Un site utilisant unblog.fr

» Catégorie : Le regard du loup


Aujourd’hui, c’est la rentrée!

Commentaires » 0

Aujourd’hui, c’est la rentrée. Je me suis levé du pied gauche…ou du droit, je sais plus. Je n’ai pas de gueule de bois. Je n’ai pas mal à la tête. Je ne suis pas spécialement de mauvaise humeur (mais ça peut venir très vite).

Donc, c’est la rentrée. Je prépare mon cartable, mes crayons de couleurs, mon goûter pour la garderie…Ah oui, je ne suis pas un enfant, c’est vrai! Je suis un adulte et je bosse. Cette petite mise au point effectuée, je décide de ne rien préparer, finalement.

Je prends mon petit déjeuner. Je mange un croissant. Et je me descends une bouteille de whisky, pour me donner du courage. Là je me dis: « Heureusement que je suis plus un gosse, finalement! ça serait beau, tiens!… » Bref, j’ai les idées claires (enfin, je crois) et je peux affronter la reprise du boulot, serein, reposé et déterminé. A quoi, je sais pas, mais déterminé! Je décide d’écouter de la musique, un truc qui envoie. Du Metallica par exemple, ça réveille les morts! Parce que bon, si j’écoute du Christophe Maé ou Tal, je rentre en dépression direct. Alors, un peu de métal et hop!

Je vais prendre les transports en commun et me coltiner la foule des travailleurs et des étudiants. Y aura peut-être un dealer dans le tram. Je pourrais m’acheter mon quatre heures, comme ça. Généralement, il ne se passe rien dans le tram ou dans les bus. Tout le monde fait la gueule. Apparemment, nous avons tous une vie trépidante et passionnante et nous sommes tous heureux d’aller travailler. Des fois, il y a une agression. C’est sympa, sauf si c’est toi qui te fais agresser, bien sûr. Non parce qu’après, le tram est bloqué, on perd du temps et on arrive en retard au boulot. On peut rien te dire, tu as une excuse en béton. Et la journée est un peu moins longue. Je l’admets, c’est surtout pour ceux qui ont un boulot pénible. Moi, c’est cool….Mais un petit retard, je serai pas contre!

Des fois, je me dis qu’il va m’arriver un truc extraordinaire sur le parcours qui me mène au travail. Je pourrais sauver quelqu’un de la noyade et devenir un héros….Ouais, y a pas de cours d’eau sur mon trajet et je ne suis pas un excellent nageur. On oublie. Sauver quelqu’un d’une agression? J’ai pas envie de finir à l’hosto, moi! Lâche peut-être, mais surtout lucide! Je pourrais aussi rencontrer la femme de ma vie….ça n’arrive que dans les comédies romantiques à la con, ces trucs. Ou alors une célébrité mignonne comme Anaïs Baydemir….Qu’est-ce qu’elle foutrait là d’abord? N’importe quoi! Depuis que j’ai parlé à Scarlett Johansson dans le bus, j’ai des tendances mythomanes et érotomanes. Ou alors, c’est le whisky….

Il ne se passera rien. Je vais descendre du tram et monter la côte, lentement, vers mon lieu de travail, tel le condamné à mort montant à l’échafaud. Je sais, j’en fais trop. En plus, j’ai des collègues sympas qui risquent de mal le prendre. En fait, j’essaie de passer pour un râleur et ça ne convainc personne, même pas moi.

Aujourd’hui, c’est la rentrée. Les vacances sont finies et je m’en fous complètement. Je me sens bien. C’est l’effet whisky, je pense….

Bonnes résolutions pour 2014

Commentaires » 2

Les bonnes résolutions….Ces décisions qu’on prend à chaque début d’année et qu’on ne respecte jamais….ou alors 2  ou 3 jours. C’est vraiment un truc pour se donner bonne conscience! Bon, je me suis dit que j’allais en prendre quelques-unes, histoire de respecter cette tradition idiote et….de me donner bonne conscience! Voici ces bonnes résolutions (que je risque de ne pas tenir mais bon, personne n’est parfait!):

1- Arrêter de fumer. (pas bien dur vu que je ne fume pas. Cela fait au moins une bonne résolution que je tiendrai!)

2- M’inscrire aux Alcooliques Anonymes. (ne buvant pas, je me demande si ça va servir à quelque chose…)

3- Arrêter la coke. (putain, ça, ça va être dur!)

4- Ne pas commencer ma journée en insultant le radio-réveil qui sonne à 6h15. Il ne m’a rien fait, c’est mon ami…mais il m’agresse les oreilles toute la semaine!

5- Essayer de passer au moins une journée sans m’exclamer « putain de merde! » ou une grossièreté pire. Pas facile, putain de merde!

6- Etre un exemple pour les jeunes générations. Euh….un exemple de quoi?

7- Résilier mon abonnement au Club de la Louse (j’étais parti sur un abonnement à vie, à la base…)

8- Essayer de positiver quelques soient les embûches que je rencontre. La Positive Attitude, comme chantait l’aut’ conne….

9- Arrêter d’aborder les jeunes femmes accortes, en mini-jupes et talons aiguilles, qui traînent sur les grands axes, la nuit….Depuis la nouvelle loi de pénalisation des clients de prostituées, c’est devenu dangereux….

10- Essayer de faire un truc risqué comme du saut à l’élastique ou du parapente…Euh….non, en fait, j’ai le vertige. Je me contenterai de faire, je sais pas, du ski. Tiens, c’est bien le ski. Pas besoin de se jeter dans le vide….. Ah, merde, les remonte-pentes et les téléphériques sont en hauteur. La musique de Vertigo résonne déjà dans ma tête. Je suis obligé de respecter la numéro 10?

11- Envoyer ma demande en mariage à Anaïs Baydemir.

12- Rompre avec Winona Ryder.

13- Essayer d’être un mec bien. Pas facile, putain de…Pas facile, tout court.

14- Ne pas prendre de bonne résolution n°14.

15- Arrêter de faire des listes à la con comme celle-ci.

Au fait, tant que je vous tiens: BONNE ET HEUREUSE ANNEE  2014 A TOUS ET TOUTES! Et merci de me lire! Sans vous, ce blog n’est rien! Je vous aime!

MEMENTO MORI

Commentaires » 0

N’oublies pas que tu vas mourir… C’est vrai qu’on a tendance à oublier cette vérité générale, dans la vie de tous les jours. Heureusement, sinon, on ne vivrait plus, tellement on serait tétanisé par notre fin inéluctable. Mais, quelquefois, on est bien obligé d’y penser. Cela arrive quand on perd un proche. Une personne qu’on chérissait, qui était encore là la veille et qui disparait soudainement. Le chagrin lié à sa perte nous refait penser aux bons moments passés ensemble. Et là, nous prenons conscience du temps qui passe…et de notre propre mortalité. C’est un réflexe, c’est comme ça. Il faut savoir gérer et continuer à vivre, pour soi et pour les autres. Mais cela peut aussi arriver lorsque l’on apprend la mort de quelqu’un qu’on a connu, brièvement, et qu’on ne voyait plus depuis longtemps.

Il y a près de 15 jours, par hasard, j’ai appris le décès d’une fille qui était dans ma classe au lycée, en 1ére et Terminale. Ce n’était pas une amie proche à l’époque, plutôt une connaissance, et cela faisait 15 ans que je ne l’avais pas revue. Mais cela m’a quand même affecté. ça fait bizarre. Elle n’avait que 32 ans, un an de moins que moi. Et là, on se dit que c’est injuste, bien sûr. Mais surtout, j’ai repensé au lycée. Et de vieux souvenirs sont remontés. Hier encore, j’avais 17 ans, et j’étais insouciant. Si loin, si proche…On pourrait presque toucher ces années, elles ne semblent pas si loin. Mais c’est faux, bien sûr, le Temps (cette chose abstraite que les Hommes ont inventé) a passé et ces vertes années sont bien éloignées…Et j’ai repensé à cette fille. A l’époque, quand je lui parlais, ni elle, ni moi, ne savions qu’elle avait déjà vécu la moitié de sa vie. C’est terrible de penser à ça mais j’y ai pensé et ce n’est pas la première fois…

Il y a 3 ans et demi, un type que j’avais connu brièvement au collège (il avait été dans ma classe en 3ème) a trouvé la mort dans un accident de voiture. Tragique. Et même réflexion que je me suis faite: en 1993/1994, il avait déjà parcouru la moitié de son chemin de vie. Mais personne ne peut savoir ça à l’avance. Tant mieux, on deviendrait fou si on savait l’échéance. Je ne l’avais pas revu en 16 ans, mais sa mort m’a peiné. Et je me suis dit: « Un jour, c’est toi que le Destin désignera du doigt, alors profite! » Et il y a eu aussi une autre mort qui m’a marqué. Quand j’étais à la Fac, il y avait un type dans ma section que j’ai vu pendant 2 ans, en 1999/2000. J’ai souvent été boire des verres avec lui. Je me souviens particulièrement d’une fois où on était quatre, à être attablés dans un bar. La conversation avait été joyeuse. 2 ans plus tard, le type en question a trouvé la mort suite à une agression au sortir d’une boîte de nuit. Il avait arrêté ses études mais il passait nous voir à l’occasion. Et puis ça, cette merde, cette mort à la con…. J’ai été triste. Mais ce qui fait le plus bizarre, c’est de repenser à cette conversation dans un bar entre quatre personnes…dont une allait mourir deux ans plus tard. Deux ans plus tard, trois survivants. Je n’ai jamais parlé de ça aux deux autres. Mais c’est comme si la mort nous avait caressé tous les quatre, avait déterminé un ordre et choisi qui elle prendrait en premier. Et là, tu prends conscience que t’es pas éternel….

Alors, il faut profiter, mes enfants! Profiter du vent qu’on a dans le dos, comme dirait le chanteur Renaud. Profiter de ses proches et de la vie en général, tant qu’on est tous là. Profiter de la personne qu’on aime. Profiter de ses collègues de travail, s’ils sont sympas. Je travaille en école maternelle, en ce moment. C’est une grande joie de travailler au contact d’enfants. Tu profites mieux. Alors, c’est sûr, je me demande où seront tous ces gosses dans 20 piges, ce qu’ils deviendront…et moi, je serais où? Mais bon, il faut continuer à profiter. Memento Mori certes, mais Carpe Diem aussi!

 

BIG JOHNS

Commentaires » 2

Le mêtier de réalisateur est parfois (souvent?) ingrat voire douloureux. Une carrière peut commencer sous les meilleures auspices et se transformer en calvaire ou en chemin de croix. Certains cinéastes sont les chouchous du public et des producteurs, puis un jour, le succés les lachent et tout le monde les lynche. C’est l’oubli qui prend le dessus, quelquefois le mépris. Beaucoup de metteurs en scène ont subi cela. Dans le cinéma américain contemporain, il existe deux hommes, portant le même prénom, qui vivent cette situation. Ils sont considérés, par leurs fans et les cinéphiles, comme des auteurs majeurs. Pourtant, le grand public les a oubliés ou ne les connait pas (pour les plus jeunes). L’un a baissé les bras et survit tant bien que mal; l’autre est emprisonné.

BIG JOHNS dans Le regard du loup john-carpenter-203x300

John Carpenter

 

John Carpenter est un maître reconnu du cinéma fantastique et d’épouvante (Halloween, Fog,  New-York 1997, The Thing, Christine, Starman,etc). C’est un réalisateur au style unique, épuré, aux cadrages et mouvements de caméra rigoureux et quasi mathématiques. Son style est identifiable entre mille; on sait qu’on regarde un film de Carpenter dès les premières images. A ses débuts, il est considéré comme un des meilleures artisans de la série B. Pourtant, il va s’affirmer comme un auteur aux thèmes et obsessions récurents (contamination et propagation du Mal, huis-clos, film de siège, personnages de marginaux). Ce statut d’auteur lui est décerné en Europe. Mais dans son propre pays (les Etas-Unis), Carpenter est ignoré ou méprisé. Il reconnait lui-même, d’un ton humoristique mais amer, qu’il est un « clochard » aux yeux du système hollywoodien.

Ses mésaventures ont commencé dès les années 80. En 1982, il propose un remake sombre, claustrophobique et impressionant de The Thing de Christian Niby et Howard Hawks. Malheureusement, le film sort en même temps qu’E.T et sa vision plus « positive » de l’autre (içi l’extra-terrestre) et fait un flop. Premier revers au sein d’un grand studio. Mais c’est en 1986, que survient la grande catastrophe de la carrière de Carpenter. Cette année-là, il sort Big Trouble in Little China (Les Aventures De Jack Burton Dans Les Griffes Du Mandarin chez nous), un film hommage aux films d’art martiaux de la firme hong-kongaise Shaw Brothers, délirant, fun et débridé (!). Carpenter pensait tenir un hit auprès des spectateurs. Malheureusement, le film fait un four monumental et ruine ses producteurs. John Carpenter en fait une véritable dépression nerveuse dont il portera à jamais les stigmates physiques. Déjà émacié, son visage se creuse et se ride un peu plus. Ses cheveux blanchissent d’un coup. L’homme semble avoir vieilli de 15 ans en l’espace de quelques mois! A tel point que tout le monde le croit malade et sur le point de mourir….depuis 27 ans! Accablé par l’échec de Jack Burton, Carpenter décide de s’éloigner des grands studios et retourne chez les indépendants où il tourne deux de ses chefs d’oeuvre: le terrifiant Prince Des Ténèbres (1987) et l’ultra-jouissif Invasion Los Angeles (1988) où il règle ses comptes avec l’Amérique de l’ère Reagan. Deux films sombres et désenchantés où éclatent sa colère et sa frustration.

Les années 90 marquent, pour lui, le retour de la confiance en Hollywood avec Les Aventures d’Un Homme Invisible (1992), L’Antre De La Folie (1994) et  Le Village Des Damnés (1995)…avant que l’échec cuisant de Los Angeles 2013 (1996) ne l’en rééloigne définitivement! Il faut dire que dans ce dernier, Carpenter provoque l’apocalypse tant l’Amérique et le monde le révolte! Johnny tourne ensuite deux petits budgets: Vampires (1998) et Ghosts Of Mars (2001). Ces films sont deux séries B fauchées mais dotées d’une belle énergie juvénile…..et westernienne.  Car le grand regret de Carpenter est de ne pas avoir réalisé de western, genre qu’il adore. Nombreux sont ses films qui en portent la marque (Vampires, Ghosts Of Mars mais aussi New-York 1997 ou Invasion Los Angeles). L’idole de Carpenter, son maître, est le cinéaste Howard Hawks. A tel point qu’il réalise une formidable relecture de Rio Bravo, en 1976, avec Assault.

Après l’échec de Ghosts Of Mars, en 2001, Carpenter baisse définitivement les bras. Pour lui, à quoi cela sert-il de continuer à faire des films si personne ne va les voir? Il s’éloigne des plateaux et se consacre à son jeune fils Cody. Il réalise, pourtant, un épisode de la série Masters Of Horrors, en 2004. Mais rien d’autre durant le reste des années 2000. Il vit sur les droits d’auteur qu’il touche sur Halloween (réactivés par les deux films de Rob Zombie). Il vend les droits de Fog pour un ignoble remake, en 2005. Carpenter désavoue le film mais il apparaît comme « producteur éxécutif ». A ses fans, il explique qu’il a fait ça pour toucher un gros chèque vu qu’il n’a plus de revenus conséquents. Toutefois, il tente un discret come-back, en 2010, avec le DTV The Ward. Si au niveau mise en scène, Carpenter assure toujours autant, il a choisi un bien mauvais scénario dont on devine la fin au bout de vingt minutes et au parfum de déjà-vu flagrant. Néanmoins, on retrouve un plaisir de filmer intact. Hélas, depuis, aucune nouvelle, aucun projet annoncé pour John Carpenter! Il est triste de voir un réalisateur de sa trempe perdre sa foi dans le cinéma. Si dans le privé, l’homme est toujours aussi attachant et gentil (journalistes et fans l’ayant croisé en attestent), au niveau professionnel, c’est un mec blessé, meurtri et amer. Comme si tous ses détracteurs (au sein des studios et de la presse) avaient fini par avoir eu sa peau…..

mct2 dans Le regard du loup

John McTiernan

 

Le cas John McTiernan est différent mais le résultat est le même, voire plus grave et inquiétant. John McTiernan a mis trés longtemps à être considéré comme un auteur par la presse spécialisée, même en Europe. A part certains cinéphiles, tout le monde le voyait comme un technicien brillant cantonné à de gros films commerciaux: Predator (1987), Piège De Cristal (1988), A La Poursuite d’Octobre Rouge (1990), Last Action Hero (1993), Une Journée En Enfer (1995). Pourtant, McTiernan est plus que ça. Et oui, il a réalisé des films d’auteur. Sauf que lui, ce sont des films d’auteur commerciaux, des blockbusters d’auteur. Il n’est pas le seul (Spielberg ou Sam Raimi, par exemple). Mais McT est méprisé et ignoré des critiques. La plupart de ses fans sont français. Car c’est en France, que la reconnaissance critique a eu lieu, pour lui, au début des années 2000.D’ailleurs, la Cinémathèque Française a recemment rendu hommage à sa filmographie.

John McTiernan est sans doute l’un des cinéastes américains les plus passionnants de sa génération, un formaliste de génie. Il suffit de revoir Predator ou Piège De Cristal pour s’en convaincre. Pour le premier, il filme la forêt amazonienne comme un personnage à part entière et installe un climat de paranoïa. Et que dire de sa gestion de l’espace durant les scènes de tension ou d’action? Déjà à l’oeuvre sur Prédator, elle éclate dans le premier Die Hard (Piège De Cristal): une prise d’otage dans un gratte-ciel (un élément vertical) où tous les mouvements de caméras sont quasiment horizontaux. Et quelle fluidité dans la réalisation! Il suffit d’écouter le commentaire audio de Mct pour s’en rendre compte: tous ses mouvements d’appareil, il les a calé et basé sur la neuvième symphonie de Beethoven (que le compositeur Michael Kamen réutilise dans sa partition). La même  chose sera effectuée sur Une Journée En Enfer, mais avec une marche sudiste (le film est beaucoup plus guerrier dans l’âme). McT, cinéaste bourrin? Non, mais incroyablement léger et aérien quand il le faut (revoir certains plans de Medicine Man). Certainement le plus européen des cinéastes américains!

D’un film à l’autre, McT a abordé les mêmes thèmes et les mêmes obsessions: l’opposition cérébral/physique, le retour à l’état primitif, la communication et les langues étrangères, le personnage principal marqué comme un outcast,etc. Et là, des tas d’images refont surface: Schwarzy couvert de boue, torche à la main, et hurlant dans Predator, Bruce Willis en marcel et pieds nus ensanglantés dans Die Hard, Marko Ramius (Sean Connery) se mettant à parler anglais après un léger mouvement de caméra dans Octobre Rouge, le casse de la banque dans Die Hard With A Vengeance, une scène de prière dans Le 13éme Guerrier (1999), le coup du chapeau melon dans Thomas Crown (1999), etc. Malheureusement, McT a souvent eu des problémes avec ses producteurs qui lui ont imposé des coupes et des remontages sur certains de ses films. On pense à Last Action Hero ou à la fin de Une Journée En Enfer mais aussi et surtout au 13ème Guerrier qui de 2h10 initiales passe à ….1h40. De plus, le producteur et écrivain Michael Crichton (auteur du roman dont est tiré le film) en remonte des séquences et en retourne certaines (frustration de ne pas avoir pu le réaliser lui-même? Crichton a aussi été réalisateur dans les 70′s et les 80′s.). Mais le film reste un chef d’oeuvre. Malheureusement, McT, bien que producteur, a perdu un procés contre Crichton et ne peut pas sortir son director’s cut. Mais le pire, pour lui, sera atteint avec l’affaire Rollerball (2001).

Remake d’un film de 1975, signé Norman Jewison, le film fait un flop à sa sortie. Mais c’est dans les coulisses du film que se noue le drame. Trés vite, McT soupçonne (à raison d’ailleurs) le producteur Charles Roven de vouloir saborder son film et de le transformer en gros blockbuster décérébré (alors que Mct veut, certes, faire bourin mais souhaite aussi faire une dénonciation des médias et sutout transformer le personnage principal en Spartacus moderne). Pour ce faire, il engage le privé Anthony Pellicano qu’il avait déjà contacté pour son divorce, en 1998. Pellicano est le détective privé préféré des stars d’Hollywood. Mais ce que McT, et les autres ignorent (ou feignent d’ignorer) c’est que Pellicano met en place des écoutes téléphoniques illégales. Donc le producteur Charles Roven est mis sur écoute. Pellicano se fait arrêter par le FBI et balance tous ses dossiers pour négocier avec la Justice. A l’image de McT, les stars nient avoir eu recours à ses services. Mais l’avocat de McT, devant les preuves accablantes, lui conseille de finalement plaider coupable. Le réalisateur obtempère. Malheureusement, il reconnait par là-même avoir menti au FBI, la première fois. Ceci est un crime fédéral. McT est condamné à un an de prison ferme. Incarcéré depuis avril dernier, il est libérable en avril 2014.

Depuis les sorties de Rollerball (dans une version mutilée et imposée par le studio) et de Basic (excellent thriller de 2003), John McTiernan n’a rien réalisé. Pourquoi? A cause de l’affaire Pellicano, il est banni d’Hollywood et blacklisté de tous les studios hollywoodiens qui refusent de travailler avec lui. Tous les projets qu’il a tenté de mettre sur pied  (dont un film sur les Guerres Zoulous) n’ont jamais pu se concrétiser. McT est la seule célébrité à avoir été condamnée dans l’affaire Pellicano. Autrement dit, il fait de la prison pour avoir reconnu sa faute. Donc il aurait du continuer à mentir comme les autres! La Justice a voulu faire un exemple à travers McT. Son procès et ses renvois ont duré sept ans (2006/2013). Et le monde hollywoodien a décidé de s’acharner sur lui et de le détruire. Il ne peut plus faire de films, il est en taule. Malgré le soutien de ses amis Bruce Willis, Samuel L.Jackson ou Pierce Brosnan, rien n’y fait. Sa seconde épouse se dit inquiète pour lui. Il a passé les dix dernières années de sa vie dans un tribunal ou à ruminer dans son ranch du Wyoming. Il est atteint de dépression et son mal-être est profond. « Mon âme est un âbime de noirceur » a-t-il déclaré récemment. Mct reviendra-t-il au cinéma? Parviendra-t-il à se reconstruire? On l’espère et on lui souhaite!

Le cinéma est parfois un mêtier dur, ingrat et destructeur.

WINONA ET MOI

Commentaires » 2

WINONA ET MOI dans Le regard du loup winona__ryder_141291_66470_portrait-245x300

On se souvient tous de la première fois où on est tombé amoureux. C’est quelque chose qui reste gravé en nous, pour la vie. On se remémore la première fois où l’on a vu l’objet de notre affection, la première fois où on lui a souri puis parlé….Ce premier amour a toujours une fin, généralement. Même si on reste fidèle à son souvenir. Et puis des fois, il arrive qu’un premier amour dure toute la vie…. Et c’est de cela dont je vais vous parler. Rassurez-vous, je ne vais pas déballer ma vie privée sous vos yeux. On est pas dans Secret Story ou dans les colonnes de Closer. Un peu de dignité! Non, je vais parler d’une actrice que j’aime tendrement et que j’admire. Là, il faut encore que je vous rassure: je ne suis pas un mythomane ni un érotomane! Je suis juste un fan. Et je vais vous présenter cette fille qui a touché mon coeur.

Elle s’appelle Winona Ryder. Elle fut une star de la fin des années 80 à la fin des années 90. Il n’est pas beau de donner l’âge des dames mais bon, l’information est publique: Winona est née en 1971. Cela permet de la situer un peu mieux dans le temps. Certains d’entre vous la connaissent et ont vu, un jour ou l’autre, l’un des films dans lequel elle joue. Malheureusement, son nom reste attaché à un fait divers de l’année 2002 et le grand public ne semble ne retenir que cet aspect-là de sa vie. C’est triste et injuste. Comme si on pouvait résumer un être humain à ses erreurs et à ses fautes sans connaître le reste. Comme si on réduisait un artiste à sa vie privée sans regarder son oeuvre. C’est pourquoi, j’ai choisi de ne pas revenir sur ce triste évènement de la vie de Winona. Parce que c’est inutile, parce que ce n’est pas de ça dont je veux parler et parce que tout ça n’est pas bien grave et important. Cherchez sur Internet des informations et vous verrez, y a pas mort d’homme! Si vous vous voulez du « people », passez votre chemin!

Alors quand la foudre Winona m’a-t-elle frappé au juste? C’était durant le printemps de 1992. J’avais 12 ans et demi et j’étais élève en cinquième dans un collège dont le nom a changé depuis. Je ne me souviens plus de la date exacte mais cela s’est passé, à 20h45, devant la télé. Une chaîne privée (une petite chaîne qui montait, à l’époque!) diffusait un film. Un film fantastique datant de 1988: Beeteljuice. Je ne vais pas en faire une analyse, ce n’est pas mon propos. D’autant que j’ai consacré un article à ce film dans la rubrique Un Oeil Dans Le Rétro de ce blog (un peu d’autopromotion!).  Dans ce film, un personnage me toucha immédiatement, un personnage dont je tombais instantanemment amoureux: Lydia Deetz. Lydia est une ado gothique, sombre, mal dans sa peau, suicidaire, solitaire. Houla! C’est pas trés engageant, je sais! Mais voyez-vous, à l’époque, j’étais moi-même pas trés bien dans ma peau et solitaire. Donc je m’identifie au personnage mais plus encore. Je tombe aussi sous le charme sur le plan physique. Lydia a représenté l’idéal féminin de mon adolescence. Je rêvais de la rencontrer. A l’époque j’ai eu un béguin pour des filles qui lui ressemblaient (3 pour être précis) sur le plan physique et/ou psychologique. Enfin bref, je rêvais de rencontrer et de sortir avec Lydia Deetz. Bien sûr, je savais que ce n’était qu’un film et qu’en fait Lydia était incarnée par une actrice. Je notais son nom. Elle s’appelait Winona Ryder et elle devint une de mes passions d’adolescent.

Winona, rien que ce prénom m’enchantait! Dès la vision de Beetlejuice, je me mis à la recherche d’articles la concernant et des films ou elle apparaissait. Qui était-elle? D’où venait-elle? Quels films fallait-il que je voie? La rencontrerais-je un jour? J’eus la réponse à ces questions en fouinant (pas d’Internet à l’époque….)  et, autant tuer le suspense, je n’ai jamais rencontrer Winona. C’est la dure réalité de la vie! Bref, je me mis à regarder, au lieu de faire mes devoirs (et je ne le regrette pas!), les films avec Winona Ryder dedans. Je découvris, bien sûr, le deuxième film qu’elle tourna avec Tim Burton, Edward Aux Mains d’Argent. Dans ce film, elle était blonde et dansait sous la neige. Elle était d’une beauté sans égale. Rien que de la voir, c’était un enchantement! Je ne vais pas faire la liste de tous ses films mais j’y reviendrai un peu plus loin. En 1993, j’allais voir au cinéma mon premier film avec Winona Ryder: le Dracula de Coppola. J’ai adoré ce film (et je l’adore toujours). L’univers gothique, les débordements sanglants: ouaouh! C’était fantastique de pouvoir regarder un film pareil dans une salle comble! Et puis il y avait Winona. Belle à en mourir et à s’en taper contre les murs. Au début du film, elle est sage et pure, une jeune fille tranquille. Mais sous l’influence de Dracula, elle devient plus tourmentée, plus passionnée, plus sexuelle….Quand je l’ai vu comme cela, ce fut une révélation! J’étais possédé par son image et son jeu d’actrice. J’étais définitivement conquis. Ah oui, mordu jusqu’au sang par cette incroyable petite brunette! En sortant du cinéma, je discutais du film avec trois de mes petits camarades qui étaient venu voir le film avec moi: deux garçons et une fille (mais zéro possibilité!^^). La fille, dont je ne dévoilerai pas le nom par charité chrétienne, déclara: « J’aime pas l’actrice, la fiancée du héros: elle fait tarte! » Putain! Comment cette pauvresse (c’est pas moi qui l’avais invité mais un des deux autres) pouvait-elle oser?!! J’étais vraiment choqué! Et je lui répondis: « Moi, je la trouve super belle! » Ce à quoi l’autre rétorqua: « Pfffff….Toute façon, t’as aucun goût! » J’ai rien répondu….J’aurais du gifler cette gourde!

J’épluchais aussi tous les articles qui traitaient de Winona: sa vie, ses projets, ses joies, ses peines,…. J’ai même du lire des trucs genre OK Podium, en cachette! Une vraie midinette, je sais! C’est là que j’appris que Winona avait eu une relation amoureuse trés forte avec Johnny Deep, son partenaire dans Edward. Ils ont même failli se marier. Mais bon, ils se sont séparés et apparemment, l’un comme l’autre en ont beaucoup souffert (Johnny Deep est un sujet tabou pour Winona. Elle refuse de tourner avec lui. Tim Burton, qui la voulait pour Sleepy Hollow, en a fait les frais). Pour Winona, ce fut une terrible dépression nerveuse qui la conduisit à se faire  interner volontairement, durant cinq jours, dans un asile. Je me permets de l’évoquer car cela aura un impact sur sa carrière, comme vous le découvrirez. Quand je lisais ce genre d’articles, je plaignais Winona de tout mon coeur. J’aurais aimé être à ses côtés pour la soutenir. Pour moi, elle devenait une sorte d’icone romantique et passionnée. La femme idéale! Et puis je découvris le tatouage que Johnny Deep s’était fait sur le bras: Winona Forever. J’aurais aimé faire pareil  mais je n’osais pas: mes parents m’auraient tué! En tout cas, « Winona Forever! » est devenu le cri de ralliement de nombreux admirateurs! Or donc, je suis devenu fan transi amoureux de Winona Ryder. Je découpais des photos, je les collais dans mes agendas (personne ne l’a jamais découvert, j’ai donc evité toute moquerie!). Au cas où je m’emmerdais en cours ou en cas de cafard, je regardais deux secondes une photo de Winona et hop! c’était reparti! Cette passion m’a suivi au lycée et à la fac. Et elle dure toujours….

Le fait que Winona se fasse arrêtée, en 2002, et risque la prison m’a vraiment peiné. C’était moche. Surtout que bon, c’était pas l’affaire du siècle. Mais le pire, c’est ce qui a suivi. Durant toutes les années 2000, elle fut mise à l’index par Hollywood et ne tourna plus qu’épisodiquement dans des films assez oubliables. Winona était punie. Pourquoi? Pour pas grand chose. Cela a commencé, en 2002, par son éviction de la promo de Mr Deeds avec Adam Sandler, alors qu’elle en était le rôle féminin principal. Et oui, elle avait une image négative depuis quelques mois alors, il fallait protéger la jeunesse américaine! Et pendant la décennie suivante, cela a été la traversée du désert, quand bien même elle avait »payé » pour sa faute (elle avait plaidé coupable et avait effectué une peine d’intérêt générale avec félicitations du juge à la clé). Mais les grands studios lui tournèrent le dos, ainsi que certaines personnalités (allô, Angelina?). Elle devint pire qu’une has-been: une pestiférée. Comment pouvait-on oublier celle qui fut la meilleure actrice de sa génération?  Une actrice aussi douée et talentueuse? Elle a quand même marqué les esprits avec certaines de ses interprétations! Comment l’oublier dans Dracula ou Beetteljuice? Ou dans Le Temps de l’Innocence de Scorsese? Comment oublier la jeune fille borderline de Fatal Games? Comment ne pas se souvenir de Jo March, jeune fille volontaire et énergique des Quatre Filles Du Docteur March, rôle pour lequel elle obtint une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice? Ou bien cette femme séductrice, manipulatrice, sexuellement agressive et jalouse à l’excès dans La Chasse Aux Sorcières, l’une de ses performances les plus habitées? Comment ne pas évoquer l’androïde androgyne de Alien Resurrection qu’elle campait à la perfection? C’est comme ça si tout cela n’avait jamais existé. Apparemment, certains ont la mémoire courte…..

Mais la plus grande injustice fut sa non-consécration, en 2000, pour son rôle dans le film Une Vie Volée (Girl, Interrupted). Non seulement, c’est son meilleur rôle à ce jour mais c’est aussi un projet trés personnel pour Winona. Le film s’inspire de l’expérience vécue, en 1967, par Susanna Kaysen. Agée de 18 ans, à l’époque, cette dernière fut internée, de façon volontaire (mais quelque peu poussée par son entourage) à la suite d’une dépression nerveuse.  On la diagnostiquera schyzophrène. A sa sortie, Kaysen écrira un livre sur cet épisode de sa vie. Une histoire terrible où l’on voit que les jeunes femmes simplement mal dans leur peau, étaient considérées comme folles et placées dans des asiles de fous, durant les années 60. Quand Winona Ryder lit ce livre, au milieu des années 90, elle est plus que touchée. Au delà de l’histoire, elle y trouve un écho à ce qu’elle a vécu quelques années auparavant. Winona est passée par la dépression et elle a subi (de façon totalement volontaire, il faut le souligner) un internement. Durant les quelques jours qu’elle passe en institut, Winona se rend compte de l’erreur qu’elle a faite. Elle sera à jamais marquée par cet accident de vie. A la lecture du livre de Kaysen, elle décide d’en acquérir les droits pour en produire une adaptation. Le film sortira fin 1999 aux Etas-Unis et, malgré des critiques élogieuses, ne connaîtra pas le succés. Et pourtant ce film, réalisé par l’éclectique James Mangold (Copland, Identity, Walk The Line), est magnifique. Quant à la prestation de Winona dans le rôle de Susanna Kaysen: que dire? Elle est tout simplement extraordinaire. Tour à tour fragile et combative, elle joue comme jamais elle n’a joué: comme si sa vie en dépendait. Que ce rôle lui ait servi de thérapie personnelle, peut-être. Mais à l’écran, ce n’est plus Winona Ryder qu’on voit mais Susanna Kaysen. C’est LE grand rôle de Winona. Et elle n’obtiendra aucune récompense. Impensable! Cette année-là, c’est Hilary Swank qui gagne l’Oscar pour Boys Don’t Cry. Il est mérité, pas de problème. Mais Winona n’a même pas été nommée. Inimaginable! Je me souviens, à l’époque, d’avoir trouvé ça injuste. Mais le film fut récompensé à travers Angelina Jolie (Meilleure Second Rôle Féminin). Mérité là aussi. Ce qui est plus critiquable c’est que l’actrice s’est servi du rôle pour lancer sa carrière et qu’elle n’a plus jamais contacté Winona par la suite, étant devenue une grosse star. Elle a peut-être oublié qui l’avait remarqué au casting….

Voilà, après cela, la carrière de Winona semblait finie. En tant que fan, je désespérais de la revoir. Et puis, depuis trois ans, elle tente un discret come-back (Les Vies Privées de Pipa Lee, Black Swan, Le Dilemme). Des seconds rôles mais son magnétisme et son charme opèrent toujours. Apparemment, elle fourmille de projets. Alors, on se prend à rêver qu’elle retrouve un grand rôle à la mesure de son talent. Si l’amour c’est être fidèle, alors je le reste envers Winona!

winona-ryder-big-230x300 dans Le regard du loup

KEVIN COSTNER, AN AMERICAN HERO

Commentaires » 0

KEVIN COSTNER, AN AMERICAN HERO dans Le regard du loup danse-avec-les-loups-1990-17-g-300x197

Le 22 février, lors de la cérémomie des Césars, un ami américain recevra un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Autant être franc avec vous, mais les Césars, je m’en tamponne un peu. Les Oscars un peu moins (surtout quand c’est Dujardin qui gagne!), mais, en fait, j’y accorde pas non plus une importance démesurée. Et puis comme Jeannot est pas nommé cette année, je crois que je peux dire que je m’en fous un peu aussi. Mais je dévie de mon sujet principal. Vous vous demandez donc quel est cet acteur américain qui va se voir distinguer par les professionnels du cinéma français.  Soit vous ne vous intéressez pas à l’actualité des Césars (ce qui doit être le cas d’au moins les trois quarts de la population française, le dernier quart étant encore à la crèche), soit vous êtes myope comme une taupe et vous n’avez pas vu le titre de ma chronique (là, juste au-dessus…non, là, c’est le plafond,….laissez tomber!). Auquel cas, veuillez consulter un ophtalmo, merci.

Kevin Costner va recevoir un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Je sais pas si ça lui fait plaisir mais moi, oui! Kevin sera là, vendredi soir, pour recevoir sa récompense. Moi non, j’ai un cocktail mondain de prévu, c’est ballot. Mais en jetant un oeil sur la chaine Canal+, je devrais pouvoir apercevoir Kevin. Alors oui, je suis content! Pourquoi? Mais parce que j’adore ce mec! Sans rire! Au fil des ans, il a toujours eu, contre lui, les rires et les quolibets d’une partie du public et de la critique (Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font…). Mais moi, je fais partie de ceux qui lui sont restés fidèles. Car Kevin est un des derniers grands héros classiques du cinéma américain (celui qui ose me parler de Jason Statham, je l’écrabouille!) et parce qu’il a quelques trés bons films qui resteront dans les annales. Et puis cet acteur me renvoie à ma jeunesse, et je pense ne pas être le seul.

La première fois que je le « rencontrais », ce fut au printemps 1991. A la télé, dans les journaux, à la radio, on ne parlait que d’un film: Danse Avec Les Loups, réalisé et interprété par un jeune acteur américain ( 36 ans) et qui venait de raffler 7 oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Le film était un western de 3 heures et qui racontait l’histoire d’un lieutenant de cavalerie, Jim Dunbar, qui devenait ami avec les Indiens. Il y avait des passages en indien sous-titré. Malgé cela, le film connaissait un énorme succés partout dans le monde. Je décidais d’aller le voir. Ce fut dans la grande salle de feu le cinéma Le Paris, à Clermont-Ferrand. Et ce fut magique! Il est rare de se sentir en symbiose totale avec un film. Et ce fut ce qui m’arriva avec Danse Avec Les Loups. Au delà de la résurrection fabuleuse de l’Ouest sauvage, des talents évidents de Costner comme réalisateur et acteur, c’était cet élan de fraternité, ce rapprochement entre deux cultures et ce message de paix et de tolérance  qui emportait le morceau. Vous ressortiez comme galvanisé de cette expérience. C’est pour cela que ce film magnifique restera à jamais dans l’histoire du cinéma. Et à mon avis, sans lui, James Cameron n’aurait pas fait son Avatar…. La modernité était peut-être plus du côté de Costner, en 91. Modernité (du propos) mais aussi respect du grand cinéma classique américain que Costner admire et qui hante toute sa carrière.

Parmi tous les jeunes enfants de mon âge (11 ans et demi à l’époque), le film avait touché quelque chose. On en parlait beaucoup entre nous. Je pense qu’il avait tout simplement parlé à nos coeurs et nous avait montré qu’il y avait de belles choses en ce bas-monde et des valeurs morales simples à préserver. Kevin Costner devint le héros de toute une génération. L’été suivant, on se précipait tous pour voir Robin Des Bois, Prince des Voleurs en salles. Un bon film , qui, sans égaler le chef d’oeuvre de Michael Curtiz avec Errol Flynn, proposait une chouette proposition de cinéma d’aventures. On redécouvrait les anciens films de Costner à la télévision. Et le niveau était excellent: Silverado, Les Incorruptibles, Sens Unique, Jusqu’au Bout Du Rêve… Mais les choses changèrent subitement.

Aux Etats-Unis, Costner fut attaqué dans la presse car on révéla qu’il avait trompé sa femme. Il divorça dans la foulée. Et oui, le héros vertueux était un homme comme les autres. La campagne contre lui fut dégueulasse. Et en plus, ça relevait de sa seule vie privée. Nous, en France, on s’en foutait! Ensuite, Costner commença à choisir des rôles plus ambitieux (JKF) ou plus sombres (Un Monde Parfait). Cela désarçonna le public. Si JFK marcha assez bien, ce ne fut pas le cas du Monde Parfait de Clint Eastwood, échec injuste car c’est un chef d’oeuvre et Costner y trouve son meilleur rôle. Difficile de ne pas pleurer à la fin… Ensuite, il y eut Bodyguard, énorme carton mais film médiocre qui divisa beaucoup les spectateurs. Le charisme de Costner était intact à l’écran, mais le film était mièvre et servait la soupe à la chanteuse Whitney Houston. Passons…

Et c’est à partir de ce moment que le succés désertera, petit à petit, notre ami Kevin. Un de ses principaux défauts (corrigé depuis) était son ambition de vouloir incarner le héros ultime et de ressusciter, avec faste, le cinéma qui avait berçé son enfance.  Car Costner est le seul, à Hollywood, à encore croire au western ou au grand film d’aventures. En 1994, il tourne Wyatt Earp, réalisé par Lawrence Kasdan. Un échec publique retentissant. Pourtant ce western demeure un trés bon film. Mais le public se détourne de Costner et court applaudir Keanu Reeves dans Speed. En 95, c’est l’affaire Waterworld. Premier film à avoir, officiellement, atteint la barre des 200 millions de dollars de budget, il a bien failli couler Costner définitivement. Durant le tournage, que des problèmes! Intoxication alimentaire d’une partie de l’équipe technique, tempête qui coule les décors, retard dans le tournage, budget qui grimpe en conséquence, dispute entre Costner et la réalisateur Kevin Reynolds, départ volontaire de ce dernier, remontage du film par Costner (aussi producteur),.. Au final, on lui prédisait un bide. A l’été 95, le film fit un score honnête aux States (quasiment 100 millions de dollars de recettes) et marcha bien à l’international. Finalement, avec tout ce qu’ils avaient lu sur le film, les gens voulaient le voir. Ni vrai succés (encore que le budget a été tout juste remboursé!), ni vrai échec, le film est assez moyen, vaguement distrayant, mais assez ridicule par moments. Dommage…

Arrive le cas Postman, en 1997. Costner n’aura eu que deux ans de répit avant de couler pour de bon….mais pas définitivement! Postman est sa deuxième réalisation, sept ans après Danse Avec Les Loups. Le film est une sorte de western d’anticipation de prés de 3 heures. Pourquoi pas? Mais Costner n’a pas vraiment retenu la leçon de Waterworld et s’entête à vouloir faire trop ambitieux. Néanmoins, le tournage se passe bien. Et le film sort…..et devient le plus gros bide de la décennie. La critique le descend en flammes et le public ne se déplace pas….même dans les autres  pays! Kevin peut faire son adieu aux gros films hollywoodiens. Outrage suprême, le film est le grand vainqueur  des Razzie Awards 98 (les pires films, réalisateurs et acteurs). Le constat est amer. Sept ans après avoir tout gagné pour Danse Avec Les Loups, Costner atterrit au fond de la poubelle et devient, d’un coup, un has-been. Injuste. Car loin d’être aussi abouti que Danse Avec Les Loups, Postman demeure un sacré bon film. Tour à tour épique et émouvant, jamais ennuyeux, le film est réussi. On pourra juste lui reprocher des longueurs et la naïveté (et non pas la mièvrerie) de son message. Car Costner véhicule toujours le même message que dans son premier film, mais avec plus de lourdeur. En France, certains critiques ignares ont accusé le film d’être la vitrine légale du Parti Républicain. Ah bon? Vous en connaissez beaucoup des films « républicains » où  deux chefs ennemis s’affrontent mano à mano pour ne pas sacrifier inutilement la vie de leurs hommes? En plus, Costner est démocrate! N’importe quoi!

Mais Kevin est un cow-boy, un vrai! Il remonte en selle et continue, vaille que vaille, sa carrière. Depuis la fin des années 90, on l’a vu dans beaucoup de merdes (Coast Guards, Road To Graceland, Apparitions, Une Bouteille à La Mer) où il gaspillait son talent. Mais, ponctuellement, il jouait dans des films corrects voire réussis (Tin Cup, 13 Jours, Pour L’Amour Du Jeu, Les Bienfaits De La Colère, Company Men). Il a même interprété un père de famille serial-killer dans le sympatoche Mr Brooks (2007) où il était vraiment bon. Son duo avec William Hurt était jouissif et délectable. Mais surtout, il a réalisé (et interprété) un troisième film: le magnifique Open Range (2003). Le meilleur western de ses 10 dernières années (pardon Quentin, même si j’adore ton Django!) avec un superbe Robert Duvall. Un  chef d’oeuvre, tout simplement! Et puis, s’il reflète la personnalité de Costner, on sent poindre une légère amertume. Le grand Kevin se met à nu, comme jamais, dans cet opus majeur. Et tous ces critiques qui avaient craché sur Postman, de retourner leur veste en le portant (à nouveau) aux nues. Seuls les imbéciles, etc. Bref, Kevin, on l’aime ou pas mais c’est un homme droit dans ses bottes et qui n’a pas fini de nous étonner. Alors pour Danse Avec Les Loups, pour Postman, pour Open Range, pour avoir cru au potentiel de Wyatt Earp, pour sa ténacité et pour son talent, je dis que le César d’honneur est mérité! Et puis, il y a toujours ce petit garçon de 11 ans, au fond de moi, qui lui est éternellement reconnaissant pour Danse Avec Les Loups.

123