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LONE RANGER-Le bon, la brute et Johnny Depp

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Lone Ranger devait être le ticket gagnant de l’été pour les studios Disney. Il voyait se reformer le trio gagnant de Pirates Des Caraïbes: le réalisateur Gore Verbinski, le producteur Jerry Bruckheimer et l’acteur Johnny Depp. Le film, prévu pour être un carton, devait installer une nouvelle série de films à l’actif de Disney. Il n’en sera rien. Budgété à 250 millions de dollars, le film n’en rapporte que 85 millions aux Etats-Unis, et n’atteindra peut-être pas les 200 millions de recettes mondiales, tant le film se viande dans les autres pays. Après la catastrophe John Carter en 2012, l’histoire se répète pour Disney, qui prévoit des pertes de l’ordre de 190 millions de dollars. Néanmoins, pas de quoi s’inquiéter pour eux avec le succés de la franchise Avengers (et du dernier Iron Man) ainsi que le carton futur des prochains Star Wars, pilotés par J.J Abrams (Super 8, Star Trek: Into Darkness), licences que Disney a rachetées. Les critiques américaines ont été assassines pour Lone Ranger, l’accusant d’être trop violent pour un spectacle familial Disney (plutôt un bon point!). En France, certaines critiques crient au film génial incompris. Alors, qu’en est-il?

Le début du film est, sans doute, le plus enthousiasmant debut de blockbuster de l’année 2013. Introduisant l’histoire via une narration en flashs-backs qui se fait interroger le spectateur sur la réalité et la fiction, le film démarre tambour battant et affiche de belles intentions. Gore Verbinski accomplit içi ce qui est certainement son meilleur travail de réalisation.  La mise en scène est classique et classieuse. Les images sont de toute beauté. Surtout, Verbinski rend hommage, avec panache, à l’imagerie western. Certains plans évoquent Sergio Leone (le film emprunte beaucoup à Il Etait Une Fois Dans l’Ouest). Tout y est! Nous avons des méchants patibulaires, un héros vertueux, des Indiens, des chevaux, des colts et des coups de feu! Ajoutez à cela, un spectaculaire accident ferroviaire, trés rythmé et drôle, et le spectacle est complet. On est loin de la paresse de Pirates Des Caraïbes!

Mais ce qui frappe le plus, c’est le ton du film. On se demande, parfois, si on est vraiment dans une production Disney. Le film n’hésite pas à verser dans la noirceur, la violence et le politiquement incorrect. Le méchant du film (incarné par le génial William Fichtner) est un adepte du cannibalisme et n’hésite pas à manger le coeur de ses victimes. Sa bande est composée de brutes sans foi ni loi, dont un est un pervers sexuel aimant se travestir en fille! Mais surtout quand les balles pleuvent, il y a des morts, chose assez rare dans les films familiaux. Oui, cela sent la mort, le vomi…et un peu le sexe (bordel avec prostituées, un des méchants qui est un impuissant, le héros amoureux de sa belle-soeur). Pas trés moral, tout ça! Rajoutez à cela des lapins carnivores qui risquent d’effrayer les enfants…. Par ailleurs, le film n’hésite pas à écorner le Rêve Américain avec ses industriels cupides et véreux, qui massacrent des Indiens innocents. Le personnage de Tonto (Johnny Depp) est en cela trés intéressant. Comme le héros, il poursuit une vengeance. On peut même dire qu’il en est devenu fou. La séquence où nous est raconté son trauma enfantin est l’une des plus fortes du film (le leitmotiv de la montre en or est aussi trés bien trouvé). Il est rare qu’un simple faire-valoir est un traitement plus intéressant que le héros! Bien sûr, celui-ci (incarné par Armie Hammer) cherche à se venger des assassins de son frère et a prouvé qu’il est aussi un homme d’action (un homme viril?) à sa belle-soeur. Mais ce n’est pas forcemment le plus important dans le film.

Malheureusement, le mélange entre instants comiques et sérieux n’est pas trés équilibré. Johnny Depp force souvent ses mimiques et Verbinski le filme un peu trop, au détriment du héros (Tonto n’est-il pas le véritable héros du film? On peut se le demander: au générique, le nom de Johnny Depp arrivant en premier). Il y a deux ambitions contraires qui s’affrontent dans ce film. Celle de Gore Verbinski (soutenu, chose étrange, par son producteur Jerry Bruckheimer) et celle de Disney. Verbinski veut faire un western baroque adulte et Disney veut un film familial. Le résultat est un peu bancal, Verbinski lâchant du lest en rajoutant de l’humour pas toujours trés utile (après le massacre des Indiens, un plan sur une facétie du cheval, coupe net la force de ce qui a précédé). L’acte central du film est trop long (le film dure 2h30) et manque de rythme, ce qui fait que l’intérêt du spectateur faiblit quelque peu. Et certains éléments de l’intrigue sont sous-exploités comme la séquence de la mine d’argent ou le personnage, génial, de Helena Bonham-Carter qui ne sert pas à grand-chose. Et l’aspect surnaturel du film n’est pas assez poussé (sensé être un esprit, le cheval blanc devient un sidekick comique!).

Enfin, le personnage du Lone Ranger en tant que tel ( héros masqué courageux) n’entre vraiment en action qu’au bout de deux heures! Avant, il a juste dévalisé (rapidement) une banque avec Tonto. Mais là, enfin, Verbinski se réveille et nous assène une poursuite finale endiablée! Elle se déroule sur deux trains en marche et constitue LE morceau de bravoure du film. Action non-stop, suspense, comique burlesque, émotion: un quart d’heure de pur bonheur qui retrouve l’esprit et le brio de la poursuite en wagonnets du Temple Maudit de Spielberg. Verbinski laisse ses plans durer et le montage est d’une fluidité redoutable, les mouvements de caméra passant d’un train à l’autre avec virtuosité. Un grand moment! Quant au film, il se finit sur une note douce-amère avec un magnifique plan final, symbole d’un monde et d’un peuple disparu…. Note: 14/20

Lone Ranger, de Gore Verbinski, avec Johnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson, William Fichtner, en salles depuis le 7 août.

 

 

 

WOLVERINE, LE COMBAT DE L’IMMORTEL-Le dernier samouraï

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Le cas James Mangold est à part dans le cinéma américain. On ne peut pas vraiment le qualifier d’auteur ni de simple technicien, son style étant empreint d’un classicisme absolument renversant et qui renvoie à l’Age d’Or hollywoodien. D’ailleurs, Mangold se serait éclaté à cette époque, passant d’une commande à l’autre tout en conservant un talent incroyable de conteur. Tel un ronin sans maître, Mangold brouille les pistes et saute d’un genre à l’autre avec une aisance déconcertante: chronique intimiste (le superbe et méconnu Heavy), polar noir (Copland), chronique psychiatrique (Une Vie Volée), comédie romantique fantastique (Kate et Léopold),  thriller psychologique et claustro (Identity), biopic (Walk The Line), western (3H10 pour Yuma), comédie romantique d’action et d’aventure (Night and Day) et maintenant, film de super-héros (The Wolverine). Mangold n’a jamais fait deux fois le même film (même s’il vient d’enchainer deux blockbusters estivaux avec ses deux derniers….mais dans des genres différents!). Finalement, Mangold est un samouraï, qui a pour maître le Cinéma….Alors, le voir s’attaquer à une franchise connue (un spin-off des X-Men) avait de quoi intriguer et susciter l’attente.

Dès le magnifique plan d’ouverture (une baie maritime tranquille puis un lent panoramique qui dévoile l’armée japonaise qui doit faire face à un bombardement américain, durant la Seconde Guerre Mondiale) et sa formidable scène d’introduction, Mangold enterre sans problème le pas terrible X-Men Origins: Wolverine (2009). Avec ses militaires qui se font hara-kiri devant une explosion atomique et son mutant enfermé dans un puits et qui sauve la vie d’un officier japonais, le résultat est magnifique. Le film embraye sur un Wolverine qui se terre dans les forêts du Grand Nord, traumatisé par la mort de Jean Grey (cf X-Men: l’Affrontement Final). Le traitement de Mangold sur le personnage de Wolverine (Hugh Jackman, en totale osmose avec le mutant griffu) est délicat (les flashs où Logan/Wolverine parle avec le spectre de son amour perdue) et plein de colère rentrée qui ne demande qu’à sortir (scène de l’ours). Le début est excellent.

Ensuite, Wolverine part au Japon et là encore, Mangold fait mouche. Wolverine est perdu dans un monde qu’il ne connait pas et affaibli par la perte de ses pouvoirs de régénération. On assiste donc à une remise en cause brillante du personnage. D’autant que Mangold donne toute la mesure de son talent. Les relations entre Wolverine et Mariko Yashida sont trés bien rendues. La jeune fille est trahie par les hommes de son entourage. Le mutant connait ce sentiment de solitude, de rejet et de trahison. Juste avec des regards, on voit poindre un trés touchant amour entre eux.  Les scènes où ils se retrouvent isolés sur une ville du littoral sont, peut-être, les plus belles du film. Mais Mangold n’oublie pas l’action et s’en donne à coeur joie! La scéne de poursuite qui démarre des funérailles du grand-père de Mariko est rapide, vive et grisante. Surtout que Wolverine se rend compte que son métabolisme a changé… Il y aussi un personnage mystérieux d’archer protecteur qui en 5 minutes a dix fois plus de présence et de prestance que ce pauvre Jeremy « Hawkeye » Renner dans Avengers. Et tout cela culmine avec une scène de baston sur le toit d’un train à grande vitesse où Mangold retrouve l’énergie burlesque et malicieuse de Night and Day! (côté comédie toujours, la « visite » au fiancé de Mariko est trés drôle). Ah, si seulement, la deuxième partie avait été aussi réussie….

Car ensuite, les scénaristes semblent avoir démissionné. Tous les enjeux dramatiques amorcés dans la première partie se règlent trop vite et surtout sont atrocement bâclés. Tout cela manque d’un vrai suspense et surtout d’une figure maléfique charismatique (La Vipère n’est pas trés vive, par exemple). Et le rebondissement final est facile à anticiper. Ajoutez à cela un combat entre Wolverine et le Samouraï d’Adamentium beaucoup trop court et vous obtenez le type même du blockbuster insipide et manquant d’enjeux. Et pourtant, Mangold continue d’assurer derrière la caméra. Des images restent (Wolverine cherchant à rejoindre Mariko et pris au piège des flèches des archers qui le transforment en vulgaire pantin). Mais surtout, le combat entre Wolverine et le Samouraï d’Argent est sauvage, iconique à mort et fait regretter que le père de Mariko n’est pas eu plus de présence à l’écran. Et puis Mangold sait donner un aspect pulp à son film (la façon dont bouge le Samouraï d’Adamentium, la mue de la Vipère) qui le font, légèrement, sortir du lot. Au final, nous avons un film plaisant où éclate le talent de Mangold mais qui ne révolutionne pas le genre. Un en-cas en prévision du nouveau X-Men de Bryan Singer prévu pour l’année prochaine (restez bien au générique de fin!). Note: 13/20

The Wolverine, de James Mangold, avec Hugh Jackman, en salles depuis le 24 juillet.

PACIFIC RIM- Mecha Psycho

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Raleigh (Charlie Hunnam) et Mako (Rinko Kikucki)

 

 

Année 2020. Surgis d’une faille spatio-temporelle qui s’est ouverte dans l’océan Pacifique, des monstres géants, les Kaijus, ravagent les côtes Pacifique. Les hommes, pour riposter, construisent des robots géants (les Jaegers) afin de les combattre.

Guillermo Del Toro est un cinéaste précieux. Les amateurs de fantastique le savent. L’homme nous a livré des chefs d’oeuvre (L’Echine Du Diable, Le Labyrinthe de Pan, Hellboy 2) à la sensibilité éxacerbée et qui reflète la personnalité, généreuse et humaniste, de leur auteur. Les deux Hellboy sont d’ailleurs, pour lui, l’occasion d’un autoportrait trés touchant (Hellboy c’est Del Toro!). Mais le cinéaste mexicain est aussi un brillant formaliste à l’univers visuel incroyable ( voir le génial Blade 2 ou les bestiaires des Hellboy ou du Labyrinthe de Pan). Il aime les monstres. Pacific Rim est l’occasion pour Del Toro de rendre hommage aux films de Kaiju Eiga japonais (Godzilla, Gamera, etc) qu’il adore ainsi qu’à l’univers des mangas à la Evangelion. Pacific Rim, sous ses allures de blockbuster, est un film incroyablement délicat et émouvant doublé d’un spectacle ébouriffant.

Alors oui, il y a des combats entre des robots géants et des monstres géants venus d’ailleurs. Les scènes de combat, Del Toro choisit de les filmer, le plus souvent, de nuit et sous la pluie. Après tout, la plupart des films fantastiques se déroulent souvent de nuit, alors pourquoi pas un Kaiju Eiga? (déjà, en 2008, une bonne partie de l’excellent Cloverfield se déroulait de nuit). La pluie, le vent, la neige, les cendres donnent un sentiment d’apocalypse au spectateur et accentuent le gigantisme des Jaegers et des Kaijus. Ces éléments les iconisent un peu plus. Del Toro met en scène ses affrontements de façon classique. Ce sont des manos à manos. Mais jouissifs! On tremble pour les Jaegers et leurs pilotes. Le design de chaque Jaeger ou Kaiju est différent. On notera un Kaiju bedonnant (typiquement Del Torien!) ou un autre qui déploie ses ailes et entraîne un Jaeger dans le ciel, devant une lune pleine. Iconique et magique! On est dans l’hommage aux Kaijus japonais et à leur drôle de poésie kistch. Chaque catégorie de Kaiju traduit l’amour de Del Toro pour les monstres. Il y a là un plaisir enfantin à faire du cinéma et une naïveté touchante et confondante. Cela se propage au spectateur. D’autant que les combats sont bien découpés (on est trés loin de Michael Bay!). Mais s’il n’y avait que ça!

Le miracle Pacific Rim est ailleurs. La grande idée du film concerne les pilotes des Jaegers. Ils sont deux par robot, chacun contrôlant un hémisphère du « cerveau » du robot. Il faut que les deux soient en symbiose et ne forment qu’un seul esprit. La première fois qu’ils pilotent ensemble, ils doivent partager leurs souvenirs afin de ne former plus qu’un. On peut parler d’âme soeur à ce niveau. Déjà, c’est la continuité du fantasme de gosse qui anime Del Toro: devenir une créature gigantesque (nous aurons même un savant un peu zinzin mais sympa qui rentre dans le cerveau d’un kaiju!). Il y a une âme derrière les robots (celle des pilotes), tout comme il y en a une derrière ce blockbuster (celle de Del Toro). Mais au coeur de ce gros film, et grâce à ce procécé de pilotage, nous avons une formidable idée psychologique voire psychanalytique. Le pilote Raleigh Becket (Charlie Hunam) est traumatisé par la mort de son frère, qui était son co-pilote durant un affrontement avec un kaiju. Nous avons un personnage amputé d’une part de lui-même et victime d’un traumatisme. Et comment va-t-il sortir de ce traumatisme? En retrouvant un équipier, une femme, Mako Mori (la merveilleuse Rinko Kikuchi) et en le guérissant de son propre traumatisme. Un traumatisme qui est lié à l’enfance. Dans une scène, qui sonne comme un hommage à Satoshi Kôn (Millenium Actress, Paprika), Becket est projeté dans le souvenir de Mako et doit l’aider à en sortir et à y faire face. Une séquence éprouvante et émouvante sur le plan humain et qui reste remarquablement spectaculaire: une petite fille poursuivie dans une ville en ruines, par un Kaiju. Tout Pacific Rim est résumé dans cette scène bénie des Dieux: gigantisme et émotion. Un condensé de l’esprit Del Toro!

Ajoutez à cela des relations père/fils et père/fille (il faut souligner la remarquable prestation de Idris Elba) qui culmine dans un climax d’une émotion puissante et ravageuse et vous obtenez un rêve de blockbuster: spectaculaire, jouissif mais aussi sensible, émouvant, drôle et humain. Finalement, Pacific Rim est loin des standards hollywoodiens. Il s’éloigne du formatage en vigueur dans le cinéma américain actuel. Le film est incroyablement mâture et adulte. Mais visiblement, il est perçu comme l’exact contraire! Dommage, car, répétons-le, c’est un miracle dans la mouvance des blockbusters actuels. Un film fort, qui s’adresse autant à l’adulte qu’à l’enfant qui sommeille en nous. Un grand film fantastique, qui risque de devenir maudit vu sa contre-performance au box-office. Vous savez ce qu’il vous reste à faire, soldats! Courez-y!  Note: 17/20

Pacific Rim de Guillermo Del Toro, avec Charlie Hunnam, Rinko Kikuchi, Idris Elba et Ron Perlman,  en salles depuis le 17 juillet.

MAN OF STEEL-Le choc des Titans

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Faire une nouvelle adaptation de Superman sur grand écran est un pari risqué. D’une part parce que Superman, sur le plan psychologique, n’est pas forcemment le personnage le plus riche issu des comics. D’autre part, parce qu’il  a déjà été adapté sur grand écran et que les oeuvres obtenues sont devenues cultes. Le serial des années 40 a bercé toute une génération de jeunes américains. Mais c’est le film de 1978, signé Richard Donner (La Malédiction, L’Arme Fatale), qui est resté dans les coeurs et les esprits des spectateurs. Le film est, certainement, la plus belle transposition de l’univers des comics sur grand écran. Et puis, il est porté par la magnifique interprétation de Christopher Reeves. Ses trois séquelles sont d’une qualité moindre (surtout le 4, un gros navet mais tellement ridicule qu’il en devient attachant). En 2006, la Warner lance une nouvelle adaptation, signée Bryan Singer (X-Men 1 et 2): Superman Returns. Un film qui fait un bide et qui ne convainc pas. Long, ennuyeux, dépourvu de magie, le film peine à convaincre et laisse un mauvais souvenir aux fans de Superman. On pensait Superman définitivement mort. Jusqu’à ce la Warner demande à celui qui a sorti Batman de l’ornière schumacherienne où il végétait, Christopher Nolan, de se pencher sur une nouvelle adaptation. Avec l’aide du scénariste David S.Goyer (la trilogie Blade, Batman Begins), il écrit un traitement d’histoire que Goyer adapte en scénario. Pris par The Dark Knight Rises, Nolan se contente de produire (de loin) Man Of Steel (l’homme d’acier). La réalisation est confié à Zack Snyder (300, Watchmen). Et…..Réussite ou pas?

Le film s’ouvre sur une longue et magnifique séquence sur la planète Krypton. D’une beauté majestueuse, elle montre la chute d’un Empire, la révolte de certains soldats (menés par le général Zod) et la fin d’une planète. Et bien sûr, elle explique comment un certain Kal-El (tout juste nouveau-né) va échouer sur notre planète bleue. Visuellement, surtout au niveau design, le résultat est époustouflant. Malheureusement, certains combats et affrontements sont parfois illisibles et montés trop cut. Un défaut que Snyder ne répétera plus par la suite. Ouf! Ce prologue nous explique les origines extra-terrestres du futur Superman. Du coup, on se dit que la suite sera un remake du film de 78 avec son enfance à Smallville. Et bien, non. Le film veut se démarquer de l’original mais cela va jouer contre lui, du moins dans sa première partie.

Cette première partie, sur le plan narratif, est assez brouillonne et mal organisée. On suit Kal-El adulte qui semble chercher quelque chose, mais on ne sait pas quoi. Son enfance nous est montrée en flashs-backs. Certes, ces scènes sont fortes (les discussions père-fils, l’accident de car, le traumatisme à l’école) mais on s’en détache, faute de s’y ancrer vraiment. Et on ne voit pas assez les parents adoptifs de Kal, interprétés par Kevin Costner et Diane Lane, tous deux trés émouvants. Et là, on ne sait pas où le film va et ce qu’il raconte. On tatonne, on est perdu. Le film menace de s’enliser et le spectre de Superman Returns de revenir nous hanter. Sur le plan visuel, Snyder assure mais il illustre du vide. Jusqu’au moment où Kal comprend d’où il vient et que Zod débarque. Et là, Man Of Steel peut vraiment démarrer.

La deuxième partie de Man Of Steel est un crescendo dans l’émotion et l’action. On est pris par le film et, miracle, on redevient des gosses. Kal-El (l’énergique et fragile Henry Cavill, véritable révélation du film) devient un héros sous nos yeux. Un homme pris entre deux mondes et entre deux espèces. Un homme dôté de grands pouvoirs qu’il va devoir apprendre à utiliser sagement. Le spectateur ressent ses doutes. Et on est touché par ce personnage. Un personnage, clairement identifié à une figure christique, qui n’hésite pas à se sacrifier pour le bien des hommes qui le redoutent, pour la plupart. Snyder multiplie les plan iconiques (Superman stagnant dans les airs devant l’armée américaine, ou sa » vision » quand Zod pénètre son esprit pour l’interroger). L’émotion monte (la scène de la tornade, en flash-back, y participe) et on assiste à la naissance d’un amour assez touchant. Mais la fureur se déchaîne aussi.

Et côté action, beaucoup de fans de comics risquent de poser un genou en terre pour remercier Zack Snyder (pendant que d’autres crieront à l’hystérie). C’est bien simple, les scènes d’affrontement entre Superman (nom que va lui donner l’armée) et les Kryptoniens, menés par Zod, sont démentielles. Si vous avez toujours rêvé de voir des surhommes se foutrent sur la tronche et s’envoyer dans le décor, c’est içi que ça se passe. On n’en croit pas ses yeux. C’est un spectacle hallucinant. L’affrontement final entre Zod et Superman est incroyable et toute la fureur des deux personnages s’expriment. Zod (campé par l’extraordinaire Michael Shannon) est un être programmé pour protéger et faire perdurer Krypton. On peut comprendre sa croisade, sa douleur et son chagrin. Mais c’est un surhomme qui prône ouvertement le fascisme et la destruction des races inférieures (les humains, içi). Cette tentation du fascisme, de la toute puissance, Kal-El/Superman la ressentira mais la combattra, en lui-même. Néanmoins, un choix douloureux lui sera proposé et qui va à l’encontre de ses valeurs et qui montre qu’il est faillible. Mais ce choix l’humanise et le rapproche de sa race d’adoption, c’est à dire nous. Certes, Man Of Steel est un film imparfait mais il est sincère, touchant et bouillonnant, à l’image de son réalisateur. Le retour de Superman est donc (presque) éclatant. Note: 14/20

Man Of Steel, de Zack Snyder, avec Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon, Kevin Costner, Diane Lane, Laurence Fishburne et Russell Crowe, en salles depuis le 19 juin.

 

STAR TREK: INTO DARKNESS-La colère du Vulcain

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Mr Spock (Zachary Quinto) et Kirk (Chris Pine) face à John Harrison (Benedict Cumberbatch)

 

Après une mission périlleuse, le commandant James T. Kirk (Chris Pine) est démis de ses fonctions de commandant de l’Enterprise suite à son non-respect des régles de Star Fleet. Son antagonisme avec Spock (Zachary Quinto) se creuse un peu plus, ce dernier ayant fait un rapport à leur hiérarchie. Mais bientôt, ils devront faire front commun contre un ennemi redoutable: un ancien membre de Starfleet, John Harrison (Benedict Cumberbatch), responsable d’un double attentat sur Terre. La chasse à l’homme s’engage jusque dans l’empire Klingon. Mais Harrison va s’avérer être un individu retors et plus dangereux qu’il n’y paraît…

Il y quatre ans, J.J Abrams et son équipe réinventait la mythologie Star Trek avec un formidable reboot. Dépassant justement le cadre du reboot rajeuni, grâce à un astucieux tour de passe-passe scénaristique (un paradoxe temporel) qui permettait de s’affranchir de tout ce qui avait précédé tout en respectant l’univers Star Trek, le film avait conquis tous les trekkies de la planète tout en fédérant un nouveau public. On pouvait craindre une baisse d’inspiration pour la suite. Mais non, le résultat étant un petit miracle.

Evacuons d’abord la réalisation et les sfx. Star Trek: Into Darkness est mené de main de maître par J.J Abrams qui semble avoir abandonné ses réflexes de téléaste pour devenir un vrai réalisateur de cinéma (ce que la mise en scène de l’excellent Super 8 avait démontré).  Que ce soit au niveau des scènes d’actions (trépidantes, jouissives et lisibles) ou de séquences plus intimistes, J.J Abrams donne du relief et du coffre à son film. Lui qui n’était pourtant pas un fan de Star Trek à la base, se passionne pour son histoire et, du coup, passionne le spectateur tant son enthousiasme à filmer est communicatif. Cela se sent dès la formidable scène pré-générique. Du rythme certes, mais pas de précipitation pour autant. Oui, sur le plan strictement technique, c’est ébouriffant. Tout est incroyable (décors, costumes, design des vaisseaux). Mais le film n’est pas juste un blockbuster calibré pour cartonner en salles, comme certains critiques (assez méprisants pour le coup, n’est-ce pas M. Eric Libiot?) l’ont déploré, à tort.

L’histoire a, en apparence, un canevas assez classique (en gros, les gentils poursuivent le méchant, comme dans 75% des films de genre) mais elle emprunte des bifurcations bienvenues. Les cartes sont redistribuées à mi-parcours et on ne sait plus trés bien à qui se fier. Il y a beaucoup de rebondissements. Cela se suit donc avec intérêt. Le suspense est constant et il n’y a aucune baisse de régime. Mais le plus important, ce sont les personnages et leurs relations. Car c’est cela qui fait avancer l’intrigue. La scène d’ouverture n’est pas anodine car elle est appelée à se répéter et elle fonde, en quelque sorte, les dilemmes des personnages. La relation quasi-fraternelle Kirk/Spock est au centre du film. Il est intéressant de souligner qu’elle a des répercussions sur le reste de l’équipage et sur la mission. Les évolutions de ces deux personnages sont indissociables. Elles finissent par se compléter même si les problèmes des deux hommes sont différents. L’un est trop impulsif et ne se rend pas compte qu’il met la vie des autres en jeu (immaturité), l’autre est trop rigoureux et ne laisse pas parler ses émotions quitte à passer pour une personne froide et méprisante (trop grande maturité). Chris Pine et Zachary Quinto sont tous les deux excellents, il faut le dire. Quinto ferait presque oublier Leonard Nimoy, tant son interprétation de Spock est juste phénoménale.

Mais la grande attraction de cette séquelle est son méchant, John Harrison. Un personnage mystérieux et énigmatique, incarné par le charismatique et puissant Benedict Cumberbatch. Chacune de ses apparitions, chacun de ses gestes, chacune de ses paroles vous glacent le sang. Dépassant tous les autres personnages en stature (même Spock!), c’est lui qui mène le bal. Mais ses motivations peuvent nous apparaître compréhensibles, après coup. C’est une vengeance. Et il n’est pas le seul à s’y abandonner vu que Kirk y cède en se lançant à sa poursuite. La notion de famille est aussi trés importante. L’équipage de l’Enterprise est une grande famille. Kirk et Spock devront intégrer cette notion. Ils sont un peu les parents de cette équipage soudée et solidaire. Ils doivent les protéger et penser à leur sécurité. On le voit, le script devient trés riche et se rapproche ainsi des deux meilleurs films de la saga, La Colère de Khan et Terre Inconnue, réalisés par Nicholas Meyer.

Car l’univers et l’esprit Star Trek sont respectés. Toutes les règles et toute la « philosophie » de la Fédération sont présentes. D’ailleurs, on voit (comme dans Terre Inconnue) qu’il y a peut-être quelque chose de pourri à l’intérieur et qui va à l’encontre des valeurs pacifiques de la Fédération. Les fans seront ravis. L’humour est présent, notamment dans les joutes verbales Spock/Kirk. Il y a de nombreux clins d’oeil aux épisodes précédents. Mais certaines scénes sont détournées, voire inversées…..ce qui apporte quelque chose de frais. Mais c’est surtout l’acte final qui emporte le morceau. D’une puissance émotionnelle forte (attendez-vous à voir un Spock comme vous ne l’avez jamais vu!), se concluant sur une vertigineuse poursuite à San Francisco, il constitue l’apothéose d’un grand film de SF.  Note: 17/20

Star Trek: Into Darkness de J.J Abrams, avec Chris Pine, Zachary Quinto, Benedict Cumberbatch, Zoe Saldana et Simon Pegg, en salles depuis le 12 juin.

 

ONLY GOD FORGIVES-Crime et châtiment

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Julian (Ryan Gosling): prêt au combat?

 

Julian (Ryan Gosling) et son frère Billy (Tom Burke) tiennent un club de box thaïe à Banghok. Cette activité leur sert de couverture pour un trafic de drogue. Une nuit, Billy est assassiné pour avoir tué une prostituée mineure. La mère de Billy et Julian, Crystal (Kristin Scott-Thomas), débarque alors pour venger son fils. Mais un étrange policier à la retraite, Chang, va se dresser sur sa route. Quant à Julian, il a du mal à faire face aux évènements.

Nicolas Winding Refn, cinéaste danois d’origine, est un fou, un authentique barge. C’est ce qui fait sa force et aussi sa faiblesse. Le grand public l’a découvert en 2011 avec le polar atmosphérique Drive, pour lequel il avait reçu le Prix de la Mise en Scène à Cannes. Mais, les amateurs savent que ce n’est pas son premier film. Il a réalisé la trilogie Pusher mais aussi Bronson et Valhalla Rising qui lui avaient valu de se faire remarquer mais par un public restreint. Et c’est de là que va surgir le problème. Avant Drive, ses films témoignaient de l’envie de perdre le spectateur dans un univers visuel et sonore trés recherché et de lui faire épouser totalement la psychologie de ses protagonistes principaux. En gros, il s’agissait de projection dans un univers mental via une mise en scène viscérale et froide, ponctuée de sursauts de violence assez gores. Drive reprenait, certes, ce gimmick mais s’en affranchissait. C’est le seul film dont Refn n’a pas écrit le scénario, c’est donc une commande: son premier film américain. Et Drive, contrairement aux autres films de Refn, a une véritable structure narrative et n’est pas une longue expérimentation visuelle. Et quand le public qui a aimé Drive, et qui n’a pas forcemment vu les autres travaux du danois, va se retrouver face à Only God Forgives, le rejet risque d’être total. Car on retrouve le Refn première manière. Il est plus honnête de prévenir les spectateurs.

Only God Forgives est un film qui sur le plan visuel est non seulement riche, mais d’une beauté plastique hallucinante. D’ailleurs le film tout entier semble être une hallucination. On plonge littéralement dans un univers de cauchemar. Mais le film reste d’un calme olympien quasi bouddhiste. Refn a tourné en Thaïlande et le zen oriental imprègne tout son film. C’est un film lent, quasi hypnotique auquel il faut savoir s’abandonner. C’est une expérience visuelle que chaque cinéphile doit aller vivre en salles. Après, libre à vous d’aimer ou détester, mais c’est à voir. Le travail sur les couleurs est magistral: dominance rouge sang et orange. Les mouvements de caméra sont précis et millimétrés. Par moments, Refn semble danser autour de ses protagonistes. Il y a là une grande puissance qui se dégage de sa réalisation. Oui, c’est une invitation à halluciner. C’est un film qui se regarde. Un film dont on se repait visuellement. Pour autant, est-ce un film réservé aux seuls cinéphiles? Pas forcemment. Est-ce une belle coquille vide? Non.

Il y a bien sûr des moments d’une violence insoutenable (une scène d’interrogatoire notamment). Refn questionne notre rapport à cette violence mais aussi à l’esthétique. Il nous subjugue puis nous dégôute. Car ce qu’affectionne le Danois, c’est d’explorer les pulsions violentes de l’Homme. Et Only God Forgives y plonge à pieds joints. L’Homme n’est-il qu’une bête qui s’abandonne à ses plus noirs instincts? Si l’on prend Julian et son frère, nous voyons que la réponse est oui. Billy cède à ses pulsions les plus extrêmes (violences physiques, viol et meurtre). Julian, lui, choisit de ne pas y céder ou plutôt de ne plus y céder. Dans son passé, il y a une rupture. Il partage un lourd secret avec sa mère (géniale Kristin Scott-Thomas). Il a choisi de maîtriser ses pulsions. Ou plutôt, il y cède mais en fantasme seulement, là où son frère choisit de franchir la barrière du réel de l’acte interdit. Julian est un contemplatif qui observe et qui laisse ses envies de violence bien enchaînées en lui. Il ne cesse de regarder ses mains tout le long du film, comme inerte et impuissant. Ses mains sont synonymes du passage à l’acte. Elles reflètent aussi sa culpabilité. Julian a des visions et dans celles-ci, ses mains sont pleines de sang quand ils se les passe sous l’eau.  Julian devra aller jusqu’au bout de lui-même, pour accepter une punition symbolique qu’il accueille comme une délivrance (et qui lui était annoncée dans des visions).

Enfin, il y a cet étrange personnage qu’est Chang (l’incroyable et charismatique Vithaya Pansringarm). Le Dieu du titre, c’est lui. Ou plutôt un homme qui se prend pour Dieu et qui délivre, ou non, son pardon. Quant une prostituée mineure se fait tuer, il punit à la fois l’assassin mais aussi le père de la fille, qui n’a pas su la protéger. C’est un homme qui va jusqu’au bout de la justice. Il est incroyablement violent et implacable mais il peut faire preuve d’une étrange compassion (il semble être le seul à comprendre Julian, juste en le regardant). C’est le bras armé de la Justice. Et c’est aussi un père de famille (veuf apparemment) qui vit seul avec sa petite fille qu’il aime plus que tout. Enfin, c’est un amateur de karahoké qui aime les chansons sentimentales, ce qui entraîne des ruptures de ton et des bouffées d’humour qui aèrent quelque peu la noirceur du film. Et c’est le même homme qui peut torturer atrocement un criminel….

Only God Forgives n’est pas un film facile ou forcemment plaisant. A vous de vous faire votre avis! Note: 16/20

Only God forgives de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Kristin Scott-Thomas et Vithaya Pansringarm, en salles depuis le 22 mai.

MUD-Mississippi flowing

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Ellis (Tye Sheridan) est un jeune adolescent de 14 ans, qui vit sur les bords du Mississippi avec ses parents. Ces derniers vont se séparer, chose que vit mal Ellis qui sera obligé de quitter sa maison au bord de l’eau. Son père vit de la pêche. Ellis a un ami, Neckbone (Jacob Lofland, véritable sosie de River Phoenix dans Stand By Me). Avec lui, il fait des promenades en bateau. Un jour, sur une île déserte, ils trouvent deux choses: un hors-bord perché dans les  arbres et… Mud (Matthew McConaughey), un étrange vagabond. Ellis se lie d’amitié avec Mud, sous le regard quelque peu méfiant de Neckbone. Mais Mud cache un lourd secret….

Il est des films dont on tombe instanément amoureux. Mud est de ceux-là. Dès les premières images, on sait tout de la vie de Ellis, on a l’impression de le connaître depuis des années. Une véritable empathie se crée dans l’esprit (et le coeur) du spectateur pour ce jeune garçon, volontaire et au grand coeur. Il est incarné, à la perfection, par Tye Sheridan. Un jeune acteur que l’on suivra avec intérêt. Le film de Jeff Nichols est un récit initiatique. Ellis affrontera une situation qui le fera évoluer et lui montrera un autre aspect (plus rude, hélas) de la vie. Par petites touches, Nichols va amener des éléments qui se mettent tout doucement en place (le film dure 2h10 mais n’est jamais ennuyeux). On passe tour à tour de la chronique adolescente au thriller, en passant par la love-story tragique. Et sans jamais qu’aucun de ces éléments ne fagocite les autres. Le récit  de Nichols (aussi scénariste) est trés subtil et trés cohérent. C’est un modèle de scénario. Il n’y a aucun élément superflu, aucune fausse note. Chaque scène, chaque dialogue sert le récit. Un véritable petit miracle!

Comme dans ses deux précédents long-métrages, les excellents Shotgun Stories (2009) et Take Shelter (2011), Nichols donne dans la chronique sociale d’un milieu. Ici, il s’agit des travailleurs pauvres qui vivent au bord du Mississippi. Aucun misérabilisme chez Nichols, simplement la peinture juste et humaniste de gens ordinaires. Et son style de mise en scène est en adéquation avec ce qu’il filme. Nichols est un cinéaste classique, au sens le plus noble du terme. Le digne héritier de cinéastes tels que John Ford ou Clint Eastwood. Sous son apparente simplicité, sa réalisation s’est se montrer lyrique, puissante (la scène de l’affrontement final est remarquablement découpée) mais aussi plus délicate dans les moments les plus intimes. Nichols sait tirer le meilleur parti de ses splendides décors naturels. Il filme ses acteurs au plus près et sait les diriger parfaitement. A ce titre, Matthew McConaughey est immense dans le rôle de Mud. Tour à tour enfant sauvage immature, vagabond mystique, amoureux passionné, homme d’action, il éclabousse l’écran de sa présence et de son jeu absolument génial. Et quel plaisir de retrouver cette vieille baderne de Sam Shepard dans un rôle qui lui va comme un gant!

Sur le plan thématique, le film est trés riche. Il y a les questions des rapports père/fils (déjà à l’oeuvre dans Shotgun Stories). Ellis est un peu déçu par son père, sans le détester pour autant. Bien sûr, Mud remplira, un temps, le rôle d’un père de substitution et d’un père idéal. Mud, lui-même orphelin et élevé par Tom (Sam Shepard), sans compter Neckbone élevé par son oncle Galen (Michael Shannon) qui fait office de papa poule préoccuppé, malgré un comportement de queutard (il semble avoir un fantasme avec sa tenue de plongée!). Enfin,  il y a King (Joe Don Baker) qui veut venger son fils… On le voit, c’est une question qui préocuppe beaucoup Nichols. Et puis, il y a l’amour. L’amour qui rend dingue et vous fait faire des choses regrettables. Il est judicieux de remarquer le parallèle et la grande similitude entre les amours déçus de Mud et Ellis, comme si l’histoire était condamnée à se répéter. Mud est amoureux fou d’une femme (incarnée par la sublime Reese Whiterspoon, une actrice talentueuse et trop souvent sous-estimée) qui semble ne pas l’aimer…mais en fait, ce sont juste deux personnes qui s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble sans s’abimer l’un l’autre. Deux personnes qui dialoguent à distance, via Ellis, et ne peuvent s’avouer leur attachement mutuel. La seule scène où ils se revoient, est brève mais d’une émotion qui vous fait chavirer le coeur, et sans aucun dialogue.  Et puis, il y a l’histoire contrariée d’Ellis avec une fille de trois ans plus âgée que lui. Là, ça fera mal. Rarement chagrin d’amour n’aura été si bien rendu. Et Ellis, comme Mud, de devenir une figure romantique « tragique ». Un jeune adolescent qui n’hésite pas à faire le coup de poing contre des hommes plus âgés pour protéger des femmes!

Mud est un film à mi-chemin entre Stand By Me et le western (parce que les armes finiront par parler). On a l’impression d’être à la fois dans un récit initiatique à la Stevenson et dans une chanson de Springsteen. C’est incroyable. C’est un film tour à tour émouvant, drôle, attachant. Un véritable bijou cinématographique. Certainement l’un des plus beaux films de l’année écoulée. Reparti injustement bredouille de Cannes l’an passé, même pas nommé aux Oscars et sortant, en France, avec un an de retard (on applaudit bien fort les distributeurs!), ce film mérite qu’on le voit! Alors, foncez! Note: 20/20

Mud, de Jeff Nichols, avec Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Lofland, Sam Shepard, Michael Shannon et Reese  Whiterspoon, en salles depuis le 2 mai.

 

OBLIVION-Objectif Terre

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2077. La Terre n’est plus qu’une planète en ruines, aux 3/4 radioactive. Elle l’est devenue en 2017 quand elle fut envahie par des extra-terrestres, les Chacals. Les Terriens ont gagné la guerre mais ont eu recours à l’arme nucléaire, rendant leur planète quasi-inhabitable. La population a migré sur Titan, l’un des satellites de Saturne. Il n’y a plus personne sur Terre, exceptés des survivants de l’armée des Chacals. Pourtant les Terriens ont besoin de l’eau pour pouvoir vivre sur Titan. Ils ont donc construit d’immenses pompes volantes pour traiter et acheminer l’eau vers Titan. Mais il faut protéger ces constructions contre les Chacals. D’où la construction des drônes, des robots aériens de combat. Et d’où la présence de Jack Harper (Tom Cruise) et de sa coéquipière Kara (Andrea Riseborough), chargés de surveiller tout cela et de réparer les drônes déffectueux, en attendant de rentrer sur Titan. Leur mémoire a été effacée, le temps de leur mission, afin que les Chacals, s’ils les capturaient, ne fouillent pas dedans. Pourtant Jack rêve d’une mystérieuse femme, toutes les nuits. Il rêve aussi de la Terre….soixante ans auparavant, avant la guerre. Comment est-ce possible? Et puis un jour, un mystérieux objet volant s’écrase sur Terre….

Oblivion est un curieux film de S.F. Ce n’est pas un grand film. Il a des défauts. Pourtant, il se révèle original, distrayant et….émouvant. Commençons par distribuer les bons points. Le point de départ de l’histoire est trés excitant et amène, à l’écran, la création d’un univers crédible. Visuellement, le film en impose. Les vues de la Terre désolée, les ruines, les drônes (véritables personnages à part entière, trés agressifs!), les gigantesques pompes volantes, la base des héros: aucune fausse note. Il y a même des plans trés poétiques, au clair d’une lune brisée par les Chacals: on pense à cette baignade nocturne dans une piscine en apesanteur. Tout cela ne serait rien si Joseph Kosinski ne faisait pas preuve d’un réel talent de réalisateur pour dynamiser son récit. Fluide, rythmée, élégante, sa réalisation donne de l’énergie au film. Mais sans précipitation. Kozinsky prend le temps de raconter son histoire, sans sacrifier les scénes d’action, qui sont assez réussies.

C’est sur le plan émotionnel que le film est le plus intéressant. Bien sûr, c’est un parcours initiatique, celui du héros incarné par un Tom Cruise sobre, juste et habité. On pourrait presque dire que Oblivion est un film de S.F intimiste. Jack Harper est un homme solitaire, malgré la présence et l’amour de sa coéquipière, campée par l’excellente Andrea Riseborough (vue, dernièrement, dans Shadow Dancer, et qui confirme son talent ici). Un homme qui regrette un monde qu’il n’a jamais connu. Au point, dans un stade en ruines, de rejouer un match mythique du superball auquel il n’a jamais assisté. C’est un nostalgique mélancolique. On le suit dans son quotidien de réparateur de drônes, seul sur une planète dévastée. C’est la routine, pour lui, et cela l’ennuie. Alors, il se confectionne un jardin secret, au sens propre. Je vous  laisse le découvrir par vous-même mais c’est une trés bonne idée et cela dégage une grande émotion.

Car l’émotion est au coeur du film. L’amour tient une grande place dans l’histoire (les sentiments que l’on porte à quelqu’un sont-ils éternels et peuvent-ils nous survivre?). Tout comme l’immortalité de l’âme et la mort. Mais attention! Ce film ne singe pas 2001 de Kubrick et ne nous propose pas une énième course aux origines de la vie sur Terre! Non, c’est autre chose. Il faut se laisser porter. Et les questions ainsi que certaines réponses viennent naturellement. Pas de grand suspense métaphysique mais un questionnement subtil sur la condition humaine. Enfin, Oblivion se conclut sur un final émouvant, spectaculaire et qui reste en nous, après la projection.

Malheureusement, le film a aussi des défauts. Certains personnages secondaires ne servent à rien (Morgan Freeman par exemple). L’héroïne, incarnée par Olga Kurylenko, est transparente et n’est pas assez développée. Le jeu de cette actrice s’en ressent. N’ayant pas grand-chose à défendre, elle est assez inexpressive! En outre, on ne voit pas assez les Chacals et on aurait aimer les voir plus, ainsi que leur « environnement » et leur mode de « survie » (ceux qui ont vu le film comprendront). De plus, même si l’ennui n’est pas de mise, sur le plan narratif, il y a un petit ventre mou et le film fait un peu du surplace en son milieu. Mais bon, passer ces écueils, il nous reste un film de S.F adulte, mâture et qui propose un joli voyage au spectateur. Alors, on embarque! Note: 13/20

Oblivion, de Joseph Kosinski, avec Tom Cruise, Morgan Freeman, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough et Melissa Leo, en salles depuis le 10 avril.

JACK, LE CHASSEUR DE GEANTS-Le conte est bon

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La semaine dernière, je pestais contre Le Monde Fantastique D’Oz, une pitoyable tentative de « merveilleux » signée Sam Raimi, et qui s’avérait être un divertissement cynique et mercantile. Un film à côté duquel Alice Au Pays Des Merveilles (2010) de Tim Burton passerait pour un chef d’oeuvre, tant Burton s’est montré plus malin que Raimi dans son approche du travail avec Disney. Mais ceci est un autre débat! Oz m’a donc laissé un sale goût amer dans la bouche. Une semaine après, la fantasy redéboule sur nos écrans avec une nouvelle version de Jack Et Le Haricot Magique, après le film culte de 1962 et les trucages de Ray Harryhausen. A la barre, le réalisateur Bryan Singer (Usual Suspects, Un Elève Doué, X-Men 1 et 2, Superman Returns) qui signe içi son grand retour à la mise en scène, cinq ans après le magnifique Valkyrie.  La perspective de voir un mec aussi doué et éclectique se frotter à la fantasy, avait de quoi intriguer. Mais après la douche froide Oz, c’est avec une certaine appréhension que votre serviteur pénétra dans la salle de projection, par un jeudi après-midi pluvieux. Alors? me demandez-vous, c’était comment? Et bien, c’était trés bien, mes enfants!

Déjà, içi, point de second degré gerbant, point de calcul commercial et point de morale écoeurante à la Disney (le film est produit par New Line)! Le film de Singer est nanti d’un premier degré rafraîchissant et affiche une foi inébranlable en son histoire. Il faut féliciter Bryan Singer pour sa réalisation ample, épique, légère et entraînante. Ce film est un hommage au grand cinéma classique de l’Age d’Or hollywoodien et s’assume comme tel. Pas de mise en scène clippesque donc, pas d’effets modernes pour donner du style gratuitement mais un classicisme de bon aloi, qui emporte tout sur son passage.

Jack, Le Chasseur De Geants est un film incroyablement rythmé. Pas une seule baisse de rythme! Ce qui ne veut pas dire que le film est frénétique à l’excès. Il y a des pauses dans le récit. Simplement, on ne s’ennuie jamais! Une fois le film fini, on a envie de rester dans cet univers. Un univers de conte de fées mais ancré dans une sorte de réalité « historique ». Le film semble se passer (ce qu’entérinera l’épilogue) au temps des premiers souverains anglais. On est donc dans l’évocation du Moyen-Age de la perfide Albion. Il suffit de regarder les décors et les costumes, pour s’en rendre compte. Bryan Singer est un énorme fan du Excalibur (1981) de John Boorman, le plus grand film réalisé sur les légendes arthuriennes. Il a même essayé, il y a quelques années, d’en monter un remake, sans succés. Tout son amour pour ce film éclate dans Jack. Il en retrouve l’esprit. Mais en étant moins barbare, spectacle familial oblige!

Il y a de tout dans ce film. De l’aventure bien sûr, avec des scènes galvanisantes et grisantes (la poursuite et l’assault final). De la romance avec l’histoire d’amour entre Jack ( l’énergique Nicholas Hoult) et la princesse Isabella (Eleanor Tomlinson, LA révélation du film), dans une sorte d’évocation de l’amour courtois pudique et touchant, propre à cette époque. De l’humour aussi avec des scènes trés drôles (celle de la cuisine est vraiment excellente!). Et il y a le Capitaine des Gardes, Helmut, joué par un Ewan McGregor innattendu, formidable dans le rôle d’un héros courageux, sans peur et sans reproches! Son combat contre le bad guy humain du film (le sardonique Stanley Tucci) est un des temps forts du métrage, à l’issue plus qu’innatendue. Enfin, signalons le sous-texte homosexuel subtil du film. Le personnage de McGregor étant ouvertement plus porté sur les hommes (voir sa tristesse à la mort d’un de ses compagnons) et sensible au charme de Jack (les regards qu’il porte à ce dernier embrassant Isabelle, sont assez éloquents!).

Quant à l’aspect proprement « fantasy » du film, il est plus que réussi. Les géants sont tout simplement bluffants. Le rendu des sfx est hallucinant. Pas une seule fausse note du point de vue technique. La performance capture permet aux acteurs de rendre ces créatures trés expressives, dont un étonnant Bill Nighy dans le rôle du géant bicéphale. Les géants du film font peur et sont assez cruels (ils mangent des humains vivants). Pour le reste, saluons l’excellente tenue visuelle des fameuses plantes magiques qui permettent d’atteindre le royaume céleste des géants. Ce qui nous vaut un trés joli plan iconique sur fond de pleine lune. Jack, Le Chasseur De Géants est un conte. Le début du film, tout en liant le destin de deux personnages, nous le rappelle et nous montre que les contes se transmettent dans toutes les couches sociales de la population. Ils sont notre passé commun et nous devons à notre tour les transmettre pour qu’ils continuent à vivre. Une morale logique pour un film qui célèbre un certain type de cinéma à l’ancienne; un genre qui ne doit pas disparaître. Alors certes, on pourra regretter que la fin arrive trop vite et que l’épilogue, bien que malicieux et fort drôle, pose un gros problème (réfléchissez-y bien!). Mais, voilà un film diablement entraînant qui propose une aventure que vous vous devez de vivre! Note: 15/20

Jack, The Giant Slayer, de Bryan Singer, avec Nicholas Hoult, Eleanor Tomlinson, Stanley Tucci, Ian McShane, Bill Nighy et Ewan McGregor, en salles depuis le 27 mars.

 

CLOUD ATLAS + LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ- Un couronnement et un enterrement

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CLOUD ATLAS est un film dont il est quasiment impossible de résumer l’histoire. Celle-ci se déroule sur plusieurs siècles et nous présentent six personnages (joués par six comédiens géniaux) qui vivent plusieurs vies. Ce film est, sans conteste, l’une des propositions les plus stimulantes du cinéma « fantastique » de notre époque. Un film à côté duquel The Fountain de Darren Arronofsky, paraît ridicule et empesé, sur un sujet similaire. Voilà un film qui ne ressemble à rien de connu, innovant et profondemment émouvant. Du grand cinéma tout simplement! Cloud Atlas brasse plusieurs genre: film historique, drame, comédie, SF (joli clin d’oeil à Soleil Vert), film post-apocalyptique. Et il le fait sans jamais être lourd, avec grâce et fluidité (bravo au monteur!). Les personnages et les histoires s’entremêlent et se répondent sur plusieures époques, sans qu’on soit largué. et avec une évidence qui force le respect. Andy et Lana Waschowski (la trilogie Matrix, Speed Racer) et Tom Tikwer (Le Parfum, L’Enquête) ont accompli un travail d’une grande cohérence. Leur réalisation (ils se sont partagés les différentes époques de l’histoire) est majestueuse, efficace et remarquable. On rit (ah! l’évasion de l’asile!), on frissonne, on pleure, on s’émeut, on s’émerveille. Bref, c’est un plaisir de tous les instants! D’autant que c’est aussi un film qui rend hommage au pouvoir des images du 7ème Art (voir le film dans le film) et qui s’assume comme tel. Mais c’est surtout un film sur le karma. Certains personnages rachètent leurs erreurs passées (Tom Hanks), d’autres les répètent (le génial Hugo Weaving) et font toujours le mal tandis que d’autres répandent le bien autour d’eux (Halle Berry et Jim Sturgess). C’est un film sur la condition humaine. On en sort avec l’envie folle d’aimer et de profiter de la vie. C’est cela que nous dit Cloud Atlas: vivons libre, luttons contre l’opression et allons vers les autres pour les accepter et les aimer. Un film qui, sous des dehors complexes, s’avère extraordinairement simple (mais pas simpliste). Certains critiques, incapables de reconnaître désormais le vrai cinéma, parlent d’un film « philosophico-merdeux » (dixit un journaliste qui a défendu Stars 80!) ou incompréhensible (ben achète-toi un cerveau alors!). Cloud Atlas est une merveille, un film qu’il faut voir absolument et qui nous propose un cinéma audacieux, libre et d’une beauté à couper le souffle! Chef d’oeuvre! Note: 20/20

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LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ  se veut un film « merveilleux ». Alors, oui, les effets spéciaux sont réussis et bluffants, oui, il y a de trés beaux décors (même si le film fait un peu carte postale en CGI) et costumes. Mais cela ne suffit pas. Loin de là! Passé un trés beau prologue en noir et blanc, le film se transforme rapidement en une farce cynique assez gerbante. C’est une production Disney, et ça se voit! Mièvre, consensuel, moralisateur, faisant l’apologie du mensonge comme tremplin vers la réussite, ce film est une pub pour le capitalisme sauvage. Bref, c’est bien du Disney et c’est assez horrible. Mais le pire dans cette affaire, c’est que le réalisateur de cette supercherie n’est autre que Sam Raimi. Oui, celui des Evil Dead, des Spiderman, de Jusqu’en Enfer, de Darkman, d’Un Plan Simple, de Mort Sur Le Grill! Un Sam Raimi qui se prostitue pour de l’argent et qui semble en être assez fier! Il y a un double sens de lecture à ce film. La trajectoire de Oz, c’est celle de Raimi qui arrive chez Disney. Un menteur qui n’est pas un magicien Disney mais qui va jouer à l’être pendant 2 heures de film. Raimi commente son choix de carrière. Et revendique être un truqueur (un mec qui vient du film d’horreur) qui veut devenir magicien (un yes man de Disney). Aussi, pour montrer patte blanche, Raimi va exiler les vilaines sorcières à la fin du film. Ce qui veut dire, « j’ai arrêté le macabre, je fais du joli tout rose maintenant! ». Oui, Oz déclare qu’elles reviendront, ces vilaines sorcières. Mais faut-il croire un menteur et un cinéaste qui se trahit lui-même et qui crache à la gueule de ses fans de toujours? L’avenir le dira. Ce double discours de Raimi (qui se moque, via  le personnage de Oz, d’un numéro chanté par des nabots horribles) aurait pu être intéressant si le film avait été palpitant. Or, il est mou! Il ne se passe rien. Tout est prévisible, formaté et manquant de l’énergie habituelle du cinéaste. Subsistent les scènes de métamorphose des vilaines sorcières (les magnifiques Mila Kunis et Rachel Weisz) où on reconnait le style Raimi, quelques jolis décors (comme la Cité de Porcelaine) et un personnage trés touchant: la petite poupée de porcelaine. Sinon? Rien! Ah si, un singe parlant et volant qui ne sert à rien et une gentille sorcière (l’insupportable Michelle Williams) bien fade et qu’on a envie de baffer! R.I.P Sam Raimi. Note: 07/20

Cloud Atlas et Oz, The Great and Powerful; en salles depuis le 13 mars.

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