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DARK SHADOWS-Ma sorcière mal-aimée

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Barnabas Collins (Johnny Deep) et Angélique (Eva Green): le vampire et la sorcière.

 

Il y a 2 ans, Alice au Pays des Merveilles avait violemment divisé les fans de Tim Burton, avec au final une balance qui finissait par pencher beaucoup plus du côté des « anti » Alice. Il faut dire que pour ce film (bien plus « burtonien » qu’il n’y paraît), l’ami Tim avait fait beaucoup (trop?) de concessions au Studio Disney, producteur et distributeur du film. Le dénouement et le sort réservé à la Reine Rouge trahissait une allégeance plus que douteuse aux diktats du studio aux grandes oreilles et ce, malgré un film fantastique aux allures de trip sous acide et une vision assez sombre des romans de Lewis Carroll. Mais voilà, Tim Burton a un grand projet qu’il traîne depuis 25 ans: refaire son court-métrage Frankenwenie (1984) en long-métrage d’animation de stop-motion (image par image). C’est ce qu’il avait déjà proposé à Disney au début des 80′s mais le studio refusa et lui octroya tout juste assez d’argent pour faire un court de 25 minutes en live. Frustré, Burton attend son heure. Quand Disney lui propose Alice, il accepte. Quand il lit le script de Linda Woolverton (Le Roi Lion), il ne bronche pas et accepte toutes les concessions. Car Disney détient toujours les droits de Frankenweenie. Burton accepte tout sur Alice en échange de quoi, le studio le laisse remaker Frankenweenie. Le deal est conclus. Alice sort et fait un carton mondial. Burton pourra donc tout se permettre sur Frankenweenie sans que Disney vienne y fourrer son nez. Le film sortira le 31 octobre prochain pour Halloween. Mais entre-temps, poussé par Johnny Deep, il s’octroie une petite récréation: Dark Shadows. Et tous ceux qui avaient enterré Burton vont l’avoir mauvaise même si ils affirment le contraire.

La bande-annonce de Dark Shadows laissait entrevoir une comédie fantastique à La Famille Addams. Ce que le film est par moments. Mais c’est surtout une histoire d’amour contrariée et tordue. Et c’est là que réside la surprise. Car le personnage principal n’est pas le vampire Barnabas Collins (interprété par un Johnny Deep maniéré, hautain et mélancolique) mais la sorcière Angélique (incarnée avec passion et fougue par une Eva Green luciférienne, vénéneuse, sensuelle, bref une vraie femme fatale!). Cette dernière, amoureuse éconduite de Barnabas, poussera sa fiancée au suicide et lancera sa malédiction: Barnabas est transformé en vampire et emprisonné pour l’éternité dans un cercueil. Réveillé 2 siécles plus tard, en 1972, il rencontre ses descendants et retrouvera…Angélique. Et c’est cette dernière qui intéresse Burton. Elle aime Barnabas à la folie mais ce dernier ne la voie que comme une éphémère distraction. Tout le film est le long cri de rage et de douleur de cette femme. Burton ira jusqu’à la sanctifier à la fin du film, accomplisssant ainsi ce qu’on lui avait interdit sur Alice. Angélique deviendra alors une figure tragique et bouleversante, à l’image du Pingouin dans Batman Returns ou de Sweeney Todd dans le film éponyme.

Car Barnabas Collins, bien que trés attachant, est un personnage assez lâche: grand séducteur (sex-addict?) et en même temps amoureux transi et romantique de sa Victoria (la jolie Bella Heathcote). Bref, un homme du 17ème siècle: à part la femme aimée qu’on épouse, les autres sont des catins! Mais le côté vieux-jeux et démodé de Barnabas face au contexte des années 70 est assez savoureux. Un être ancien égaré dans la modernité. Il faut voir là l’autoportrait de Burton lui-même, jeune homme plus porté vers les monstres et les vieux manoirs gothiques et poussiéreux, égaré dans les années 70 dont il ne comprennait pas l’esprit et desquelles il se sentait rejeté. Il faut voir le sort qu’il réserve aux hippies, à qui il reproche d’occulter la violence du monde! Enfin, Barnabas ressemble beaucoup à Edward aux mains d’argent: il n’arrive pas à s’habituer à ses longs doigts griffus et ne sait qu’en faire.

Car bien sûr, c’est encore un film sur la marginalité et la difficile acclimatation au monde extérieur. Barnabas en est le premier symbole. Mais c’est aussi le cas de toute sa famille, une belle collection de freaks complètement inadaptés au monde et vivant reclus dans leur vieux manoir décrépit. Mais c’est une famille trés attachante, notamment ce petit garçon qui recherche l’amour de son père mais ne sera pas payé en retour. Ce qui donne lieu à une scène drôle en apparence mais finalement bouleversante et qui prouve que la paternité et ses responsabilités sont des thèmes qui font désormais partie intégrante de l’oeuvre de Burton.  Et c’est un vampire qui joue les pères de substitution. Burton, quand il fut enfant, se sentit incompris par son père et se refugia dans les films d’horreur. Oui, tout cela est trés intime!

Côté réalisation, que dire, sinon que Burton emballe les scènes les plus fortes de sa carrière: le suicide de Josette (où la violence des sentiments est traduite par le ressac des vagues sur les récifs), ainsi que le final, gothique et échevelé en diable. Burton convoque toute l’imagerie baroque qu’il affectionne pour le plaisir de nos yeux. Le film est drôle, rythmé, émouvant et sombre. Car c’est la sorcière qui gagne à la fin: les amants maudits sont réunis dans la nuit sans retour de la damnation éternelle, 2 vieilles âmes dans un monde trop moderne pour elles.

Bref, sur un mode léger, en apparence du moins, Burton vient de livrer l’un de ses films les plus émotionnellement forts. Note: 17/20

Dark Shadows de Tim Burton, avec Johnny Deep, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter et Eva Green, en salles depuis le 9 mai.

P.S: Quand vous êtes un être sensible et différent, on vous prend pour un fou. On peut aussi vous foutre à l’asile. C’est ce qui est arrivé à de nombreux jeunes dans les années 60 et 70. Burton y fait allusion via le personnage de Victoria. Je vous renvoie aussi au méconnu et magnifique Une Vie Volée (1999) de James Mangold avec Winona Ryder et Angelina Jolie.

AVENGERS-Tous ensemble, tous ensemble!

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Thor (Chris Hemworth) et Captain America (Chris Evans), le calme avant la tempête?

 

Attendu depuis 4 ans par les geeks du monde entier, Avengers est enfin là. Ce film aura fait fantasmer tous les amateurs de comic-book de la planète depuis l’annonce de sa mise en chantier en 2008, juste après le succés du premier Iron Man. Malheureusement, l’annonce de Josh Whedon à la réalisation a refroidi les plus cinéphiles. Certes, c’est un trés bon scénariste de comic-book et de cinéma (Alien Resurrection) et un créateur de séries TV cultes comme Angel et Buffy. Mais niveau réalisation, était-il l’homme de la situation? Lui dont la seule réalisation cinéma à ce jour était le trés chiant et trés laid Serenity. Oui, on pouvait légitimement avoir peur. Mais heureusement, Whedon s’est sorti les doigts du cul pour Avengers, lui le fan number one des Vengeurs!

L’histoire est connue de tous. Quand Loki, le demi-frère de Thor, débarque sur Terre avec une armée d’aliens belliqueux, le colonel Nick Fury (Samuel L. Jackson) décide de réunir les Avengers: Iron Man, Hulk, Captain America et la Veuve Noire bientôt rejoints par Thor et Oeil de Faucon. On ne va pas chercher une quelconque originalité dans le scénario: une fois de plus le monde (enfin New-York, on est dans un film américain, hein!) est envahi et les super-héros vont venir faire le ménage. Pas révolutionnaire, ni trop novateur. C’est l’intrigue lambda de tout blockbuster yankee qui se respecte. Et c’est aussi, malheureusement, l’une des limites du film: une trame principale simpliste et peu surprenante.

Heureusement, Whedon est autrement plus doué quand il s’agit des relations entre les personnages, de leurs évolutions respectives (à une ou deux exceptions près), de leurs émotions et dilemmes et de leurs interactions entre eux. Et là, Whedon tente un truc couillu. Entre une exposition spectaculaire à souhait et un putain de climax final de 30 minutes, il enferme ses personnages dans l’héliport du SHIELD, en compagnie de Loki. Et là, la tension monte. Tout passe par les dialogues et les acteurs, tous formidables au passage. Loki ( excellent Tom Hiddlestone), le Dieu de la tromperie, distille son poison mental afin de diviser nos héros. C’est un moment assez unique pour un gros film de ce type, Whedon y développant des arcs narratifs (et psychologiques) trés bien écrits. Malheureusement, cette longue scène  a aussi un revers: elle déséquilibre le film (qui dure quand même 2h22!) et finit par provoquer, assez paradoxablement, un petit ennui chez le spectateur qui ronge son frein en attendant les affrontements dantesques promis par la bande-annonce. Heureusement Hulk débarque, ainsi que les sbires de Loki et l’action non-stop commence pour ne plus s’arrêter jusqu’à la fin.

En cela, Josh Whedon a réussi son coup. Le spectacle est total et ultra-jouissif! Il faut le voir pour le croire: 7 super-héros se bastonnant contre les forces du mal en plein New-York! Le combat est homérique et spectaculaire à souhait. Le tout emballé dans des plans-séquences hallucinants! GRANDIOSE! Tout simplement le meilleur affrontement proposé dans un film Marvel! Thor, Captain America et Hulk (déchaîné à souhait) se fritent avec des méchants pas beaux, juste pour le plaisir de nos yeux. Et Iron-Man (irrésistible Robert Downey J.R) devient enfin un VRAI héros, sans renier sa personnalité parfois agaçante. Voilà, c’est un rêve de gosse qui prend vie et qui vous émerveille!

Il y a aussi beaucoup d’émotion dans le film, notamment véhiculé par la Veuve Noire (touchante mais farouche Scarlett Johansson) et…l’agent Coulson qui a droit à son heure de gloire. Et puis l’humour est trés réussi. Les répliques cultes fusent, nos héros se vanant à qui mieux mieux. Et la rencontre entre Hulk et Loki est trop mortelle! Seuls ombres au tableau, un Oeil de Faucon (campé par Jeremy Renner) pas assez exploité et un Bruce Banner un peu décevant. Mark Ruffalo livre une trés bonne prestation mais, personnellement, je trouve qu’il a moins de charisme qu’Edward Norton. La transformation en Hulk est aussi trop rapide. Les relations entre Banner et le géant vert sont quasi-nulles. Et le retournement de veste de Hulk, qui décide d’aider les autres après s’être frité avec (putain de baston entre lui et Thor, au passage!) arrive comme un cheveu sur la soupe, sans explication. Tout comme l’arrivée de Thor sur Terre, balancée comme ça alors que le Bifrost a été détruit. Des menus défauts un brin agaçants mais qui ne diminue en rien l’enthousiasme du spectateur.

En bref, un spectacle étourdissant, fun, drôle mais qui est passé à un chouia d’être un chef d’oeuvre! Note: 14/20

Avengers de Josh Whedon, en salles depuis le 25 avril.

TWIXT-Fenêtre secrète

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V (Elle Fanning) et Hal Baltimore (Val Kilmer): le fantôme et l'écrivain

 

Hal Baltimore (Val Kilmer) est un écrivain qui parcourt les Etats-Unis pour vendre son dernier roman, Le Chasseur de Sorcières, lors d’improbables scéances de dédicaces. C’est une sorte de Stephen King au rabais, un écrivain alcoolique et hanté par un drame personnel. Son succés est derrière lui. Il arrive dans une petite ville. Il y fait la connaissance du shériff Bobby Lagrange (Bruce Dern) qui lui parle d’une jeune fille qui vient d’être assassinée, un pieu dans le coeur. Tout cela serait peut-être lié aux meurtres de plusieurs enfants quelques décennies auparavant. Aidé du shériff, du fantôme d’une jeune fille (Elle Fanning) et de celui d’Edgar Poe (Ben Chaplin), Baltimore décide de rester mener l’enquête, afin d’en tirer un livre qui pourrait devenir un best-seller.

Derrière cet intriguant résumé, se cache le nouveau « petit » film de l’un des géants du cinéma américain, Francis Ford Coppola. Depuis l’échec financier (mais pas artistique) d’Apocalypse Now en 1979, celui-ci a du éponger ses dettes et travailler sur des films de studio. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a fait que des mauvais films depuis, au contraire: Cotton Club, Outsiders, Rusty James, Tucker, Jardins de Pierre, Peggy Sue s’est mariée ou Dracula. Il est toujours parvenu à rendre des films magnifiques  et porteurs de son style et de ses obsessions, même si il était freiné dans sa « folie » créatrice par ses producteurs, qui ne voulaient pas  voir se répéter la « catastrophe » Apocalypse Now. Coppola ne se fourvoira que deux fois avec les médiocres Jack (1996) et L’Idéaliste (1997).  

Depuis 2007, il a décidé de s’auto-financer et de ne plus travailler pour les grands studios, afin de retrouver sa liberté créatrice. Et force est de constater qu’il a eu raison. Après l’intriguant (mais perfectible) L’Homme sans Age (2007) et le magnifique Tetro (2009), voici son dernier-né: Twixt. Ce dernier est le prototype même du film dont il est difficile de parler sans en dévoiler les tenants et les aboutissants. Aussi je vous invite, si vous décidez d’aller voir le film, à lire mon décryptage après vision de la chose.

Sachez seulement que ce film est assez unique en son genre (donc précieux). Il mélange beaucoup de genres: film de fantôme, thriller, film de vampire, drame intimiste et traite de thèmes comme la perte d’un être cher, la culpabilité, la jeunesse sacrifiée ou la création artistique (içi littéraire). Hal Baltimore (magnifique Val Kilmer, qui trouve enfin là un grand rôle) est l’alter ego de Coppola. A travers ce personnage traumatisé par la mort de son enfant, Coppola nous parle de lui, de son rapport à la création et surtout de la mort de son propre fils, Giancarlo, il y a 25 ans et qui a détruit sa vie et celle de sa famille. A ce niveau-là, le film est bouleversant.

Pour  l’atmosphère et  la réalisation, nous sommes en face d’un univers qui rappelle David Lynch (pour les personnages et situations bizarres ainsi que les séquences oniriques) et les films de Roger Corman, où Coppola a débuté (pour le macabre et les éléments de films d’horreur). Les scènes de rêve sont magnifiques, d’une beauté folle. Elles sont filmées dans un noir et blanc somptueux et sont gorgées de visions obsédantes (le massacre des enfants, le personnage de Flamingo qui rappelle celui de Motorcycle Boy dans Rusty James). En outre, Elle Fanning y déploie une beauté incroyable et confirme là tout le bien qu’on pensait d’elle après sa remarquable prestation dans Super 8.

Ce film est une rêverie. Il y règne un charme hypnotisant et une douce torpeur. Pour autant ce n’est pas un trip auteuriste et ennuyeux comme on pu le dire certains. Faut-il vraiment que certains critiques dits cinéphiles, ne comprennent plus ce qu’est le cinéma pour énoncer de tels propos? C’est sûr, venant de personnes défendant le dernier « téléfilm » français qui sort sur les écrans, on a juste le droit de trouver cela consternant.

Car Twixt ce n’est QUE du cinéma. Une déclaration d’amour d’un père à son enfant perdu ainsi qu’au septième art qui est sa passion. Un acte de création artistique fou, poétique et complètement libre. Toutefois, on pourra malheureusement déplorer que le récit manque d’une véritable colonne vertébrale et que Coppola ne décrit pas les habitants du village ( 7 personnes et basta!). Mais le voyage et les émotions proposés suffisent à envoûter et enchanter le spectateur. A 72 ans, il est libre, Francis. Y en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler… Note: 15/20

Twixt de Francis Ford Coppola, avec Val Kilmer, Elle Fanning, Bruce Dern et Ben Chaplin, en salles depuis le 11 avril  

DECRYPTAGE   (attention! à ne lire qu’après vision du film!)

 Twixt est un film, qui derrière son apparente simplicité et sa courte durée (89 minutes), s’avère plus complexe qu’il n’y parait.

Si vous avez vu le film, la fin a du vous laisser perplexe. Car toute cette histoire n’est, au final, qu’une fiction. Une fiction inventée par un écrivain pour écrire son nouveau roman. En cela, la fin est cohérente, tant les indices l’annonçant étaient nombreux. Il y a d’abord cette voix off (le chanteur Tom Waits en V.O) qui nous présente l’intrigue au début du film comme un narrateur lisant le début d’un livre. Ensuite, la thématique de la création artistique enfonce le clou, vu qu’elle devient l’un des deux sujets principaux du film. Hal Baltimore écrit des romans de sorcières qui connaissent un succés relativement modeste. Il est pressé par sa femme (jouée par la propre ex-femme de Val Kilmer, la trop rare Joanne Whalley) d’écrire autre chose et de ramener plus d’argent. Elle le somme aussi d’arrêter de boire et de faire face, une bonne fois pour toutes, à la mort de leur fille.  Mais son éditeur, lui, préfère qu’il écrive des histoires d’horreur, ça rapporte plus de fric! Si ça n’est pas une mise en abyme de la situation de Coppola qui, à une époque, était tiraillé entre sa femme, Eleanore, et les studios tout en faisant face à la mort de son fils!

Une mort dont l’artiste se sent coupable. Cela est aussi symbolisé par ce prêtre assassin qui tue des enfants innocents pour les préserver de la violence du monde. Le père est responsable de la mort de son enfant et tue sa famille (symbolisé içi par les orphelins dont s’occupe le pasteur)  à cause de son aveuglement et de son incapacité à affronter la mort en face.

 Mais l’artiste doit s’y confronter pour pouvoir continuer à vivre. Lors d’une scène cathartique, Hal Baltimore revit la mort de sa fille et finit par accepter son décès, sous l’oeil bienveillant d’Edgar Poe, symbole tutélaire de la création artistique. Baltimore (autre référence à Poe qui a vécu dans cette ville, mais les références à l’écrivain sont içi légion, je vous laisse les recenser. On a même une citation de Baudelaire, le traducteur français de Poe). L’écrivain accepte la mort de sa fille, il peut donc « conclure » son histoire.

Cette histoire, celle du film, a deux conclusions: la découverte de la culpabilité du shériff dans la mort de la jeune fille et le face à face avec cette dernière lors d’une scène magnifique qui renvoie, dans une gerbe de sang somptueuse, au Dracula de Coppola. Car  les personnes dont on ne fait pas le deuil finissent par nous « vampiriser » l’âme. Belle métaphore qui trouve son écho en V (Elle Fanning) cette dernière symbolisant la fille de Baltimore qui lui « vampirise » l’âme. Compliqué? Non, juste pertinent!

Alors bien sûr, l’écrivain alcoolo a-t-il tout inventé un soir sous l’emprise du vin (comme Coppola qui prétend que Twixt lui est venu après un songe effectué après une soirée arrosée)? Ou s’est-il servi d’éléments réels? Le shériff est-il réel et est-il un meurtrier? Le massacre des enfants par le pasteur maléfique a-t-il eu lieu? Ou n’est-ce qu’un faux flash back? N’oublions pas que Baltimore rencontre les fantômes après avoir bu ou pris des médocs. Baltimore est-il devenu un vampire? On peut penser que non. La dernière scène est claire: Baltimore a tout inventé, cette histoire est celle de son roman, point final. Mais s’est-il inspiré d’une histoire vraie (comme le laisse supposer le texte explicatif final) et a-t-il mené l’enquête? Ah, ça, mystère et boules de gomme! 

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Hal Baltimore (Val Kilmer) et Edgar Poe (Ben Chaplin)

LES PIRATES, BONS A RIEN, MAUVAIS EN TOUT-Les joyeux pirates de l’Ile au Trésor

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Le Capitaine Pirate et sa bande de joyeux loosers en pleine fête du jambonneau!

 

Les Studios Aardman reviennent enfin (7 ans après Wallace et Gromit-Le Mystère du Lapin-Garou) à l’animation en stop-motion (image par image) et en pâte à modeler, après une incursion un peu foirée dans l’animation traditionnelle (Souris City et Mission Noël). Avec à la barre le co-réalisateur de Chicken Run, Peter Lord, le studio anglais tente de retrouver la folie et l’inventivité de ses débuts, avec un certain talent et un certain panache.

L’histoire se passe dans un XIX éme siècle doucement anachronique (il n’y avait plus vraiment de piraterie à l’époque) et nous narre les aventures du Capitaine Pirate (sic) et de son équipage de bras cassés. Ils sont les bouffons de leur profession, des pirates pas trés crédibles et plus comiques que terrifiants. Ils sont la risée des autres pirates. Mais ils se contentent de leur sort et de vivre des aventures loufoques. Mais le Capitaine Pirate se met un jour en tête de gagner le trophée du Pirate de l’Année remis par le Roi Pirate en personne. Sur leur route, ils rencontreront Charles Darwin et la Reine Victoria et vivront l’aventure la plus palpitante de leur carrière.

Si vous êtes, comme l’auteur de ces lignes, un amateur d’humour british à la Monty Python, de swashbuckler (film d’aventure maritime), de stop motion et de cinéma débridé, courez-voir ce film! Voilà une grande comédie d’aventures qui vous ravit le coeur et l’esprit. On ressort de la projection le sourire aux lèvres. Peter Lord et son scénariste Gideon Defoe (descendant de Daniel « Robinson Crusoë »Defoe) ont réusi leur coup. Adapté du premier tome d’une série de romans humoristiques due à Gideon Defoe himself, ce film est un divertissement familial de haute volée, même si les plus jeunes (le film est conseillé aux enfants à partir de 6 ans) ne comprenderont pas toutes les références du film.

Car ce film marche admirablement sur deux tableaux à la fois: la comédie et le film d’aventure. Au niveau comique, le film y va franchement. Entre anachronismes, non sens (humour absurde), parodie, burlesque, jeux de mots et comique de situation, tout y passe et c’est un véritable festival qui fatiguera vos zygomatiques! La caractérisation des personnages est, elle aussi, à hurler de rire: le pirate albinos, le pirate à la goutte ou le pirate aux formes incoyablement plantureuses (en fait, une femme déguisée en homme que personne, à part le spectateur, ne démasque), un Bonobo muet s’exprimant à l’aide de messages écrits sur de petits cartons imprimés, un Charles Darwin puceau et une reine Victoria perfide, cruelle et…adepte des arts martiaux! Le personnage principal, le fameux Capitaine Pirate, est un looser magnifique, doublé par les excellents Hugh Grant (vo) et Edouard Baer (vf). Un capitaine qui croit que Polly, mascotte de l’équipage, est un perroquet alors que c’est un dodo!

Niveau réalisation, c’est tout simplement magnifique! Cinq ans de tournage ont été nécessaires pour faire ce film mais ça valait le coup! C’est du VRAI cinéma du début à la fin. Peter Lord adopte un style rythmé et inventif et ne laisse pas une seule seconde de répit au spectateur. C’est simple, il y a dix fois plus de folie dans les 89 minutes de ce film que dans un Pirates des Caraïbes de 150 minutes! Pêle-mêle, Lord enchaîne des scènes cultes tels que les abordages foirés de l’équipage, la présentation devant l’Académie des Sciences ou la poursuite dans la maison de Darwin. L’affrontement final est aussi trés échevelé. La bande-son est trés bien faite aussi: l’utulisation judicieuse du London Calling des Clash pour illustrer le périple jusqu’à Londres ou le Allright de Supergrass sur le générique de fin.

Malheureusement, le film accuse une petite baisse de rythme et un relachement narratif entre le second et le troisième acte. La scène finale, bien qu’incroyable et fun, est moins délirante que celle du dernier Wallace et Gromit. Car il manque une personne sur ce film, le créateur de Wallace et Gromit et co-réalisateur de Chicken Run: Nick Park. Il manque sa folie. Même si Lord imprime un rythme d’enfer, on sent qu’il s’est un peu freiné sur la fin et qu’il aurait pu aller encore plus loin. Dommage! Enfin, l’équipage du Capitaine Pirate, bien que trés drôle et attachant, aurait pu être développé et présent un peu plus. Mais ne boudons pas notre plaisir, tonnerre de Brest! Ce film est un bain de jouvence ravigorant. Et qu’est-ce qu’on se marre! Note: 14/20

P.S: le film a été converti en 3D au montage. Moi, je l’ai vu en 2D (les 2 versions sont disponibles dans le cinéma où je l’ai vu). Apparemment, la 3D serait inutile, mais ça, on commence à être habitué. Alors messieurs les distributeurs, cessez d’imposer une version 3D quand vous disposez d’une version 2D! Tout ça pour gagner un peu plus d’argent… 

P.S2: ne regardez pas la bande annonce du film avant de l’avoir vu car le dernier plan de cette dernière est….le dernier plan du film! Et en plus, c’est un bon gag!

Les Pirates-Bons à riens, mauvais en tout de Peter Lord, en salles depuis le 28 mars.

LES INFIDELES-Menteurs, menteurs

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Gilles Lellouche et Jean Dujardin, les 2 font la paire!

 

Le film à sketchs est un genre cinématographique en voie de disparition. Depuis Les Monstres, Les Nouveaux Monstres ou Creepshow 1 et 2, le genre s’est fait trés rare sur nos écrans. L’iniative des 2 acteurs (et amis dans la vie) Gilles Lellouche et Jean Dujardin est donc à saluer, d’autant que leur film est assez drôle et réussi.

Le sujet du film est l’infidélité masculine vue à travers plusieurs segments. Le prologue et l’épilogue servant d’introduction et de conclusion à l’ensemble, via le portrait de 2 serial infidèles, joués à la perfection par Dujardin et Lellouche. La fin est d’ailleurs assez osée. Fous rires garantis.

Tous les sketchs sont drôles et trés bien écrits. L’humour est potache, osé et décomplexé. Et dans le milieu assez plan-plan de la comédie à la française, ça fait du bien! On croisera pêle-mêle un séminariste en quête d’une aventure lors d’un week-end d’entreprise (Jean Dujardin pathétique et irrésistible en serial looser), un quadra qui sort avec une fille de 19 ans (formidable Gilles Lellouche), un obsédé sado-maso (Manu Payet, hilarant), un bourgeois BCBG (Guillaume Canet, excellent, il faudrait qu’il fasse plus de comédie), une thérapeute pour sex addicts irrécupérables (Sandrine Kiberlain, drôlissime à souhait),etc. Le film se permet tout. Dujardin, Lellouche et leurs co-scénaristes enchaînent les situations cocasses et les dialogues rentre-dedans avec une liberté de ton incroyable. Ils sont bien aidés par des réalisateurs qui ont mis leur talent à leur service (notamment Michel Hazavanicius ou Fred Cavayé).

Mais ce n’est pas que drôle. L’émotion pointe le bout de son nez assez souvent: le segment où Lellouche sort avec une Lolita est assez pathétique pour le personnage mais on finit par le plaindre quand on voit le décalage entre lui et sa copine et la souffrance qu’il ressent (Lellouche livre une de ses meilleures prestations). Et il y a « La Question » d’Emmanuelle Bercot (co-scénariste du Polisse de Maïwenn) où un couple se déchire. Au début, c’est drôle. Après, le malaise s’installe et ça devient assez violent. Alexandra Lamy et Jean Dujardin sont formidables dans ce segment.

Voilà, une bonne comédie,pas forcemment le truc super original qu’on attendait, mais c’est hilarant, (dé)culotté et assez jouissif. Note:13/20

Les Infidèles de et avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche, en salles depuis le 29 février.

LA DAME EN NOIR-Knockin’ on Hammer’s door

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Daniel Radcliffe face aux secrets de la maison des marais

 

Il y a trois ans et demi, le réalisateur James Watkins nous livrait un survival sauvage et incroyable, Eden Lake. Aujourd’hui, il nous revient avec un film gothique et surnaturel, produit par la légendaire firme britannique Hammer Films qui tente de renaître de ses cendres.

Fin du XIX ème siècle, en Angleterre. Arthur Kipps, un jeune avoué londonien, a du mal à se remettre de la mort de son épouse malgré l’amour qu’il porte à son jeune fils de quatre ans. Il est envoyé  par son cabinet dans le nord-ouest du pays, afin de régler les affaires d’une veuve récemment décédée. Celle-ci habitait dans une maison isolée du reste d’un petit village, la maison des marais, qui est séparée du reste du monde pendant 2 à 3 heures chaque jour à cause de la marée. Arthur va vite se rendre compte que les villageois sont hostiles à son égard et que la maison des marais abrite un spectre revanchard qui a peut-être un lien avec les morts violentes et mystérieuses de certains enfants du village.

La Dame en Noire est l’adaptation d’un roman de l’écrivain anglais Susan Hill. L’adaptation est signée Jane Goldman, la scénariste habituelle de Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass, X-Men-Le Commencement). Le soin accordé à la névrose du personnage d’Arthur, l’empathie qu’on éprouve face à lui ou au personnage joué par Ciaran Hinds (excellent acteur qu’on voit trop rarement), dénote un certain talent pour tout ce qui touche à l’intimité des personnages. Et c’est le point fort du film.

Car La Dame en Noire est avant tout un film d’atmosphère, une atmosphère morbide, délétère mais aussi poétique, émouvante et angoissante. Le ton est d’ailleurs donné dès la scène d’ouverture, étrange et traumatisante. Les apparitions du fantôme font sursauter (même si elles ne sont pas aussi terrifiantes que le réalisateur l’aurait voulu). La maison des marais est remarquablement mise en scène par Watkins, qui joue admirablement de ses longs couloirs et de ses portes mystérieuses. La longue scène centrale où Arthur est seul dans la maison est un modèle de suspense et de gestion de l’espace. La présence de jouets mécaniques dans le décorum accentue l’étrangeté du lieu (tout comme les poupées et la dînette de la scène d’ouverture).

La photographie, tout en clair-obsur, est magnifique tout comme l’ensemble des décors. Daniel Radcliffe livre une bonne prestation même si il est trop jeune pour le rôle et qu’il manque de « vécu ». Certains détails sont à la fois bizarres et émouvants, comme cette femme qui pouponne ses chiens pour compenser la mort de son fils. Une certaine angoisse se diffuse tout le long du film, même si ce n’est pas non plus la grosse frayeur annoncée. Et puis, il y a cette fin à la fois émouvante et terrible, douce et ambigüe, qui vous étreint la gorge.

Malheureusement, il ya quelques défauts: quelques effets spéciaux pas toujours au top et des personnages secondaires laissés à l’abandon, comme le couple d’aubergistes. C’est le même problème que dans le Sleepy Hollow de Tim Burton: les habitants du petit village sont à peine esquissés et manquent de profondeur. Un comble quand on sait que la présence de la dame en noire a des conséquences sur la vie du village! On aurait aimé que Watkins s’y attarde un peu plus.

En l’état, La Dame en Noire reste un trés bon film gothique. Un film hanté par le deuil, la tristesse, la mélancolie et le souvenir des êtres disparus. Bref, si c’est votre truc (comme moi!), n’hésitez pas! Note: 15/20

La Dame en Noire (The Woman in Black) de James Watkins, avec Daniel Radcliffe et Ciaran Hinds, en salles depuis le 14 mars.

 

JOHN CARTER-Un Mars et ça repart!

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JOHN CARTER-Un Mars et ça repart! dans Cinéma john_carter_4-300x200

John Carter dans l'arène où quand le péplum rencontre le space-opera!

 

En décembre dernier, sortait sur nos écrans le sympathique Mission:Impossible-Protocole Fantôme de Brad Bird, transfuge des Studios Pixar. Cette semaine, c’est à un autre réalisateur Pixar, Andrew Stanton (Le Monde de Nemo, Wall-E), de nous livrer son premier film « live ». Pour ce faire, il a choisi d’adapter le premier tome des aventures de John Carter, Une Princesse Martienne, du romancier Edgar Rice Burroughs, le papa littéraire de Tarzan. Stanton est fan de la saga John Carter (qui comporte 11 volumes) et a pu concrétiser son rêve de gosse grâce au Studio Disney qui lui a alloué un budget confortable.

L’histoire se déroule pendant la Guerre de Sécession, en 1878. Recherchant une mine d’or légendaire et poursuivi par l’armée, le capitaine John Carter se retrouve propulsé, en pénétrant un sanctuaire indien sacré, sur Mars, en fait la planète Barsoom pour ses habitants. Là, il devra prendre fait et cause pour libérer une princesse et son peuple du joug d’un tyran.

Au niveau de la réalisation, Stanton asssure. Son film est magnifique. L’imagerie fantastique et science-fictionnelle est riche, colorée et nous propulse dans un monde incroyable. C’est du grand space-opera! Les décors et les effets spéciaux sont trés réussis (la tribu des Tars est même largement mieux que celle des habitants de Pandora dans Avatar). Les scènes d’exposition sont  bien écrites. Les scénes d’action sont fluides et bien agencées, même si on peut noter un léger abus de caméra portée qui nuit à la lisibilité de certains affrontements. De ce point de vue, le spectacle est réussi et enthousiasmant. Devant ce film, on retombe en enfance. L’alliance du space opera et du péplum y est pour beaucoup. Personnellement, je voulais rester sur Barsoom, une fois le film fini!

Autre bon point, Stanton n’édulcore pas la sauvagerie de certains aspects de l’oeuvre de Burroughs: notamment les Tars et leurs moeurs guerrières basées sur la loi du plus fort (le sort de leur progéniture est vraiment limite: il est élevé comme du bétail!). Assez incroyable pour une production Disney!

Les personnages sont attachants, même les plus secondaires ( ah le Woola! J’en veux un!). La relation entre le chef des Tars et sa fille est trés émouvante. Sous la cuirasse du guerrier, on sent poindre une sensibilité synonyme de faiblesse pour les autres membres de la tribu. John Carter est incarné par le fougueux Taylor Kitsch (!), qui compense un certain manque de charisme (en gros, c’est pas encore Russell Crowe!) par un côté têtu et volontaire qui sied bien au personnage, avec une petite touche d’humour. Mais le plus intéressant chez Carter, c’est son individualisme forcené et sa volonté de ne s’engager dans aucune guerre et aucune cause. Un flash back douloureux nous révélera l’origine de ce trauma. Bien sûr, tout cela sera remis en cause par sa rencontre avec la princesse d’Helium, dont il va tomber amoureux. Cette dernière est incarnée par Lynn Collins. Trés belle fille mais niveau jeu dramatique, par contre, c’est zéro! Le personnage féminin apparait alors comme une aimable potiche alors que elle est censée être une femme de savoir et de pouvoir!

Néanmoins, le film accuse quelques baisses de rythme (le film dure 2h20).  La trame est assez simpliste et souffre d’un air de déjà-vu. Le méchant tyran n’est pas terrifiant pour un sou et les mystérieux magiciens qui l’aident ont des motivations assez nébuleuses (vivement la suite!).  Et Stanton en fait parfois trop au niveau péripéties et sombre parfois dans le kitsch (normal, vu le nom de son acteur! lol). Mais quoi? Le spectacle est total! Et on nage en plein esprit sériallesque! Comme je vous l’ai dit, on retombe en enfance et c’est tant mieux!  Et il y a une scène où Carter et son Woola font face à une horde d’indigènes en plein désert, je vous dis que ça! Spectaculaire!  

En gros, un blockbuster imparfait, un peu kitsch mais attachant, spectaculaire et enthousiasmant! Note: 13/20

John Carter de Andrew Stanton, en salles depuis le 07 mars

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