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JUPITER: LE DESTIN DE L’UNIVERS-La folle histoire de l’espace

Jupiter face à son destin

Jupiter face à son destin

 

On ne présente plus Andy et Lana Waschowski, responsables de films comme Bound, la trilogie Matrix, Speed Racer et Cloud Atlas (en association avec le réalisateur allemand Tom Tikwer pour ce dernier). Leur ambition thématique et formelle, leur goût du cinéma risqué et anti-commercial, leur passion pour les concepts philosophiques existentialistes, leur sens du spectacle ont contribué à en faire des cinéastes précieux. Mais leurs deux derniers films, Speed Racer et Cloud Atlas, ont bu la tasse au box-office. Avec leur nouvel effort dans la SF, ils tentent de se refaire une santé. Vu les chiffres du box-office, c’est encore raté. La faute à une post-production houleuse et une promotion honteuse de la part d’un studio (Warner) qui ne croit plus au film, suite à un changement de direction. On se dirigeait vers la vision d’un chef d’œuvre maudit. Et la déception est cruelle…

Pourtant, le film est assez rafraîchissant et fun dans son esprit. C’est un film de gosse, naïf et sincère. Un film qui croit encore au romantisme et aux sentiments. Un film qui n’a pas peur d’aborder des thèmes comme l’inceste ou le clonage ou même l’eugénisme. Les Wachowski jonglent avec une imagerie sf parfois kitsch mais qui titille l’enfant qui est en nous. Globalement, le film est bien réalisé, les sfx et les décors sont prodigieux. On en prend plein les mirettes. L’humour alterne avec le drame puis avec l’action. Tout cela est rythmé et jamais vraiment ennuyeux (sauf vers la fin). Alors qu’est-ce qui ne fonctionne pas? Tout simplement le fait que les Wachowski ne font absolument rien de tout ça et semblent traiter leur univers par-dessus la jambe.

Côté scénario et personnages, c’est quasi zéro ambition. Cet univers et ces personnages auraient mérités d’être plus développés. Les Wachowski ne font que survoler tout ça pour tout boucler en 2 heures chrono. Pire, pour arriver à leur fin, ils se vautrent parfois dans le ridicule et bâclent des séquences entières. Au début du film, on est complètement largué. Il faut attendre près de trois quarts d’heure pour avoir des explications sur les forces en présence. Tout cela est bien nébuleux. On est censé trembler pour des personnages dont on ne sait rien (cf la scène où Channing Tatum échappe aux autres chasseurs de prime). Et puis, tant qu’on y est, certains personnages sont abandonnés en cours de route (cf les fameux chasseurs de prime qui retournent leurs vestes on ne sait pourquoi) voire inutiles (Sean Bean dont le personnage ne sert à RIEN). Des idées comme l’effacement de la mémoire et la reconstruction instantanée du décor passent pour des facilités scénaristiques vraiment embarrassantes…et ridicules!

Le film se déroule sur le schéma «  héroïne en danger/beau  gosse à la rescousse » sur toute sa durée! A chaque fois, on a l’impression de voir la même scène d’action! Bon, ces scènes d’action sont trépidantes mais elles souffrent d’un montage pas toujours très heureux (trop cut parfois) et finissent trop souvent dans un trop-plein numérique qui fatigue les yeux. Mais, il faut reconnaître qu’on ne s’y ennuie pas et qu’on y prend un certain plaisir. Malheureusement le film accumule les détails risibles comme ce pilote à tête d’éléphant ou cette jolie jeune femme aux grandes oreilles de lapin. On a envie de rire à chaque fois qu’on les voit! L’esprit de Mel Brooks n’est pas loin!

Et que dire des personnages principaux ? Une Mila Kunis qui balance entre étonnement et second degré assez lourd et un Channing Tatum pas super expressif qui peine à donner corps à un personnage déjà mal défini sur le papier (son côté loup? On va le faire renifler deux fois, lui coller des oreilles pointues et un bouc et basta!). Leur romance ressemble à du Twilight dans l’espace, c’est dire si on rigole. Dommage car les Wachowski nous livrent des plans magnifiques (les scènes de vol de Mila et Channing, la scène des abeilles).

Quant à la trame principale et au méchant, c’est foiré. Le méchant est tout raide, murmure quand il parle aux autres et semble se désintéresser de ce qui se passe. Cela tombe bien, nous aussi! Les rivalités entre les trois héritiers, l’Egide, l’impact sur les populations, tout cela est survolé et n’est jamais développé. Certaines scènes apparaissent comme ampoulées et donnent dans la parodie de péplum. Le face à face final entre l’héroïne et le bad guy est ennuyeux et devient lassant. Tout explose à l’écran et c’est tout. Quant à l’épilogue, c’est très joli, le dernier plan est magnifique; mais qui se contenterait de laver les chiottes alors qu’il règne sur une partie de l’univers, franchement?!!

En résumé, un spectacle parfois fun et débridé, mais vain, terriblement vain. 09/20 quand même. A noter, un superbe score de Michael Giacchino.

Jupiter Ascending, de Andy et Lana Waschowski, avec Channing Tatum, Mila Kunis et Sean Bean, en salles depuis le 4 février.

10 février, 2015 à 17 h 07 min


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