les drônes (véritables personnages à part entière, trés agressifs!), les gigantesques pompes volantes, la base des héros: aucune fausse note. Il y a même des plans trés poétiques, au clair d’une lune brisée par les Chacals: on pense à cette baignade nocturne dans une piscine en apesanteur. Tout cela ne serait rien si Joseph Kosinski ne faisait pas preuve d’un réel talent de réalisateur pour dynamiser son récit. Fluide, rythmée, élégante, sa réalisation donne de l’énergie au film. Mais sans précipitation. Kozinsky prend le temps de raconter son histoire, sans sacrifier les scénes d’action, qui sont assez réussies.

C’est sur le plan émotionnel que le film est le plus intéressant. Bien sûr, c’est un parcours initiatique, celui du héros incarné par un Tom Cruise sobre, juste et habité. On pourrait presque dire que Oblivion est un film de S.F intimiste. Jack Harper est un homme solitaire, malgré la présence et l’amour de sa coéquipière, campée par l’excellente Andrea Riseborough (vue, dernièrement, dans Shadow Dancer, et qui confirme son talent ici). Un homme qui regrette un monde qu’il n’a jamais connu. Au point, dans un stade en ruines, de rejouer un match mythique du superball auquel il n’a jamais assisté. C’est un nostalgique mélancolique. On le suit dans son quotidien de réparateur de drônes, seul sur une planète dévastée. C’est la routine, pour lui, et cela l’ennuie. Alors, il se confectionne un jardin secret, au sens propre. Je vous  laisse le découvrir par vous-même mais c’est une trés bonne idée et cela dégage une grande émotion.

Car l’émotion est au coeur du film. L’amour tient une grande place dans l’histoire (les sentiments que l’on porte à quelqu’un sont-ils éternels et peuvent-ils nous survivre?). Tout comme l’immortalité de l’âme et la mort. Mais attention! Ce film ne singe pas 2001 de Kubrick et ne nous propose pas une énième course aux origines de la vie sur Terre! Non, c’est autre chose. Il faut se laisser porter. Et les questions ainsi que certaines réponses viennent naturellement. Pas de grand suspense métaphysique mais un questionnement subtil sur la condition humaine. Enfin, Oblivion se conclut sur un final émouvant, spectaculaire et qui reste en nous, après la projection.

Malheureusement, le film a aussi des défauts. Certains personnages secondaires ne servent à rien (Morgan Freeman par exemple). L’héroïne, incarnée par Olga Kurylenko, est transparente et n’est pas assez développée. Le jeu de cette actrice s’en ressent. N’ayant pas grand-chose à défendre, elle est assez inexpressive! En outre, on ne voit pas assez les Chacals et on aurait aimer les voir plus, ainsi que leur « environnement » et leur mode de « survie » (ceux qui ont vu le film comprendront). De plus, même si l’ennui n’est pas de mise, sur le plan narratif, il y a un petit ventre mou et le film fait un peu du surplace en son milieu. Mais bon, passer ces écueils, il nous reste un film de S.F adulte, mâture et qui propose un joli voyage au spectateur. Alors, on embarque! Note: 13/20

Oblivion, de Joseph Kosinski, avec Tom Cruise, Morgan Freeman, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough et Melissa Leo, en salles depuis le 10 avril.

12 avril, 2013 à 16 h 31 min


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