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LE HOBBIT: LA DESOLATION DE SMAUG-La soif de l’or

Bilbon (Martin Freeman) sur le point de renconter Smaug....

Bilbon (Martin Freeman) sur le point de renconter Smaug….

La première partie du Hobbit, Un Voyage Inattendu, a été accueilli de façon très partagée par les fans et les spectateurs. Quand bien même la méthode Jackson n’a pas changé d’un iota depuis la trilogie du Seigneur Des Anneaux, le film s’est pris dans la tête des critiques assez injustes. Certains ont fustigé sa soit-disante lenteur et sa mise en place trop longue au niveau de l’intrigue, d’autres ont vilipendé Peter Jackson pour sa réalisation qui serait ratée et se reposerait trop sur les effets spéciaux. Bref, un mec se casse le cul pour offrir du grand cinéma, avec de l’ampleur et du lyrisme et les loups sortent du bois pour le dévorer. Des films aussi mal réalisés et mal foutus, j’aimerais en voir plus souvent, perso. Enfin, les pseudos gardiens du temple de l’œuvre de Tolkien crachent sur Jackson qui défigurerait et trahirait l’œuvre de l’écrivain. Ceux-ci n’ont toujours pas compris qu’un roman et un film sont deux façons différentes de raconter une histoire et qu’il faut parfois trahir pour être fidèle à l’esprit de l’œuvre qu’on adapte. Récemment, j’ai vu, sur un forum, le commentaire d’un type, ayant vu La Désolation de Smaug, et qui se plaignait de la trahison permanente de l’œuvre tolkienienne par Jackson, depuis La Communauté de l’Anneau. Pourquoi continuer à aller voir les films dans ce cas si ce n’est pour cracher son venin ou faire croire qu’on a vu le film?

Recentrons-nous sur le film. Il est parfois dur de réussir l’acte central d’une trilogie. C’est le cas ici, vu que Jackson s’intéresse à une sous-intrigue, en plus de l’histoire de Bilbon. Il s’agit toujours de celle du Nécromancien et du retour de l’Ennemi en Terres du Milieu. C’est peut-être là que réside la seule vraie faiblesse du film. Pas tellement parce que les personnages sont séparés pour vivre des aventures différentes (Gandalf d’un côté, Bilbon et les Nains de l’autre, groupe qui sera lui-même scindé en deux). Ce genre de parti-pris narratif est bien accepté. Tolkien l’a bien fait pour Le Seigneur des Anneaux. Et ceci a été repris par Leigh Brackett et Lawrence Kasdan pour leur scénario de l’Empire Contre-Attaque. Non, le vrai problème, c’est la petite baisse de rythme que cela entraîne. Et c’est une première dans la saga! En effet, l’histoire des Nains est trépidante à souhait et la couper avec autre chose donne l’impression que le film fait du sur-place. L’enquête que mène Gandalf sur le Nécromancien est loin d’être  ratée (d’autant que leur face à face est très réussi). Mais, on a l’impression de voir un autre film là où tout cela était plus fluide dans la première partie. Il faudra peut-être comparer avec la version longue.

Mis à part cela, le film est remarquable. Il ménage des moments jubilatoires où la générosité filmique de Peter Jackson éclate à chaque instant. L’évasion en tonneau est un grand moment d’action et d’humour, un morceau de bravoure qui balaie tout sur son passage. La rencontre avec Beorn, au début, est, sur le plan pictural, très réussi. Jackson filme avec un plaisir intact, ses mouvements de caméra sont remarquables, fluides, aériens. Toutes les scènes d’affrontement avec les Orques sont formidables (notamment celle où ils débarquent dans la maison de Thranduil). Le film est un régal pour les yeux. Il est passionnant à suivre. Mais sur le plan thématique, Jackson fait mûrir son propos et assombrit le tableau d’ensemble.

Le film parle de la cupidité liée à l’or et au pouvoir que l’on convoite. Certains personnages vont flirter dangereusement avec leur côté obscur. Bilbon (Martin Freeman) commence à subir l’influence néfaste de l’Anneau de Pouvoir. Il ment et dissimule l’Anneau à Gandalf. Thorin (remarquable Richard Armitage) est le personnage le plus sombre du film. C’est une figure tragique qui cherche à venger son peuple et reconquérir son royaume mais, comme son grand-père, la perspective de posséder un immense trésor et un royaume deviendra une obsession capable de le mener à un meurtre potentiel. Nous avons aussi le roi des Elfes Noirs, un personnage lâche et menteur, sourd au monde qui l’entoure mais intéressé par une partie du trésor de Smaug. Ce dernier est devenu un dragon paresseux qui ne fait que dormir sous son tas d’or et de bijoux mais dont la convoitise est toujours intacte. Le trait est plus sombre que dans la première partie. Tout ceci éclate dans les scènes à Lacville. Les habitants de l’ancienne Erebor y vivent pauvrement, sous la domination d’un Maître (Stephen Fry, hilarant) grotesque mais qui s’accapare tout l’argent de la cité, affamant sans vergogne son peuple, et essayant de se maintenir au pouvoir en faisant taire ses opposants.

Néanmoins, Jackson parvient à nicher au cœur de son film, une histoire d’amour très touchante entre le nain Kili et l’elfe Tauriel (Evangeline Lilly, belle à se damner). Leur conversation, quand Kili est emprisonné, est simple et met à nu le cœur de deux combattants. Jackson nous gratifie même d’une séquence où il convoque le Abyss de James Cameron (scène de la réanimation de Mary-Elisabeth Manstrantonio par Ed Harris)  et dans laquelle la personne qui sauve l’être aimé s’en trouve transfiguré comme dans une véritable épiphanie. Le triangle amoureux entre Kili, Tauriel et Legolas (Orlando Bloom dont chaque regard impressionne) est bienvenue. On voit l’amitié et la loyauté entre les deux elfes et en un regard, on voit que Legolas ressent plus mais qu’il accepte le choix de Tauriel de rester auprès de Kili.

Mais le clou du spectacle reste le climax dans la salle du trésor et les anciennes mines des nains. La confrontation avec le dragon Smaug est absolument phénoménale et devrait ravir les fans du livre. Smaug est remarquablement designé et animé. Sans conteste l’un des plus beaux dragons vus dans un film. Son doublage vocal (et gestuel) est assuré par Benedict « Sherlock » Cumberbatch ( le Khan de Star Trek: Into Darkness). Son face à face avec Bilbon est extraordinaire, le dragon se déplaçant comme un danseur pour trouver le Hobbit. Et sur le plan du dialogue, le tandem de la série Sherlock est reconstitué (Martin Freeman,  étant le Watson de Cumberbatch dans cette série). Par ailleurs, Cumberbatch assure aussi le doublage vocal du Nécromancien.

Alors, bien sûr le cliffanger en vue du troisième et dernier épisode était prévisible et il faudra patienter un an avant de voir Histoire D’Un Aller Et Retour. On se demande comment Jackson va régler tous les problèmes soulevés par le scénario. Néanmoins, 2h40 d’un spectacle aussi réussi, aussi prenant, aussi émouvant et qui nous fait retomber en enfance, on en redemande, non?

Le Hobbit: The Desolation Of Smaug, de Peter Jackson, avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, en salles depuis le 11 décembre.

 

15 décembre, 2013 à 17 h 02 min


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