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LONE RANGER-Le bon, la brute et Johnny Depp

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Lone Ranger devait être le ticket gagnant de l’été pour les studios Disney. Il voyait se reformer le trio gagnant de Pirates Des Caraïbes: le réalisateur Gore Verbinski, le producteur Jerry Bruckheimer et l’acteur Johnny Depp. Le film, prévu pour être un carton, devait installer une nouvelle série de films à l’actif de Disney. Il n’en sera rien. Budgété à 250 millions de dollars, le film n’en rapporte que 85 millions aux Etats-Unis, et n’atteindra peut-être pas les 200 millions de recettes mondiales, tant le film se viande dans les autres pays. Après la catastrophe John Carter en 2012, l’histoire se répète pour Disney, qui prévoit des pertes de l’ordre de 190 millions de dollars. Néanmoins, pas de quoi s’inquiéter pour eux avec le succés de la franchise Avengers (et du dernier Iron Man) ainsi que le carton futur des prochains Star Wars, pilotés par J.J Abrams (Super 8, Star Trek: Into Darkness), licences que Disney a rachetées. Les critiques américaines ont été assassines pour Lone Ranger, l’accusant d’être trop violent pour un spectacle familial Disney (plutôt un bon point!). En France, certaines critiques crient au film génial incompris. Alors, qu’en est-il?

Le début du film est, sans doute, le plus enthousiasmant debut de blockbuster de l’année 2013. Introduisant l’histoire via une narration en flashs-backs qui se fait interroger le spectateur sur la réalité et la fiction, le film démarre tambour battant et affiche de belles intentions. Gore Verbinski accomplit içi ce qui est certainement son meilleur travail de réalisation.  La mise en scène est classique et classieuse. Les images sont de toute beauté. Surtout, Verbinski rend hommage, avec panache, à l’imagerie western. Certains plans évoquent Sergio Leone (le film emprunte beaucoup à Il Etait Une Fois Dans l’Ouest). Tout y est! Nous avons des méchants patibulaires, un héros vertueux, des Indiens, des chevaux, des colts et des coups de feu! Ajoutez à cela, un spectaculaire accident ferroviaire, trés rythmé et drôle, et le spectacle est complet. On est loin de la paresse de Pirates Des Caraïbes!

Mais ce qui frappe le plus, c’est le ton du film. On se demande, parfois, si on est vraiment dans une production Disney. Le film n’hésite pas à verser dans la noirceur, la violence et le politiquement incorrect. Le méchant du film (incarné par le génial William Fichtner) est un adepte du cannibalisme et n’hésite pas à manger le coeur de ses victimes. Sa bande est composée de brutes sans foi ni loi, dont un est un pervers sexuel aimant se travestir en fille! Mais surtout quand les balles pleuvent, il y a des morts, chose assez rare dans les films familiaux. Oui, cela sent la mort, le vomi…et un peu le sexe (bordel avec prostituées, un des méchants qui est un impuissant, le héros amoureux de sa belle-soeur). Pas trés moral, tout ça! Rajoutez à cela des lapins carnivores qui risquent d’effrayer les enfants…. Par ailleurs, le film n’hésite pas à écorner le Rêve Américain avec ses industriels cupides et véreux, qui massacrent des Indiens innocents. Le personnage de Tonto (Johnny Depp) est en cela trés intéressant. Comme le héros, il poursuit une vengeance. On peut même dire qu’il en est devenu fou. La séquence où nous est raconté son trauma enfantin est l’une des plus fortes du film (le leitmotiv de la montre en or est aussi trés bien trouvé). Il est rare qu’un simple faire-valoir est un traitement plus intéressant que le héros! Bien sûr, celui-ci (incarné par Armie Hammer) cherche à se venger des assassins de son frère et a prouvé qu’il est aussi un homme d’action (un homme viril?) à sa belle-soeur. Mais ce n’est pas forcemment le plus important dans le film.

Malheureusement, le mélange entre instants comiques et sérieux n’est pas trés équilibré. Johnny Depp force souvent ses mimiques et Verbinski le filme un peu trop, au détriment du héros (Tonto n’est-il pas le véritable héros du film? On peut se le demander: au générique, le nom de Johnny Depp arrivant en premier). Il y a deux ambitions contraires qui s’affrontent dans ce film. Celle de Gore Verbinski (soutenu, chose étrange, par son producteur Jerry Bruckheimer) et celle de Disney. Verbinski veut faire un western baroque adulte et Disney veut un film familial. Le résultat est un peu bancal, Verbinski lâchant du lest en rajoutant de l’humour pas toujours trés utile (après le massacre des Indiens, un plan sur une facétie du cheval, coupe net la force de ce qui a précédé). L’acte central du film est trop long (le film dure 2h30) et manque de rythme, ce qui fait que l’intérêt du spectateur faiblit quelque peu. Et certains éléments de l’intrigue sont sous-exploités comme la séquence de la mine d’argent ou le personnage, génial, de Helena Bonham-Carter qui ne sert pas à grand-chose. Et l’aspect surnaturel du film n’est pas assez poussé (sensé être un esprit, le cheval blanc devient un sidekick comique!).

Enfin, le personnage du Lone Ranger en tant que tel ( héros masqué courageux) n’entre vraiment en action qu’au bout de deux heures! Avant, il a juste dévalisé (rapidement) une banque avec Tonto. Mais là, enfin, Verbinski se réveille et nous assène une poursuite finale endiablée! Elle se déroule sur deux trains en marche et constitue LE morceau de bravoure du film. Action non-stop, suspense, comique burlesque, émotion: un quart d’heure de pur bonheur qui retrouve l’esprit et le brio de la poursuite en wagonnets du Temple Maudit de Spielberg. Verbinski laisse ses plans durer et le montage est d’une fluidité redoutable, les mouvements de caméra passant d’un train à l’autre avec virtuosité. Un grand moment! Quant au film, il se finit sur une note douce-amère avec un magnifique plan final, symbole d’un monde et d’un peuple disparu…. Note: 14/20

Lone Ranger, de Gore Verbinski, avec Johnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson, William Fichtner, en salles depuis le 7 août.

 

 

 

9 août, 2013 à 14 h 40 min


Un commentaire pour “LONE RANGER-Le bon, la brute et Johnny Depp”


  1. Point de Style écrit:

    Certes « Lone Ranger » n’a pas plus aux critiques et les américains ont suivis, mais il n’en reste que ce film est loin d’être mauvais. Je trouve que les critiques ont été injustes car même si ce long-métrage n’est pas très original, il est somptueux. Les plans magnifiques, les décors superbes et Johnny Depp… Une équation parfaite pour un film qui n’a pas marché. Dommage.

    Dernière publication sur Point de Style : Dragons 3 : Le Monde Caché, de Dean DeBlois

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