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X-MEN: DAYS OF FUTURE PAST- Combattre le passé

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Le septième film de la saga X-Men (si l’on prend en compte les deux spin-offs axés sur Wolverine) est un drôle d’objet qui laisse un sentiment curieux s’installer dans l’esprit du spectateur. On a l’impression que tout continue…mais que tout change! Ainsi, à la fin de la projection, on a bien eu un film qui s’inscrit dans la saga, mais qui la remet en cause et…efface (quasiment) presque tout ce qui a précédé. Bref, nous assistons à un renouveau. Ainsi, le film devient presque un reboot. Comme pour les récents Star Trek, un paradoxe temporel est à l’origine de tout ceci. Mais quand cette thématique devient le reflet évident de la genèse du film, c’est assez incroyable!

Reportons-nous en 2003. Après avoir réalisé les deux premiers X-Men, Bryan Singer décide de se retirer pour aller faire Superman Returns. La Fox lui trouve un remplaçant (adoubé par Singer, en coulisses): le britannique Matthew Vaughn (Layer Cake, Stardust, Kick-Ass). Mais celui-ci finit par claquer la porte, suite à des dissensions avec la production. La Fox engage alors Brett Ratner (la trilogie Rush Hour, Family Man, Dragon Rouge). Et on a eu ce qu’on a eu! Inutile de revenir sur ce désastre artistique… De son côté, Singer sort frustré de son Superman Returns qui sera un échec. Quand il voit X-Men: L’Affrontement Final, il ne peut que regretter de ne pas avoir fait le film. Ainsi donc, en 2011, il initie et produit le premier épisode d’une nouvelle trilogie: X-Men: First Class. Réalisé par…Matthew Vaughn (!), le film fait renaître brillamment de ses cendres une franchise jugée moribonde. Et le film permet à Singer de remettre les choses à plat. Mais il va aller encore plus loin avec Days Of Future Past. Avec ce film, Singer cherche purement et simplement à gommer l’existence de L’Affrontement Final (son film reprend la storyline des Sentinelles, prévue dans le troisième épisode initial qu’aurait du faire Vaughn) quitte à même effacer sa propre création, les deux premiers volets! Ainsi donc, le spectateur est comme l’un des personnages à la fin du film, il se souvient d’une trilogie de films…qui n’existe plus  au terme de Days Of Future Past! Un monde nouveau s’ouvre devant nous…

Passé ce petit parallèle créatif, Days Of Future Past est-il réussi? Oui, autant le dire. Mais le film n’est pas la grosse claque prévue et annoncée par les bandes annonces. Ce n’est pas une orgie démentielle d’action non-stop, ni un festival de paradoxes temporels qui changent tout, toutes les cinq minutes. Cela frustre un peu le spectateur, soyons francs. Mais ce que proposent Singer et son équipe est très réussi…et surprenant. Le film est un blockbuster intimiste. La partie située en 1973 n’est centrée que sur quelques personnages: Charles Xavier, Magneto, Mystique, Le Fauve et Wolverine. Xavier est dépressif et se terre dans son manoir, Magneto a disparu, l’Académie n’existe plus, les mutants se cachent, bref, c’est le bazar! Le film développe admirablement les caractères et les relations entre ces personnages. Il y a toujours l’opposition entre Xavier et Magneto: le choix de la paix ou de la guerre. Mais le plus raisonnable a perdu la foi et l’autre est plus déterminé que jamais. Leur amitié et leur antagonisme conditionnent tout le film. Mais le personnage le plus réussi et le plus important de l’histoire est Mystique. Et son rôle symbolise bien la révolution sexuelle en jeu à l’époque. Elle doit s’affirmer et s’émanciper d’un « frère » qui l’infantilise et d’un « amant » qui l’utilise. Bref, elle doit trouver sa propre voie. Et tout le futur dépend de son seul choix! La femme est l’avenir de l’Humanité! Les années 70 ont vu aussi la fin du règne hippie et le doute s’installer chez les pacifistes. C’est évident quand on voit Charles (brillant James McCavoy). Days Of Future Past est un film qui dégage une amertume et une tristesse prégnantes. La fin d’un rêve…

…et le début d’un cauchemar. Les scènes situées en 2023 sont sombres, sans aucune lumière. Le film s’ouvre sur des visions de ruines, de charniers et de déportations, comme un écho au nazisme qui a conditionné le parcours de Magneto. Les mutants sont traqués par des robots contre lesquels leurs pouvoirs ne peuvent rien: les Sentinelles. Leurs affrontements sont réussis mais tournent à l’avantage des robots. Ceux-ci sont véloces et terrifiants Sous nos yeux, nos héros meurent. C’est sans espoir, on n’y peut rien. Terrible! Par contraste les années 70 sont plus lumineuses mais c’est seulement à l’image, le mal étant déjà à l’œuvre. Singer n’idéalise pas cette période et la regarde avec réalisme.

Le scénario est très bien écrit, les diverses situations développées sont assez surprenantes. Niveau réalisation, Singer a accompli du très bon travail. Rythmée, élégante, sa mise en scène dynamise bien le récit et propose des scènes tantôt bourrées de suspense (la première tentative d’assassinat contre Trask, le climax), d’émotion (les dialogues entre les personnages) ou d’humour (l’arrivée de Wolverine en 1973 ou son combat contre le Fauve dans le manoir). Singer n’est peut-être pas le plus grand réalisateur de film d’action de la planète mais ses combats sont lisibles, bien cadrés et trépidants. Le montage de John Ottman est une réussite, notamment quand passé et futur se superposent. Quant à la fin, elle est parcourue d’un vrai souffle épique et demeure très forte sur le plan émotionnel. Mais la scène la plus réussie demeure l’évasion de Magneto. Commençant comme un épisode de Mission:Impossible, elle se termine par une scène qui rappelle la légèreté de First Class. Le personnage de Quicksilver est, à ce niveau, une vraie réussite. Dommage qu’on le voit si peu. Mais il reviendra dans X-Men: Apocalypse….Il faut rester jusqu’à la fin du générique, cela va sans dire! Le film laisse, quant à lui, beaucoup de questions en suspend. Tout a changé. Réécrire le passé affecte le futur. En évitant une catastrophe, on en crée peut-être d’autres…

Note: 15/20

X-Men: Days Of Future Past, de Bryan Singer, avec Hugh Jackman, James McCavoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Nicholas Hoult, Ian McKellen et Patrick Stewart, en salles depuis le 21 mai.

 

 

23 mai, 2014 à 16 h 06 min


2 Commentaires pour “X-MEN: DAYS OF FUTURE PAST- Combattre le passé”


  1. Point de Style écrit:

    Excellente analyse !

    Dernière publication sur Point de Style : Dragons 3 : Le Monde Caché, de Dean DeBlois

    Répondre


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