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LE HOBBIT: LA BATAILLE DES CINQ ARMEES-The dwarf knight rises

Thorin (Richard Armitage)

Thorin (Richard Armitage)

(ATTENTION! Cet article contient, dans son quatrième paragraphe, un léger spoilier sur quelque chose qui arrive en début de film.)

Voici enfin le troisième et ultime volet de la trilogie Le Hobbit. Voici enfin l’ultime adaptation de l’œuvre de Tolkien par le cinéaste néo-zélandais Peter Jackson. Commencée en 1997, cette aventure cinématographique aura duré une douzaine d’années pour le réalisateur et son équipe (si on prend en compte les années de préparation et si on exclut la coupure entre 2004 et 2009). Cette incursion en Terre du Milieu aura marqué le cinéma d’Heroic Fantasy (à sa suite, on a eu beaucoup de tentatives, certaines réussies, d’autres non) et le cinéma tout court. Jackson aura réconcilié les cinéphiles amateurs de grand cinéma et le grand spectacle hollywoodien où les effets spéciaux servent l’histoire et non l’inverse. A la fin de cette Bataille des Cinq Armées, on sait que c’est fini….et que cela recommence. L’émotion est palpable pour le spectateur. Oui, il faudra remercier Jackson de ce qu’il a accompli.

Mais entre les deux trilogies, et malgré leur succès, certains ont retourné leur veste et ont voué le réalisateur aux pires gémonies. Quant bien même le cinéaste n’a pas changé grand-chose à sa méthode de travail et à son style, une partie de ceux qui l’ont encensé hier, le descendent en flèche aujourd’hui, quitte à tomber dans la caricature et la mauvaise foi. Quant aux fans purs et durs (voire extrémistes) de Tolkien (qui ne constituent en aucun cas la majorité des fans de l’écrivain), ils étaient déjà durs avec la première trilogie, ils sont carrément devenus odieux et insupportables pour la plupart. A force de lire certains commentaires sur le web, on hallucine grave. Ils n’ont toujours pas compris qu’une adaptation filmique n’est pas un livre animé, que cinéma et littérature sont deux façons différentes de raconter une histoire et que le réalisateur n’est pas tenu d’accéder au moindre de leur désir (caprice?). Alors oui, pressé par le studio, Jackson a fait trois nouveaux films au lieu des deux initialement prévus. Alors oui, il y a des longueurs dans l’acte central (La Désolation de Smaug), mais on ne pourra jamais savoir ce que deux parties auraient donné, alors autant l’accepter. Jackson arrive, in fine, à livrer un tout cohérent. C’est le principal, non?

Cette troisième partie balaie les quelques doutes émis sur le rythme de la deuxième. La séquence d’introduction est prodigieuse. Smaug y montre toute sa puissance de feu. On assiste médusé à sa chorégraphie mortelle où une ville et ses habitants brûlent et sont détruits. Tétanisant. Le face à face entre le dragon et Bor est intense. Cette introduction nous plonge directement dans le bain de l’action, sans temps mort. L’heure n’est plus à une longue introduction. Ceux qui trouvent cela précipité sont certainement des personnes qui arrivent en retard à la projection et ratent le début…

Et le reste du film? Grandiose, épique, spectaculaire. Que dire de plus sans tout dévoiler? Ce film est une lente montée vers la bataille finale. Et quand celle-ci éclate, les affrontements sont barbares. On ne fait pas semblant! Il y a même beaucoup de cruauté, les Orques massacrant femmes et enfants sans faire de détails (quelques plans suffisent pour cela). Les Nains et les Elfes y montrent tout leur talent de guerriers aguerris. Oui, le spectacle est total. La réalisation de Jackson est ample, lyrique et romanesque. Le découpage est parfait. Les sfx sont réussis. En bref, on y est totalement. Il y a des plans et des séquences qui impriment la rétine: Legolas courant au ralenti sur des pierres qui tombent dans un ravin (très hong-kongais dans l’âme!), un fantastique duel sur la glace, la mort de Smaug (et le râle de Benedict Cumberbatch en VO!), une Galadriel transfigurée qui affronte Sauron, une cloche brisant une muraille et qui lance la bataille…Bref, on ressent un vrai enthousiasme devant ce spectacle. Tout simplement magique!

Jackson retombe aussi très bien sur ses pattes côté scénar. Les ajouts par rapport au roman d’origine (mais issus de Tolkien, Cf. Le Silmarillion ou les appendices du Seigneur des Anneaux) s’intègrent bien à l’ensemble et l’intrigue reste cohérente. Tout sert le récit final. Et l’émotion est grandement présente. Que ce soit dans une histoire d’amour impossible, dans l’amitié et l’estime que se portent certains personnages, dans l’amour d’un père pour sa famille ou dans le deuil, on ressent terriblement ce que les personnages ressentent également. Le film a une grande noblesse de cœur, à l’image de ce petit Hobbit (formidable Martin Freeman) qui masque son courage et son altruisme derrière son sens de l’humour et son physique pas très imposant.

Mais le personnage le plus important de ce film, et de cette trilogie, demeure Thorin, le Roi sous la Montagne. Le leader des nains doit combattre son côté obscur et le Mal du Dragon, à savoir son obsession pour son trésor et sa paranoïa qui le poussent à l’égoïsme, à l’indifférence voire au meurtre. Sourd au monde qui l’entoure et à ses souffrances, soupçonnant ses amis, Thorin doit défaire son propre ennemi: lui-même. C’est un héros noble et courageux qui ressortira de la montagne. Thorin montrera ce qu’est un grand roi. Et c’est dans le froid et sur la glace, qu’il s’accomplira comme héros. Richard Armitage livre une prestation époustouflante dans ce rôle: tour à tour lâche, au bord de la folie, méprisable puis capable d’une grande douceur, d’une grande force et d’un grand courage. C’est un personnage que l’on n’oublie pas. A l’image de toute cette formidable saga qui nous aura fait rêver et qui aura fait souffler l’esprit de Tolkien sur grand écran…

The Hobbit: The Battle Of Five Armies, de Peter Jackson, avec Ian McKellen, Martin Freeman, Richard Armitage , Evangeline Lilly et Orlando Bloom, en salles depuis le 10 décembre.

Note globale de la trilogie: 17/20

 

14 décembre, 2014 à 10 h 48 min


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